Ouvrir dans une nouvelle fen�tre Le Hamas, organisation respectable ?
Sep 3, 2003

Une organisation qui pratique les attentats suicide peut-elle �tre caract�ris�e comme � �uvre � vocation sociale � ? C�est la question que pose l�ambassadeur d�Isra�l en France.


Emmanuel Bernab�u-Casanova / Vingt morts, 120 bless�s dont de nombreux enfants, handicap�s � vie pour la plupart : c'est le bilan macabre de l'explosion d'un bus au c�ur de J�rusalem, en plein mois d'ao�t. Question : l'organisation qui revendique cet attentat est-elle une organisation terroriste ou une oeuvre � vocation sociale ? R�ponse �vidente, pensez-vous... Pas pour tout le monde, semble-t-il.

Pas pour les Europ�ens qui, r�unis ces prochains jours en Italie, devront d�terminer si le Hamas, qui a donc revendiqu�, entre autres, ledit attentat, est un mouvement � caract�re terroriste ou social. Car certains, la France en t�te, voudraient faire admettre une distinction entre une �branche arm�e� et une �branche politique� du Hamas. Comme si le bras qui agit n'�tait pas command� par le cerveau qui ordonne.

Le costume crois� rend �videmment plus respectable le dirigeant (�branche politique�) qui revendique l'acte ignoble sur tous les �crans alors m�me que la ville tremble encore de la d�flagration. Plus respectable que la cagoule et l'arme brandie par celui (�branche arm�e�) qui se fait sauter au milieu d'une foule d'innocents. Mais qui se laisse leurrer ?

Lorsqu'une �tr�ve� est sign�e par le �politique�, la �branche arm�e� ne la respecte-t-elle pas imm�diatement ? C'est donc bien d'une seule et m�me organisation qu'il s'agit, avec r�partition interne des t�ches.

Dix ans, presque jour pour jour, apr�s la signature d'Oslo, l'id�ologie du Hamas n'a pas �volu� d'un iota : elle avait alors rejet� en bloc toute id�e de paix avec Isra�l, et n'a eu de cesse depuis d'en �branler les fragiles fondements.

Parall�lement au processus de paix, elle a entretenu un processus de guerre, remettant � chaque fois en cause les acquis du rapprochement entre Isra�liens et Palestiniens, minant la confiance, fragilisant la naissante Autorit� palestinienne et, finalement, remettant � z�ro le compte � rebours vers l'accomplissement de la paix.

Supermarch�, �cole, caf�, restaurant, autobus, centre commercial : le �politique� envoie ses bombes humaines dans les lieux de vie pour r�pandre la mort. Mouvement social ?

Le modus operandi de cette organisation est clair : en se substituant � un syst�me social d�faillant, elle se rend indispensable, provoque l'empathie, enr�le puis embrigade. Elle distille la haine et d�verse la violence. Il suffit pour s'en convaincre de lire sa �litt�rature� ou d'�couter ses pr�ches dans les mosqu�es.

Mettre en exergue ses �oeuvres sociales� c'est feindre de ne pas voir leur finalit�, c'est ignorer le but que sert cette infrastructure complexe : faire capoter la paix, faire revenir les Palestiniens � la n�gation d'Isra�l et, in fine, �tablir � sa place un Etat islamique fondamentaliste.

Soutenir les �projets sociaux� du Hamas, c'est lui donner une marge de man�uvre au sein de la population palestinienne, exploiter le malheur des n�cessiteux, lui permettre d'infiltrer et d'embrigader les milieux mod�r�s. Mais c'est surtout tol�rer son id�ologie fanatique et donner un certificat de l�gitimit� au terrorisme.

Pr�tendre que le Hamas est une organisation sociale, c'est se r�soudre � laisser une g�n�ration suppl�mentaire de jeunes Palestiniens s'abreuver de haine, de d�sespoir et de violence. C'est laisser cette organisation enseigner le culte de la mort plut�t que les valeurs de la vie.

Aujourd'hui, l'Europe doit prendre ses responsabilit�s. D�clarer le Hamas organisation terroriste, c'est mettre fin � la duperie : c'est appeler un chat un chat. C'est refuser de pr�terla main aux actions subversives d'un mouvement terroriste en qu�te de l�gitimit�.

A Riva del Guarda, l'Europe doit restituer � l'Autorit� palestinienne les commandes de sa propre soci�t�, �viter le renforcement du Camp du refus, permettre au premier ministre palestinien de jouer son r�le actif et cardinal pour parvenir � la paix.

Le temps presse : il y a dix ans, Yitzhak Rabin d�clarait sa d�termination � progresser vers la paix comme s'il n'y avait pas de terrorisme, et � combattre le terrorisme comme s'il n'y avait pas de processus de paix. Plusieurs milliers de morts et de bless�s plus tard, la confiance s'�tiole de part et d'autre, le d�nouement semble incertain, le peuple endeuill� d'Isra�l est sceptique et perd confiance.

En mettant un terme en Italie � une ambigu�t� qui heurte profond�ment une opinion publique isra�lienne qui ne cesse de panser ses plaies, l'Europe se redonnera les moyens de jouer le r�le actif auquel elle pr�tend, dans la recherche d'une v�ritable paix durable pour notre r�gion boulevers�e.

Nissim Zvili, Ambassadeur d'Isra�l en France.

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