Andr� Colonna d'Istria s'adresse aux juges antiterroristes
En d�tention pr�ventive depuis trois mois Andr� Colonna d�Istria, entendu dans le cadre d'un dossier incident � l'arrestation d'Yvan Colonna exprime sa douleur apr�s le refus des juges anti-terroristes de sortir de prison pour aller � l�enterrement d�un neveu qu�il consid�rait comme un fils. Le Comit� Anti R�pression s�est aussit�t empar� de l�affaire qui soul�ve beaucoup d��motion en Corse. Voici la lettre de Colonna d�Istria et le communiqu� du CAR.
� Messieurs les juges de la 14e section, vous m'avez aujourd'hui refus� le droit d'enterrer mon fils d�c�d� � l'�ge de 18 ans des suites d'une tumeur au cerveau. .
Je pleurerai tant qu'il y aura un souffle de vie en moi.
Je pleurerai tous les jours de la vie en pensant � ce jour maudit o� je n'ai pu accompagner le cercueil de mon fils dans l'�glise. Je pleurerai jusqu'� la fin de mes jours de ne pas avoir �t� � ses c�t�s pour son dernier voyage.
Aujourd'hui, m�me si je paie beaucoup d'imp�ts, je ne me sens pas citoyen ou tout au plus citoyen de seconde zone.
Mes droits les plus �l�mentaires ont �t� bafou�s depuis mes premi�res heures de garde � vue jusqu'� ce jour.
Je suis exil�, je ne peux voir ma femme, je ne peux enterrer mon enfant. Le principe de pr�somption d'innocence, dont je suis cens� b�n�ficier, a �t� viol� au regard du traitement que l'on me fait subir.
A l'appui de votre relus de m'autoriser � assister aux obs�ques, vous m�avez invoqu� des raisons d'ordre s�curitaires. Dans la douleur et l'effroi qui nous frappent, comment penser un seul instant que moi-m�me ou l'un des miens aurait pu envisager une fuite ou une action violente � l'encontre des personnes charg�es de m'escorter.
Je vous rappelle que je n'ai jamais fait usage de la violence et que lorsque j'ai appris que j'�tais recherch�, je me suis spontan�ment rendu dans la voiture des policiers qui n'ont pas eu � mettre un pied � terre pour m'arr�ter alors que j'avais tout loisir de prendre la fuite.
Il fut un temps o� pour des faits beaucoup plus graves vous avez fait preuve de bien plus de mansu�tude, ce qui d�montre,, si besoin �tait, que vous �tes les ex�cutants de la politique du moment variant au gr� des gouvernements et des p�riodes, plut�t que les juges impartiaux que vous pr�tendez �tre. Vous pensez briser des hommes et des femmes de par vos m�thodes, vous ne faites que les renforcer dans leurs convictions.
Votre attitude marque la diff�rence fondamentale qui existe entre nos cultures.
Le respect et le culte des morts sont les fondements de notre soci�t�, l'actualit� r�cente montre qu'il n'en est pas partout ainsi.
J'ai aujourd'hui plus que jamais le sentiment qu'il existe un foss� entre les valeurs qui m'ont �t� transmises par mes a�eux et que je tente de transmettre � mes enfants et celles de 'la soci�t� que vous repr�sentez ou pr�valent l'�go�sme et l'indiff�rence. J'esp�re au plus profond de moi que cette lettre sera publi�e dans son int�gralit� afin de me permettre, dans une moindre mesure, d'att�nuer ma douleur et ma haine.
Comit� Anti R�pression
(nous avons respect� l�orthographe du communiqu� ndlr.)
Aiacciu u 11 /09/2003
Le comit� anti r�pression s�incline respectueusement devant la douleur des parents et de la famille d�Andr� Colonna d�Istria d�c�d� dans sa dix-neuvi�me ann�e � l�h�pital de la Timone � Marseille.
Le comit� anti r�pression est r�volt� par l�attitude intransigeante et insultante de la justice Fran�aise , qui � refus� � son oncle Andria actuellement incarc�r� � la prison de la sant� la possibilit� de venir se recueillir une derni�re fois aupr�s de celui qu�il a toujours consid�r� comme son propre fils.
Interpell� voici pr�s de trois mois pour �tre entendu dans le cadre d�un dossier incident � l�arrestation d�Ivan Colonna, il accomplit, depuis une d�tention pr�ventive qui n�a que trop dur�e.
D�s la tragique nouvelle de ce malheur connu, son avocat a diligent� aupr�s du parquet une demande pour qu�il puisse au moins �tre pr�sent � Marseille pendant la lev�e du corps du fils de son fr�re.
Pr�textant de fa�on insidieuse la non disponibilit� d�une escorte sp�ciale pour ce laps de temps cette requ�te est rest�e insatisfaite.
Qu�a cela ne tienne, son conseil alors � refait une nouvelle demande et � logiquement arguer qu�ils avaient donc le temps de lui permettre de se rendre � Prubia pour l�inhumation.
Cette fois ci ce n��tait plus le temps qui l�emp�chait mais para�t-il le climat insurrectionnel qui r�gnait actuellement dans cette r�gion.
Les juges de la 14 eme section nous avaient d�montr� par leurs agissements qu�il ne connaissait rien de la Corse, mais de l�, � confondre la situation de notre �le avec celle d�il y a soixante ans cela d�passe tout entendement � moins qu�ils n�aient anticip� et pr�vu pour ce mois de septembre 2003 sa lib�ration.
Non les juges de la dite patrie des droits de l�homme ne sont pas � ce point ignorants de notre histoire, mais savent-ils qu�au-del� du droit qu�ils pr�tendent faire respecter, les Corses tiennent par-dessus tout � effectuer leur devoir sacr� celui d��tre pr�sent avec les leurs lorsque le malheur les accable. Alors que pour les tragiques chaleurs de cet �t� qui ont d�cim�s de nombreuses personnes �g�es dans toute la France , il a fallu que le pr�sident de la r�publique flanqu� de plusieurs ministres se d�place pour leurs fun�railles , afin de se substituer aux familles qui en perte de rep�res occasionn� par une soci�t� malade les avaient honteusement abandonn�es , il est inadmissible que l�on emp�che les n�tres de faire le deuil de leur �tres chers .
Enfin nous voulons ici nous adresser � notre fr�re Andr� dont on conna�t le courage et l�exemplarit�, pour qu�il sache que nous sommes choqu�s par le comportement outrageant du harc�lement dont il est victime, et que tous ici nous l�embrassons chaleureusement afin d�essayer de r�chauffer son c�ur que la stupide intransigeance coloniale a pour un temps p�trifi� de glace.
En ce comportant de la sorte dans ce tragique contexte comme en continuant � refuser � Ghjuvan� Batista Colonna le droit de voir son p�re , une nouvelle fois l��tat ne favorise pas les voies d�un apaisement souhait�, et la seule r�ponse que nous devons lui apporter c�est celle qui consiste � se rassembler et � se serrer les coudes pour faire cesser de telles pratiques et finalement faire le deuil de l�injustice coloniale.
Pour le comit�, POLI Jean Marie
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