Su�de : sur la piste des n�o-nazis su�dois
Les groupes n�o-nazis su�dois compteraient entre 12.000 et 14.000 militants, pour la plupart clandestins. Ils sont aujourd�hui les principaux suspects apr�s l�assassinat d�Anna Lindh, le 10 septembre, la ministre su�doise des Affaires �trang�res. Ce dossier sur cette extr�me-droite dont on m�conna�t la sauvagerie. Dix sept ans apr�s l�assassinat d�Olaf Palme, le premier ministre d�alors, la Su�de doit affronter ses d�mons.
En 1999, Quatre journaux su�dois - dont le tirage cumul� d�passe 1,3 million d'exemplaires � d�non�aient la " menace pour la d�mocratie " venue de l'extr�me droite raciste, en publiant les identit�s de plus d'une soixantaine de n�o-nazis, encart�s ou " Angels " motards. "
� Ces groupes, constitu�s en r�seaux, s'attaquent directement au pouvoir judiciaire en mena�ant magistrats et policiers ; au pouvoir politique en mettant en cause des �lus ; et au quatri�me pouvoir, en s'en prenant aux journalistes et aux relais d'opinion ", �crivaient les quatre journaux, qui ont travaill� ensemble pendant plusieurs mois pour �tablir ce qu'ils appellent " la carte de la haine et de la violence ". Ils soulignaient que cette d�cision fait suite � une s�rie de crimes venus de l'extr�me droite, dont les r�cents assassinats de deux policiers et d'un syndicaliste.
Des statistiques polici�res faisaient �tat de pr�s de 1 800 d�lits � connotation raciste ou x�nophobe commis en 1998, soit deux fois plus qu'en 1997.
En fait, depuis maintenant plus d'une dizaine d'ann�es, ce type d'exaction n'a cess� de se multiplier, la pouss�e �lectorale de l'extr�me droite s'accompagnant d'une campagne sans cesse renouvel�e, alliant antiparlementarisme, haine raciale et appels � la restauration de la peine de mort.
En juin 1999, deux attentats � la voiture pi�g�e ayant fait cinq victimes cette semaine en Su�de faisaient craindre un r�veil tonitruant de l'extr�me-droite.
� Malmoe, deux policiers �taient gri�vement bless�s dans l'explosion d'une voiture vol�e qu'ils s'appr�taient � contr�ler.
Dans la banlieue de Stockholm, un couple de journalistes et leur petit gar�on �taient victimes d'un engin explosif plac� dans leur v�hicule. Le couple avait re�u des menaces d'organisations n�o-nazies. Leur journal avait en effet publi� leur enqu�te sur une maison de disques sp�cialis�e dans la musique faisant l'apologie de la "race blanche".
Ces actes de violence, qui ont boulevers� l'opinion, avaient �t� pr�c�d�s, en janvier, par deux autres attentats � l'explosif.
Une bombe avait d�truit la maison d'un procureur de Malmoe qui avait requis contre des activistes d'un groupe n�o-nazi clandestin. Quelques jours plus tard, une bombe avait fait exploser la voiture d'un couple de policiers enqu�tant sur les milieux n�o-nazis.
"L'extr�me-droite s'est radicalis�e et n'h�site d�sormais plus � frapper ceux qui la combattent", estime Hakan Holmberg, pr�sident du comit� su�dois contre l'antis�mitisme.
En d�pit de cette apparente recrudescence de l'activisme d'extr�me-droite, le ministre de la Justice s'est refus� � criminaliser l'appartenance � un groupe se r�clamant d'une id�ologie fasciste.
Voici donc un descriptif de l�extr�me droite su�doise, constitu�e par le comit� su�dois contre l�antis�mitisme.
La r�sistible avanc�e des nazis su�dois
Le Parti social-d�mocrate des travailleurs est toujours au pouvoir avec pr�s de 40% des voix lors des �lections de 2002.
Actuellement, les principaux probl�mes politiques en Su�de concernent la situation �conomique du pays en g�n�ral ; l'entr�e de la Su�de dans l'Union mon�taire europ�enne ; le ch�mage, qui avait atteint le taux de 7,7% en 1995 et qui, jusqu'� pr�sent, ne semble pas �tre en voie de diminution ; les restrictions budg�taires s�rieuses dans le secteur public et, � plus long terme, le ch�mage qui en d�coule ainsi que les charges de plus en plus lourdes qui p�sent sur les services publics tels que la Sant� publique et l'aide aux personnes �g�es. Bien que ne tenant pas une place pr�pond�rante dans les pr�occupations politiques officielles, le probl�me des r�fugi�s et la politique d'immigration restent une cause d'inqui�tude pour beaucoup de gens.
Un certain nombre de sondages ont montr� qu'il existait un m�contentement g�n�ral concernant l'entr�e de la Su�de dans la CEE et que beaucoup de ceux qui s'�taient prononc�s en faveur de cette adh�sion voteraient aujourd'hui contre.
Une importante �tude r�alis�e r�cemment sur le taux de criminalit� parmi les immigrants montre que 12% d'immigrants de la premi�re et deuxi�me g�n�ration sont les auteurs des d�lits en tout genre recens�s durant cette p�riode, contre 6% d'autochtones. D�mentant l'opinion largement r�pandue selon laquelle la criminalit� serait en hausse parmi les immigrants de la seconde g�n�ration dans les grandes villes, cette �tude a prouv� qu'en r�alit�, la tendance � la criminalit� diminue au fur et � mesure de l'int�gration dans la soci�t� su�doise.
La violence raciale qui s'�tait manifest�e lors d'attaques contre des centres d'h�bergement pour r�fugi�s a consid�rablement diminu� en 1995 et en 1996, surtout en raison du fait que ces logements sont de moins en moins nombreux. Aucun cas de meurtre spectaculaire n'a �t� enregistr� en 1995. On ne poss�de pas encore de chiffres concernant le niveau g�n�ral de violence raciale. Pourtant, en 1996, on assiste encore � des agressions d�lib�r�es � motif raciste et le nombre d'infractions � la loi r�primant l'incitation � la violence contre les groupes ethniques a augment� de 4%.
En septembre 1995, un nouveau magazine antiraciste du nom d'Expo a vu le jour et il s'est av�r� rapidement que, de par sa teneur m�me, il semait la consternation dans les rangs racistes et nazis (voir ci-dessous).
Partis politiques
Ny demokrati (ND) D�mocratie nouvelle
Aux �lections de 1994, le parti perdit sa repr�sentation au Parlement. La chute de ce parti, qui se montrait ouvertement hostile aux r�fugi�s et aux immigrants (en particulier musulmans) et avait fait de la politique d'immigration le th�me principal de sa campagne �lectorale en 1994, avait davantage pour cause les graves querelles intestines qui le d�chiraient au printemps et � l'�t� 1994, que la d�sapprobation de sa politique par les �lecteurs.
Score �lectoral : Aux �lections g�n�rales de septembre 1994, Ny Demokrati a recueilli environ 70 000 suffrages (1,2% des voix). Aux �lections pour le Parlement europ�en en septembre 1995, ND n'a obtenu que 2 800 voix (0,1%). Dans les sondages d'opinion, le parti garde une place n�gligeable.
Sverigedemokraterna (SD) D�mocrates su�dois - Dirigeant : Mikael Jansson - � Publications : Le magazine autrefois bi-mensuel SD-Kuriren (Courrier du SD) ne para�t que de temps � autre. Un bulletin des adh�rents (SD-Bulletinen ) para�t de fa�on �galement sporadique.
Le SD fait suite au Bevara Sveridge Svenkst (BSS) et au Sveridgepartiet (SvP), et repr�sente le fascisme parlementaire su�dois depuis 1988. Avec environ 5000 membres selon leurs propres sources (vraisemblablement plut�t un millier), et peut-�tre quarante groupes locaux, le parti a obtenu 1100 voix en 1988 et 4900 en 1991, remportant ainsi leurs deux premiers si�ges municipaux. Jusqu�au mois de mars de cette ann�e, le SD �tait dirig� par Anders Klarstr�m, originaire de G�teborg et ancien bonehead, qui a �t� membre du Nordiska Rikspartiet (NRP), un parti ouvertement nazi. Il a �t� remplac� au 7e congr�s du parti, qui s�est tenu au mois de mars de cette ann�e � �rebro, par Mikael Jansson, un ancien membre du Centerpartiet, principal mouvement de droite su�dois. Le pass� � normal � du dirigeant nouvellement �lu aura probablement une influence sur la popularit� du parti aupr�s des groupes n�o-nazis. Le SD a toujours eu comme mod�le le Front national, mais Klarstr�m n�est jamais parvenu � � effacer � de mani�re cr�dible l�empreinte nazie de son parti. En tout cas, pas durant les manifestations et les meetings du SD o� la pr�sence nazie a �t� tr�s frappante, en particulier la pr�sence bonehead. Le SD a son quartier g�n�ral � Stockholm et il publie irr�guli�rement le SD-Kuriren et le SD-Bulletinen � peu pr�s chaque mois. Les d�tournements de fonds de Klarstr�m et une campagne �lectorale on�reuse ont pouss� le parti � r�duire ses activit�s. Le SD a organis� le 29 avril sa cinqui�me marche d�Engelbrekt (d�apr�s un h�ros du folklore su�dois du Moyen-�ge, Engelbrekt Engelbrektsson) qui a r�unit 250 participants � Stockholm, ce qui est beaucoup moins que l�ann�e pr�c�dente o� le parti avait pu rassembler environ 400 personnes. Le 6 mai, le SD a tenu un meeting dans la petite ville de Borl�nge, qui a r�unit 40 personnes dont la moiti� venait d�autres villes. Le jour de la f�te nationale, le 6 juin, le SD voulait organiser un meeting � Stockholm et dans d�autres villes. Pour cet automne, le parti pr�voit une campagne de sensibilisation autour de son nouveau dirigeant.
Son programme politique officiel est principalement centr� sur l'opposition � l'immigration non-europ�enne, mais avec une propagande interne souvent ouvertement antis�mite et raciste. Nombre d'activistes du SD entretiennent des relations �troites avec le mouvement appel� NS (voir ci-dessous). Son leader, Mikael Jansson, est un ancien membre actif du parti du Centre. Tout au long de l'ann�e 1996, le SD a souffert de conflits de pouvoir aussi bien internes qu'externes. Le SD a toujours �t� en contact plus ou moins r�gulier avec un certain nombre d'extr�mistes de droite ou d'organisations n�o-nazies en Europe, parmi lesquelles les Republikaner allemands dont le leader, Franz Sch�nhuber, a pris la parole lors d'une r�union �lectorale du SD � Stockholm en 1991. Le SD a �t� �galement en liaison avec le Front National de Le Pen, plus particuli�rement avec ses organisations de jeunesse. On ne conna�t pas le nombre d'adh�rents actuel : selon les derni�res estimations, il se situerait aux alentours de 1 000 ou 2 000, mais le parti a certainement perdu une partie de ses effectifs, en raison d'un niveau d'activit� en baisse, de la concurrence du nouveau parti Hembygdspartiet (voir ci-dessous) et de la d�fection de certains adh�rents pass�s � des groupes plus radicaux. Lors du 8e congr�s du parti qui s'est tenu en mars, une nouvelle direction a �t� �lue. Au cours de l'�t�, il y a eu une l�g�re recrudescence d'activit�s, encore faut-il savoir si ce sont les signes pr�curseurs d'un renouveau. Score �lectoral : Le SD a obtenu environ 14 000 voix aux �lections g�n�rales de 1994 pour le Parlement, ce qui repr�sente plus du double des suffrages recueillis aux �lections de 1991, ainsi que le score le plus �lev� d'un parti n�o-fasciste depuis 1945. Le SD a vu sa repr�sentation aux conseils r�gionaux plus que d�cupl�e : il d�tient d�sormais 4 si�ges dans les conseils r�gionaux de Dals-Ed (2) et de H��r (2).
Hembygdspartiet - Le parti "Heimat"
Ce parti est le r�sultat d'une scission du SD au printemps 1995. Plusieurs membres de la "vieille �cole" du SD en sont les initiateurs. Parmi les protagonistes c�l�bres, on compte Leif Zeilon, Leif Larsson (ex-leader du F�reningen Sveriges Framtid, cf. ci-dessous) et Tommy Ryd�n, autrefois leader du COTC (l'Eglise du Cr�ateur), ce dernier ayant �t� nomm� � la t�te du parti en 1996. Le parti compte unrepr�sentant au conseil r�gional d'Eker�, qui avait quitt� le SD pour passer au Hembygdspartiet. L'id�ologie du parti "Heimat" se rapproche de celle des organisations v�lkisch dans les ann�es 1920 et 1930.
Publication : Grindvakten (le Gardien des portails) dont la parution est irr�guli�re, et un bulletin mensuel. Le parti diffuse de grandes quantit�s de prospectus et d'autocollants. Il fait circuler �galement les m�moires d'un volontaire su�dois engag� dans la division Nordland de la Waffen-SS. Le nombre de ses adh�rents n'est pas exactement connu mais on estime qu'il s'�chelonne entre 100 et 200. Beaucoup de ses membres influents font aussi partie du mouvement NS (voir ci-dessous). Le parti n'a pas pris part aux �lections.
Groupes extra-parlementaires
NS-r�relsen (le mouvement national-socialiste)
Il existe un certain nombre de formations n�o-nazies en Su�de. Tous ces groupes r�unis forment ce que les n�o-nazis appellent parfois le NS-r�relsen, un r�seau non-officiel d'activistes nazis militants et souvent violents dont certains sont ou �taient skinheads. On estime que ce r�seau compte 100 ou 200 militants inconditionnels, auxquels il convient peut-�tre d'ajouter un millier ou deux de sympathisants actifs dans toute la Su�de. Il est difficile d'�valuer le nombre de sympathisants passifs et de consommateurs de propagande �manant de diff�rents �l�ments du r�seau, mais cela augmente certainement encore les chiffres. La mont�e extraordinaire, ces derni�res ann�es, des groupes de musique n�o-nazis et la large diffusion de leur musique sur disques compacts se sont quelque peu ralenties, gr�ce en partie � l'action accrue des autorit�s, y compris la police. Entre d�cembre 1995 et le mois de f�vrier 1996, le Comit� su�dois contre l'antis�mitisme (SCAA) a d�pos� un certain nombre de plaintes officielles aupr�s de l'attorney g�n�ral contre la diffusion de propagande nazie par l'interm�diaire de CD, de magazines et d'autocollants. A ce jour (octobre 1996), seul le producteur d'un CD de ce genre a �t� inculp� par l'attorney g�n�ral.
Les concerts de musique dite White Noise organis�s � travers le pays, dans lesquels r�gne une atmosph�re d'antis�mitisme et de racisme, sont beaucoup moins nombreux que ces derni�res ann�es : tandis qu'en 1995 on comptait en moyenne au moins deux concerts par mois, cette ann�e, la moyenne est tomb�e � un par mois. En revanche, la plupart de ces concerts deviennent des �v�nements de plus en plus importants. En 1996, (jusqu'� la fin octobre), 10 concerts au moins ont eu lieu. Le concert qui s'est d�roul� � Norrk�ping, le 3 f�vrier, a �t� un v�ritable �v�nement, quelque 700 � 800 n�o-nazis su�dois et �trangers (de Norv�ge, de Finlande, du Danemark, d'Angleterre, d'Allemagne, de Belgique, des Pays-Bas, d'Italie et de France) s'�tant rassembl�s pour �couter deux groupes su�dois et un groupe anglais, Brutal Attack. C'est le plus grand rassemblement n�o-nazi qui se soit produit en Su�de depuis la guerre. Il y a eu aussi ce qu'il est convenu d'appeler la marche Hess dans la ville de Trollh�ttan en ao�t, laquelle a �t� suivie par un concert. Deux groupes su�dois, ainsi que le groupe anglais No Remorse avec Paul Burnley, participaient au concert qui s'est d�roul� en pr�sence d'environ 300 personnes. Nombre d'activistes du mouvement NS appartiennent souvent � plusieurs organisations au sein du r�seau. Certains �l�ments sont en contact r�gulier avec des groupes similaires dans d'autres pays. Une partie des membres affili�s au r�seau soutiennent Ahmed Rami/Radio Islam.
Vitt ariskt motst�nd (VAM) R�sistance blanche aryenne
De 1991 � 1993, la VAM est devenue pour ainsi dire le noyau d'une "r�volution aryenne". Mais il ne faut pas perdre de vue que la VAM n'a jamais �t� une organisation officielle et n'a pas eu de v�ritable leader. Les activistes ont adopt� ce nom � la suite du battage publicitaire des m�dias. Des militants affili�s � ce groupe non-officiel ont �t� condamn�s pour un certain nombre de d�lits � caract�re violent, comme par exemple trois meurtres (en 1985, 1986 et 1990), une s�rie de vols � main arm�e, des cambriolages dans des d�p�ts d'armes, des agressions violentes, etc. La VAM avait comme signe distinctif ce qu'on appelle un "croc de loup", un symbole runique encore en usage dans le mouvement NS. Le dernier num�ro du magazine de la VAM, Storm , est dat� d'avril 1993. Les m�dias utilisent aujourd'hui encore le sigle VAM pour des raisons de commodit�.
Riksfronten (RF) Front du Reich
(Autrefois F�reningen Sveriges Framtid [FSF] - Association pour l'avenir de la Su�de). Le Riksfronten est en passe de devenir une organisation de type conventionnel au sein du mouvement NS, depuis la chute de la Nationella Alliansen en 1996 (voir ci-apr�s). C'est une formation ouvertement nazie dont l'effectif est estim� � 300 membres. En 1995, le magazine Rikslarm (Reich Alarm) a �t� remplac� par le Den Svenske folksocialisten (le Socialiste populaire su�dois), qui tire son nom de l'une des publications nazies les plus importantes des ann�es quarante. Le Riksfronten, qui avait d�j� �t� restructur� en 1992, a �t� une nouvelle fois r�organis� en 1995. Le si�ge de son quartier g�n�ral se trouve d�sormais � Fagersta, et Per �berg en est le dirigeant. La structure exacte de son organisation n'est pas tr�s claire, mais il existe plusieurs sections du Riksfronten r�parties dans le pays. Les th�mes communs de sa propagande sontle racisme, l'antis�mitisme et le n�gationnisme. Les membres du Riksfronten portent souvent un uniforme noir orn� d'insignes vari�s. Leur signe distinctif le plus commun est un symbole runique appel� Odal Rune (utilis� pendant la guerre par la division prince Eug�ne de la Waffen-SS ainsi que par le Rasse und Siedlungshauptamt). Il existe aussi une section du Riksfronten sp�ciale pour les femmes appel�e Kristina Gyllenstierna, nom d�j� utilis� par l'organisation f�minine nazie su�doise dans les ann�es trente et quarante.
Nationella Alliansen - NA (Alliance nationale)
La Nationella Alliansen est devenue rapidement c�l�bre � la fin de 1995, apr�s quoi il semble qu'elle ait fait un s�rieux effort pour se cr�er une couverture officielle et prendre l'avantage dans les conflits de pouvoir au sein des milieux nazis. La NA a �t� cr��e par Christopher Rangne, un ancien activiste de la VAM, qui a �t� rel�ch� en septembre 1995 apr�s avoir purg� une peine de prison pour vol � main arm�e. Il a rapidement r�ussi � se faire conna�tre comme le futur leader du mouvement nazi su�dois, apr�s �tre pass� plusieurs fois dans l'Expressen , le plus grand journal du pays, et dans une interview sur la cha�ne nationale de t�l�vision. Rangne et ses acolytes ont parcouru tout le pays, incitant les organisations locales � rallier la NA, la plus importante de ces formations �tant les SUNS (Stockholm Unga Nationalsocialister - la Jeunesse nationale-socialiste de Stockholm), dont la NA s'�tait attribu�e le magazine, Info 14 . Apr�s que la NA, ayant fait appel � une s�rie d'"actions" eut revendiqu�, � toutes fins utiles, la responsabilit� d'un certain nombre d'agressions contre la maison d'�dition du magazine antiraciste Expo et contre plusieurs de ses abonn�s et de ses distributeurs, la police de Stockholm a fini par effectuer une descente au quartier g�n�ral de la NA. Bien que personne n'e�t finalement �t� accus� des attaques contre l'Expo, les remous provoqu�s par cette s�rie d'actions finirent par aboutir � la dissolution de la NA.
Gula Korset (Croix jaune)
Gula Korset est l'une des r�pliques su�doises d'organisations telles que le HNG allemand. A l'origine, il s'agissait du fonds de solidarit� de la NA pour les "prisonniers de guerre aryens". Pourtant, la d�sint�gration puis l'effondrement de la NA n'ont apparemment pas affect� Gula Korset, qui a continu� � organiser des concerts.
Ariska Br�draskapet (Fraternit� aryenne) - Parall�le � Gula Korset
Stockholm Unga Nationalsocialister SUNS - (Jeunesse nationale-socialiste de Stockholm)
Un autre exemple de sous-groupe au sein du mouvement NS, ayant jou� un r�le important dans la mont�e de la Nationella Alliansen.
Werwolf
Werwolf est une organisation anonyme au sein du mouvement NS, dont le but est de combattre les "tra�tres de la race et de la nation", c'est-�-dire les personnes per�ues par elle comme servant les int�r�ts du "ZOG" (gouvernement d'occupation sioniste). Cette organisation a un site sur Internet et poursuit des objectifs ouvertement terroristes, au moyen de provocations et de menaces de mort. Le Werwolf op�re probablement � partir de la communaut� n�o-nazie de Gothenburg et peut �tre consid�r� comme la composante su�doise de l'organisation terroriste nazie internationale Anti Anti-Fa (AAF). En octobre 1995, le Werwolf a distribu� une "liste noire" contenant les noms, adresses et num�ros de t�l�phone de 300 Su�dois, dont des membres du Riksdag.
Kommando siege
Il s'agit d'un autre groupe anonyme, probablement bas� lui aussi � Gothenburg, et qui cherche � propager "une violence accrue contre les homosexuels". On ne sait pas s'il existe encore.
Nordiska Rikspartiet (NRP) Parti du Reich nordique
Le Nordiska Rikspartiet est un parti nazi de type traditionnel, fond� en 1956 et dirig� par G�ran et Vera Oredsson. Cette organisation, et plus particuli�rement ses "troupes de choc" RAG (Groupe d'action du Reich), avaient souvent �t� associ�es � des actes de violence et de provocation n�o-nazis dans les ann�es 1970 et 1980. Au cours de 1995 et de 1996, ses activit�s ont commenc� � d�cliner, le NRP apparaissant comme de plus en plus inop�rant. On estime que le nombre de ses adh�rents se monte � 300. Le parti publie les magazines Nordisk Kamp ( le Combat nordique - publication trimestrielle), Solhjulet (la Sph�re du soleil - qui para�t r�guli�rement) et Nordiska Rikspartiet (Parti du Reich nordique - trimestriel).
Radio Islam/Svensk-Islamiska F�reningen (Radio Islam/Association su�doise islamique)
Radio Islam/Svensk-Islamiska F�reningen est un groupe centr� autour de la station de radio violemment antis�mite, Radio Islam, qui a commenc� � �mettre sur le r�seau radiophonique communautaire de Stockholm en 1987. Parmi ses r�dacteurs en chef on trouve Ahmed Rami et David Janzon, un membre du Sveriges Nationella F�rbund n�o-nazi (voir ci-apr�s), qui avait �t� le responsable officiel de la documentation publi�e par l'organisation. Ahmed Rami assure la liaison entre des groupes n�o-nazis ou plus sp�cialement "n�gationnistes", et certains fondamentalistes islamiques. Malgr� tout, le soutien de la communaut� islamique de Su�de est dans l'ensemble assez r�duit. Au cours de sa p�riode d'interruption, entre 1993 et 1995, Radio Islam a publi� un "courrier des auditeurs" qui para�t sporadiquement. Tout comme les programmes radiophoniques, cette publication a pour th�mes principaux le "pouvoir juif" et le "n�gationnisme". L'impact de Radio Islam sur les milieux extr�mistes est en net d�clin apr�s l'apog�e des ann�es 1988-1992. Pourtant, en avril et en mai 1996, Radio Islam a fait une nouvelle entr�e en force. Tout d'abord, la station de radio communautaire a repris ses �missions, sous la responsabilit� officielle de Tayyar Razvi, un immigrant pakistanais. C'est Ahmed Rami qui dirige les programmes. La station diffuse le temps record de 18 1/2 heures par semaine. En outre, Radio Islam a d�sormais un site sur Internet, avec une documentation "r�visionniste" et "antis�mite" exhaustive en plusieurs langues, comme par exemple le Protocole des Sages de Sion en anglais et en su�dois. Ce n'est qu'un registre parmi tout un r�seau international de sites "n�gationnistes" et antis�mites sur le World Wide Web.
Dans une interview accord�e � un des derniers num�ros du magazine musical n�o-nazi Nordland (voir ci-dessous), Ahmed Rami a d�clar� que, concernant les Juifs, Hitler �tait "le seul leader europ�en � avoir compris de quoi il s'agit".
Sveriges Nationella F�rbund (SNF) Ligue nationale su�doise
Le Sveriges Nationella F�rbund , dont l'histoire remonte aux ann�es trente, est un mouvement nazi, raciste et antis�mite, d'environ 200 membres, pour la plupart assez �g�s. La section la plus r�cente du SNF � Malm� a eu des contacts avec le NSDAO/AO, l'organisation extr�miste nazie de Gary Lauck aux Etats-Unis. Cette organisation a une activit� tr�s limit�e et elle est en voie de disparition.
Mimer
Mimer, qui se cache sous le nom d'"Association d'histoire et de politique", est une organisation dont l'activit� consiste � publier un courrier des adh�rents sous le m�me nom. Le si�ge de Mimer se trouve � Malm�. La documentation qu'elle publie est un m�lange d'articles nazis, su�dois et �trangers r�cents ou anciens. Mimer refl�te pour ainsi dire la tendance intellectuelle du nazisme su�dois actuel.
De Vries Institutet - Institut De Vries
"Institut" dirig� par un seul homme, Tommy Ryd�n, qui lui sert principalement de maison de vente par correspondance pour une propagande centr�e sur la biologie raciale, le v�g�tarisme et la l�galisation de l'euthanasie.
Einar �bergs minnesfond (Fondation � la m�moire d'Einar �berg)
Une fondation honorant la m�moire d'Einar �berg, un des antis�mites su�dois d'antan, qui avait diffus�, d�s les ann�es 20, des quantit�s �normes de propagande antis�mite durant quatre d�cennies. Lors de la Seconde Guerre mondiale, �berg avait dirig� une organisation du nom de Sveriges antijudiska kampf�rbund (Ligue du combat su�dois anti-juif). La fondation est dirig�e par Tommy Ryd�n.
Nationaldemokratiska partiet - NDP (Parti national-d�mocrate)
Le parti d'un seul homme, dirig� par Kenneth Andersson, qui est aussi un contact de Rami. Andersson et Rami se sont unis pour former l'Antisionistik Aktion (ASA, i.e. Action anti-sioniste), qui n'est pourtant pas une organisation active. Andersson milite actuellement aussi dans le Hembygdspartiet.
Nationalsocialistik Front - NSF (Front national-socialiste)
Une addition r�cente � la liste de plus en plus longue des nouvelles organisations nazies. Elle est bas�e au sud, dans la ville de Karlskrona et compte une centaine d'adh�rents. Le NSF est bien organis� et a un site sur Internet. Apr�s le meeting de comm�moration en l'honneur de Hess, � Trollh�ttan en ao�t, plusieurs membres du NSF ont �t� arr�t�s par la police pour avoir enfreint la loi r�primant laprovocation contre les groupes ethniques. Le NSF a l'intention de publier son propre magazine, Den Sanne Nationalsocialisten (le vrai national-socialiste), et aspire sans doute � jouer un r�le majeur dans la mouvance nazie su�doise.
PUBLICATIONS N�O-NAZIES IMPORTANTES
Valhall est un magazine anonyme �manant manifestement des milieux nazis de Gothenburg. Il est relativement bien pr�sent� et abonde en articles traitant du "ZOG", des conspirations juives et des affres du "m�lange des races". La SCAA a d�pos� une plainte aupr�s de l'attorney g�n�ral contre le num�ro de l'�t� 1995. La couverture portait la caricature antis�mite classique d'un Juif tenant la terre entre ses mains poilues et crochues, et le magazine pr�sentait certains articles antis�mites et racistes � l'extr�me. Pourtant, la justice n'a pas jug� opportun d'intervenir.
Nordland , qui a remplac� Blod & �ra (Sang et Honneur) comme organe du mouvement musical raciste et n�o-nazi en 1995, est v�ritablement le mod�le du nazisme su�dois. C'est une production �tonnamment professionnelle, imprim�e en couleur, dont le tirage est estim� � 5 000 exemplaires. Outre les articles � teneur politique et id�ologique, elle soutient la promotion de disques compacts et autres produits et se vante de coop�rer avec son �quivalent am�ricain, Resistance , avec lequel elle a fait cause commune contre le groupe terroriste C18. La SCAA a �galement d�pos� des plaintes contre deux num�ros de Nordland , mais les autorit�s judiciaires n'ont pas conclu que ces magazines contrevenaient � la loi. Nordland para�t � peu pr�s quatre fois par an. Le dernier num�ro comptait 88 pages (88 = un code signifiant Heil Hitler) �crites serr�es, un record en son genre.
Den svenske folksocialisten (le Peuple su�dois socialiste) est la publication officielle du Riksfronten et pr�sente r�guli�rement des articles racistes, antis�mites et n�gationnistes. Elle est tir�e � un nombre inconnu d'exemplaires.
Info - 14 est la page d'information de SUNS, une organisation sur laquelle la Nationella Alliansen a pris l'avantage dans le courant de 1996. Le chiffre 14 se r�f�re � ce qu'il est convenu d'appeler les "14 mots", une formule invent�e par le n�o-nazi am�ricain David Lane. L'avenir d'Info-14 est incertain depuis la chute du NA.
AUTRES GROUPES ANTI-IMMIGRATION
Outre Ny Democrati, Sverigedemokraterna, et plus particuli�rement les groupes ouvertement antid�mocratiques et antis�mites mentionn�s plus haut, on compte trois formations dont on peut dire qu'elles constituent le principal front d'opposition � la politique d'immigration de la Su�de, et surtout � la pr�sence d'immigrants non-europ�ens. Et m�me si la politique du pays � l'�gard des r�fugi�s et des immigrants est devenue beaucoup moins g�n�reuse ces derni�res ann�es, s'alignant davantage sur la politique europ�enne en g�n�ral, les attaques de ces trois groupes contre le gouvernement, les m�dias et l'"establishment" n'ont pas diminu� pour autant. Malgr� quelques nuances de style et de ton, tous ces groupes ont certaines caract�ristiques en commun. Tandis que Fri information est souvent franchement raciste et antis�mite, les deux autres formations ont une approche beaucoup plus prudente et leur argumentation se limite aux aspects n�gatifs d'une soci�t� multiculturelle et � l'impossibilit� d'int�grer des immigrants non-europ�ens par suite des diff�rences culturelles. Un des th�mes communs est l'id�e d'une politique de retour des r�fugi�s dans leurs pays d'origine, une politique qui est cens�e se fonder sur les m�mes principes humanitaires que ceux des Nations-Unis. Ces trois groupes partagent aussi le m�me point de vue sur les ph�nom�nes de soci�t� et leur �volution, notamment en ce qui concerne les m�dias et la politique nationale d'immigration, un point de vue l�g�rement teint� de parano�a.
Samfundet f�r nationell och internationell utveckling (Ligue pour le d�veloppement national et international)
Samfundet a fonctionn�, depuis fin 1994, comme un r�seau de groupes de pression pratiquement inconnu, constitu� d'universitaires et d'autres citoyens bien en place dans les grands partis politiques, critiquant la politique de la Su�de � l'�gard des immigrants et des r�fugi�s. Entre autres m�thodes de pression courantes, les dirigeants, par l'interm�diaire de soi-disant "lettres du r�seau", ont instruit les membres du r�seau � adresser des lettres aux personnalit�s officielles et aux ministres ainsi qu'aux hommes d'affaires influents et �crivent au courrier des lecteurs de diff�rents quotidiens, promouvant ainsi l'id�ologie du Samfundet et s'�levant contre diverses campagnes antiracistes et favorables � l'immigration. Les figures marquantes de la ligue ont aussi publi� diff�rents articles dans la presse nationale sur les dangers de l'immigration. Un de ses membres �minents, Mme Ingrid Bj�rkman, ex-ma�tre de conf�rences en litt�rature, a �crit dans les plus grands journaux que "les Su�dois ethniques" seraient en minorit� vers l'ann�e 2056 si la politique d'immigration actuelle se poursuivait. Mme Bj�rkman cite souvent les Etats-Unis comme exemple (n�gatif) d'une soci�t� multiethnique et multiculturelle. Dans les ann�es 1990, elle a �galement d�clar� que la charge �conomique impos�e par les immigrants sur le budget de l'Etat se montait � 80 milliards de couronnes. Mme Bj�rkman a publi� plusieurs livres d�crivant ses id�es, en collaboration avec d'autres membres influents du r�seau. Dans un de ces ouvrages, les auteurs d�clarent que "la migration du tiers monde vers l'Europe occidentale est en fait un processus de colonisation". Le dernier ouvrage en date, qui traite surtout du retour des r�fugi�s et des immigrants vers leurs pays d'origine, a �t� publi� en octobre par la respectable maison d'�dition SNS.
Officiellement, le r�seau a d�sormais cess� d'exister. En mai dernier, le r�seau a �t� d�mantel�, apparemment en r�action aux r�v�lations sur l'existence du r�seau et ses activit�s publi�es par le magazine Expo. Pourtant, les dirigeants ont d�clar�, dans leur derni�re lettre adress�e aux adh�rents, que le r�seau �tait devenu si important qu'une organisation centrale n'�tait plus n�cessaire, et que les groupes r�gionaux continueraient d'agir : "De part et d'autre du pays, des groupes sont form�s, �crivent-ils, des r�seaux, des associations de gens qui r�agissent contre une immigration de masse d�vastatrice, contre la perfidie et la l�chet� des politiciens et contre la politique de d�sinformation des m�dias. Il est �vident que dor�navant, les gens n'accepteront plus d'�tre r�duits au silence et de se laisser intimider."
Bl�-gula fr�gor (Questions bleu-jaune)
Bl�-gula fr�gor (r�f�rence aux couleurs du drapeau su�dois) est une association centr�e sur une publication du m�me nom, critiquant la politique de la Su�de sur les immigrants et les r�fugi�s. Au contraire de Samfundet , l'association n'a jamais cherch� � dissimuler son existence. Elle est dirig�e par Jan Milld et par Anders Sundholm, membre actif du Parti �cologiste et juge assesseur. Les activit�s de Sundholm � Bl�-gula fr�gor ont provoqu� des troubles au sein du Parti �cologiste et en juin 1996, il a �t� �vinc� du parti. Cette publication, ainsi que d'autres articles publi�s par Milld, sont centr�s � la fois sur le co�t �conomique de la politique su�doise d'immigration, les difficult�s d'int�gration et l'impossibilit� d'une soci�t� multiculturelle. Elle attaque aussi les m�dias - accus�s d'�tre un "pouvoir d'occupation" - et l'establishment politique, affirmant qu'ils participent � une conspiration anti-nationale dont les origines ne sont pas claires. Bl�-gula fr�gor et Samfunder font r�guli�rement la promotion de leurs publications respectives.
Fri information (Information libre)
Fri information est un magazine publi� par Eva Bergqvist, physicienne et ex-membre actif du Parti conservateur. Elle s'est acquis une certaine notori�t� en s'opposant activement � l'installation d'un centre d'h�bergement pour r�fugi�s dans sa ville de Kimsta, activit�s qui lui ont finalement valu d'�tre mise au ban du Parti conservateur. On ne sait pas � combien d'exemplaires ce magazine est tir� ni quels sont ses rapports exacts avec les deux autres groupes, bien qu'on y trouve souvent un certain nombre d'informations sur les activit�s des autres groupes et qu'il fasse l'�loge fr�quent des membres influents du Samfundet (voir ci-dessus). Ce magazine publie aussi des lettres d'activistes moins importants du r�seau Samfundet.
Fri information se montre favorable au Front national fran�ais et � son leader, Jean-Marie Le Pen, et a publi� une critique �logieuse du livre de John Sack, An eye for un eye , qui traite de "la revanche juive contre les Allemands apr�s 1945".
Les scories � culturelles �
Le mouvement skinhead n�o-nazi Le mouvement bonehead r�ussit actuellement � se d�velopper par le biais de la musique, appel�e � vikingarock � [9]. Les braquages de banque et les vols d�armes du Vitt Ariskt Motst�nd (VAM) [10] des ann�es 1991-1992 ont depuis 1993 �t� remplac�s par des concerts de rock � white power � qui r�unissent des centaines de participants. Le mouvement n�o-nazi su�dois vit du succ�s atteint par le groupe de musique skinhead Ultima Thule depuis le printemps 1993 (plus de 200 000 disques vendus et entr�e aux hit-parades du pays). Les membres d�Ultima Thule n�ont jamais proclam� �tre des n�o-nazis, mais ils ont �t� le fer de lance du mouvement bonehead su�dois et du SD. Tout cela gr�ce au financement de Bert Karlsson, l�un des dirigeants du NyD, et au soutien moral d�un homme appel� Anders Carlberg, un puissant social-d�mocrate de Stockholm qui travaille sur les projets de la jeunesse skinhead. Ultima Thule a cr�� une vaste mode skinhead en popularisant le cr�ne ras� et le drapeau su�dois. Le r�sultat de la perc�e incroyable de ce groupe : des milliers de boneheads dans le pays, des bandes de cr�nes ras�s dans chaque ville et un mouvement n�o-nazi grandissant.
En 1993, la plupart des actions et manifestations violentes ont cess�, remplac�es par des concerts mensuels ; le meilleur exemple �tant le concert qui a eu lieu le 30 avril 1994 dans Sollebrunn � Alings�s, et qui a peut-�tre r�uni 600 participants. Il y a aujourd�hui quatre maisons de disques rien que pour la musique n�o-nazie, et de nombreuses cha�nes de distribution, certaines suffisamment riches pour avoir de la publicit� dans les grands quotidiens du soir. Les concerts sont organis�s par une nouvelle g�n�ration plus jeune et plus id�ologique, le meilleur exemple �tant Donald Hansson � G�teborg. Ce � mouvement musical � rapporte des milliers de couronnes et occupe des centaines de personnes � travers tout le pays. L�organisation politique de cette sous-culture est le Riksfronten [11], qui poss�de des groupes locaux comme le Nationalsocialistisk Front [12] de Karlskrona et le V�stra Aros SA de V�ster�s. Le Riksfronten a �t� cr�� en 1990 en tant que Foreningen Sveriges Framtid [13], et a �t� r�organis� en 1994 par Torulf Magnusson et plus tard par Jonas Ledin. Le Riksfronten doit avoir environ un millier de membres et sympathisants.
Les actions violentes ont continu� mais de fa�on moins organis�e. Elles y impliquent ceux que l�on appelle les � b�b�s skins �, c�est-�-dire de jeunes boneheads �g�s de 11 � 16 ans qui sont pires que leurs a�n�s et surtout plus brutaux. Le jour de la Saint-Sylvestre, un � b�b� skin � de 16 ans a �t� tu� au Fryshuset, fr�quent� par les boneheads � Stockholm et appartenant � Carlberg.
Un autre � b�b� skin � a �t� entendu au sujet de ce meurtre extr�mement brutal (l�une des deux mains de la victime avait �t� arrach�e), et tout laisse � penser qu�il s�agit d�une histoire intrins�que � cette violente culture de la jeunesse. Ce meurtre, un concert le 2 f�vrier et les nombreuses innocentes victimes d�actes violents ont conduit � un d�bat sur Carlberg et ses skinheads, ainsi que sur l�inqui�tante situation de Stockholm o� les contribuables doivent payer pour l�alcool des skinheads (Carlberg vend de l�alcool aux boneheads) et pour les cours militaires (il existe une coop�ration entre le Fryshuset, Carlberg et les militaires su�dois !) donn�s aux skinheads. Le 11 mars, Mitri Lehto, un bonehead du V�stra Aros SA, a tu� un joueur de hockey sur glace homosexuel, Peter Karlsson, � V�ster�s. La cour l�a condamn� � huit ans de prison et, pour ce qui est des poursuites judiciaires, Lehto se pr�occupe seulement de ses propres affaires depuis qu�il est en prison ; car elles ne doivent surtout pas tomber entre les mains d�immigr�s ! Le m�me mois, le meurtre d�un homosexuel assyrien datant de 1991 a �t� r�solu et trois n�o-nazis ont �t� appr�hend�s par la police � Uddevalla. La violence des boneheads est tr�s �tendue et souvent mortelle en Su�de : juste pour Stockolm, 107 actes de violence ont �t� commis par des boneheads entre septembre 1994 et mai 1995. De plus, les attaques d�habitations d�immigr�s se sont transform�es en affrontements entre bandes de boneheads et d�immigr�s dans les rues.
Les sociaux-d�mocrates ont repris le pouvoir aux �lections de 1994 apr�s trois ann�es d�un gouvernement bourgeois tr�s impopulaire. Leif � Bloomman � Blomberg [14] est devenu le nouveau ministre de l�immigration en r�cup�rant les voix du NyD gr�ce � sa rh�torique agressive. Les anciens partis populistes su�dois tels que le Framstegspartiet [15] et les Centrumdemokraterna [16] sont encore puissants au niveau local dans le sud de la Su�de.
Un nouveau ph�nom�ne est apparu en Su�de, qui se caract�rise par un glissement � droite et par l�apparition d�un r�seau raciste intellectuel appel� Fri Information [17]. Les repr�sentants de la haute soci�t� su�doise se rencontrent, et de leur r�union ressort un m�lange d�hostilit� envers les immigr�s, de peur d�une soci�t� multiculturelle, d�antis�mitisme et de crypto-nazisme. Fri Information a commenc� en 1992 comme journal : il circulait parmi des personnes des Moderaterna [18], le principal parti conservateur. Il est devenu aujourd�hui une organisation ind�pendante qui influence la politique su�doise de l�immigration sous le r�gne de � Bloomman �. En r�sum�, le mouvement antifasciste su�dois doit faire face � une culture de la jeunesse n�o-nazie grandissante et � un mouvement vers la droite de l�establishment politique. L�extr�me droite parlementaire n�est plus n�cessaire, et la guerre raciale du VAM a �t� remplac�e par des concerts.
BILAN
La disparition de Ny Democrati du paysage politique ne signifie pas que l'�ventualit� d'un mouvement populiste, nationaliste et x�nophobe se soit �vanouie. La preuve en est un sondage effectu� en 1995 par le Centre de recherche sur la migration internationale et les relations ethniques � l'universit� de Stockholm, d'apr�s lequel environ 10% de la population �g�e de 16 � 76 ans ferait preuve d'un comportement raciste et x�nophobe assez marqu�. Les attitudes critiques � l'�gard d'un pluralisme culturel et ethnique sont largement r�pandues et ne se limitent pas aux milieux sociaux racistes mais sont inh�rentes au courant politique dominant, qu'il soit de gauche ou de droite. Les n�o-nazis ont trouv� les moyens efficaces d'instituer une sous-culture clandestine, qui a connu un remarquable essor ces derni�res ann�es. Qualitativement et quantitativement, elle est l'objet d'une propagande incomparable, m�me dans une optique internationale. La soci�t� a �t� jusqu'ici lente � r�agir face � ces d�veloppements, mais deux verdicts r�cents de la Cour supr�me pourraient annoncer l'institution de mesures l�gales plus s�v�res contre les crimes et la propagande racistes. La premi�re sentence concernait un cas d'homicide dans la ville de Klippan en septembre de l'ann�e derni�re, deux jeunes nazis ayant frapp� � mort un demandeur d'asile africain. La Cour supr�me a conclu qu'il s'agissait d'un homicide volontaire commis pour des raisons racistes. C'�tait un verdict important dans la mesure o� un amendement au code p�nal a �t� vot� l'ann�e derni�re, �tablissant que les motifs racistes en cas de crime constituaient une circonstance aggravante. Magistrats et tribunaux sont encore r�ticents � appliquer cet amendement, mais apr�s la sentence de la Cour supr�me, les choses pourraient changer. L'autre sentence concernait l'utilisation de symboles nazis dans les lieux publics. Deux tribunaux d'instance ayant d�cr�t� que la loi contre les signes d'appartenance politique �tait incompatible avec la constitution su�doise, les magistrats commencent � utiliser la loi interdisant la provocation contre les groupes ethniques pour interdire l'usage en public d'insignes nazis sur les v�tements et les drapeaux. Lors d'un cas de ce genre, on a fait appel par deux fois, et en octobre, la Cour supr�me a d�cr�t� que l'usage de tels insignes en public constituait bien une violation de la loi interdisant la provocation. Reste � savoir quel sera l'impact de ce d�cret.
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