Quand Ben Laden d�fie les �tats-Unis
Le quotidien arabe de Londres, � Al Hayat �, a tent� de comprendre le sens des diff�rents messages que Ben Laden et son adjoint, Ayman Zawahiri, ont diffus� sur � Al Jazira �, � la veille du deuxi�me anniversaire du 11 septembre. Voici donc des extraits de l'analyse d' � Al Hayat �, ainsi que l'essentiel du message diffus�.
Les propos tenus par Ben Laden et parAyman Sawahiri
� Nous ne sommes pas des adeptes des assassinats et des destructions mais nous allons, avec l'aide de Dieu, couper toute main qui nous agresserait. Nous voulons dire (aux Occidentaux) que tout ce que vous avez vu jusqu'ici, ce ne sont que les premi�res escarmouches et le d�but de la confrontation. La v�ritable �pop�e n'a pas encore commenc� � (Ben Laden)
� Voici venu le deuxi�me anniversaire des raids de New York et de Washington, deux d�fis � l'Am�rique et � sa campagne qui chancelle de ses blessures en Afghanistan et en Irak. Pr�parez-vous � �tre punis pour vos crimes �, a clam� Ayman al-Zawahiri, en appelant les Occidentaux � � observer une pause et � se rem�morer (leurs) crimes contre les musulmans et interroger leurs dirigeants sur la nature r�elle de leurs pertes en Irak et en Afghanistan. Nous vous mettons au d�fi d'obtenir une r�ponse de leur part car ils sont plus l�ches que vous ne le pensez �, a-t-il poursuivi, semblant s'adresser plus pr�cis�ment aux opinions publiques.Nous conseillons aux m�res des soldats crois�s qui souhaitent les voir vivants de demander � leurs gouvernements de les rapatrier car ils risquent de retourner dans des cercueils �.
Ayman al-Zawahiri a ensuite adress� un double appel aux Palestiniens et aux Irakiens, exhortant les premiers � � persister dans la voie du jihad � et pressant les Irakiens � � d�vorer les Am�ricains comme les lions d�vorent leurs proies et � les enterrer dans les cimeti�res d'Irak �. � La blessure de la Palestine fait saigner le c�ur de tout musulman et nous ne laisserons pas, avec l'aide de Dieu, l'Am�rique jouir de la s�curit� jusqu'� ce qu'on en jouisse en Palestine et dans tous les pays d'islam. �
Il a conseill� aux Palestiniens de � ne pas se laisser entra�ner par les tromperies de l'Am�rique et ses agents qui b�nissent la "feuille de route" pour l'enfer �, en r�f�rence au plan de paix international pour le Proche-Orient.
Le d�cryptage d�Hal-Ayat
1. Ben Laden et Zawahiri n'ont pas �voqu� les attentats de Riyad et de Casablanca, ce qui signifie que l'enregistrement a �t� effectu� avant cette date, fin avril ou d�but mai. Dans le cas contraire, Ben Laden aurait eu un immense plaisir � les �voquer. Le quotidien ajoute qu'il est d�sormais �tabli que les auteurs des attentats de Riyad sont li�s � Al-Qa�da, contrairement � ceux de Casablanca. Mais l'organisation de Ben Laden a laiss� le choix � ses militants de choisir le moment opportun et les cibles � frapper sans attendre les ordres, contrairement � ce qui avait cours avant le 11 septembre.
2. Ben Laden et Zawahiri ont parl� dans cet enregistrement. Mais le premier a pris un r�le secondaire, �clips� par son N� 2. Ainsi Ben Laden appara�t comme le Guide spirituel, et Zawahiri comme le chef militaire, le th�oricien, et le commandant.
3. Zawahiri a tent�, comme il l'avait d�j� fait l'ann�e derni�re, de diff�rencier les �tats-Unis de ses partenaires occidentaux. Il a affirm� que � Al-Qa�da ne vise pas ces derniers. � Nous ne sommes pas des adeptes de la mort et des destructions, mais nous d�truisons et coupons la main qui nous agresse �. Le quotidien ajoute � cet �gard que Zawahiri avait tent�, l'ann�e derni�re, de diviser la coalition internationale anti-terroriste en appelant les pays europ�ens � � s'�carter de la politique de Washington, sans quoi ils s'exposent aux frappes d'Al-Qa�da comme les Fran�ais � Karachi (les ing�nieurs de la DCN) et au Y�men (le Limbourg) et comme les Allemands � Djerba (la Synagogue) �. Le quotidien se demande si la France a re�u le message de Zawahiri, puisque le chef du contre-espionnage fran�ais a r�v�l� hier que � la France n'est pas une cible directe du terrorisme en raison de son opposition � la politique de Washington en Irak �.
4. Zawahiri a tent� de retourner l'opinion publique anglaise et am�ricaine contre Tony Blair et George Bush, en insistant sur l'effet des images des soldats rapatri�s dans des cercueils. Il a affirm� que son organisation � m�ne une longue guerre d'usure et est pr�te � faire les sacrifices n�cessaires, ce que l'Occident ne peut pas supporter �.
5. Zawahiri a �vit� d'�voquer l'incapacit� (avant les attentats de Riyad) de commettre des attentats. Pour contourner ce handicap, il a affirm� que � Al-Qa�da ne se r�sume pas � Ben Laden, qu'elle n'est pas une organisation hi�rarchis�e. Elle est l'avant-garde d'une nation islamique qui a d�cid� de combattre jusqu'au dernier souffle. Al-Qa�da n'est plus une organisation, mais elle fait d�sormais partie int�grale de la Oumma. Il est donc impossible de l'�radiquer �. Ainsi, souligne le quotidien, en s'attribuant ce � large statut �, Al-Qa�da pourra d�sormais revendiquer tout attentat commis � travers la plan�te sans pour autant l'avoir personnellement planifi� et ex�cut�.
6. Zawahiri a replac� la Palestine et la cause palestinienne au c�ur de ses pr�occupations. Il en a fait l'axe principal qui dictera l'avenir des relations avec l'Occident : � Nous ne laisserons pas l'Am�rique r�ver de vivre en paix et en s�curit� avant que nous n'ayons la paix et la s�curit� en Palestine et dans les pays musulmans �.
7. Il a insist� sur l'Irak en appelant � nos fr�res moudjahidin � � � d�vorer les Am�ricains et � faire de l'Irak leur tombeau �. Cependant, il n'a pas �voqu� Saddam Hussein, sans doute pour � ne pas irriter aucune des factions irakiennes qui r�sistent aux Am�ricains �.
8. Zawahiri a tent� de cr�er de l'agitation entre Kaboul et Islamabad en poussant le Pakistan contre l'Afghanistan. Il a accus� � le pouvoir de Kaboul d'avoir ramen� l'Inde sur les fronti�res ouest du Pakistan �. Il s'agit de mettre en garde Islamabad contre le danger de l'infiltration indienne en Afghanistan, alors que les deux puissances r�gionales sont engag�es dans une course nucl�aire effr�n�e. Aussi, il a appel� l'arm�e pakistanaise � renverser Mousharraf, et critiqu� le pouvoir de Hamid Karza� et les � anciens moudjahidin � qui l'ont rejoint, faisant allusion � l'Alliance du Nord.
9. Zawahiri a mis en garde certains pays contre la tentation de remettre les membres d'Al-Qa�da aux Am�ricains. Sans doute, il visait l'Iran qui a d�j� reconnu avoir arr�t� plusieurs responsables de l'organisation, dont son porte-parole Sleiman Abou Al-Gha�th.
(source Al Hayat - Londres , trad. proche-orient.info)
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