Ouvrir dans une nouvelle fen�tre Le proc�s de Bertrand Cantat report�
Sep 13, 2003

Le proc�s de Bertrand Cantat report�

Les d�lais de proc�dure et de traduction des documents ne permettront pas au proc�s d�avoir lieu avant la fin de l'ann�e. Pour la d�fense, il s�agit, comme nous l�avions annonc�, d�obtenir la qualification de "crime passionnel", passible de six ans au lieu de quinze ans d'emprisonnement pour � meutre � en Lituanie.

"Je ne peux absolument pas dire quand le proc�s se tiendra, a d�clar� Ramutis Jancevicius, procureur de Vilnius. On est oblig� d'attendre la transmission de la proc�dure fran�aise et notamment du rapport d�finitif d'autopsie. C'est un imp�ratif."

Le rapport d'autopsie r�alis� par l'Institut m�dico-l�gal de Paris a �t� remis, le 12 ao�t, � la juge d'instruction Nathalie Turquey, charg�e de l'enqu�te ouverte en France. Il faut encore compter quelques jours suppl�mentaires pour que le rapport soit transmis. Le proc�s ne devrait donc pas s'ouvrir avant au moins deux mois et demi.

Concernant la qualification, le procureur reste sur ses bases ant�rieures"Pour le parquet, c'est un meurtre. C'est au tribunal qu'il reviendra de requalifier ou pas", estime M. Jancevicius.

� Je ne crois pas que les conditions d�un meutre pasionnel soient r�unies, a d�clar� Me Georges Kiejman, l'avocat de la famille Trintignant. L'acharnement de Cantat, traduit par la violence et le nombre des coups, ne rel�ve pas d'une r�action soudaine et quasi accidentelle."

En attendant Bertrand Cantat tente de ne pas perdre la raison comme en t�moigne l�aricle ci-dessous paru dans Le Monde.


Bertrand Cantat "dialogue avec l'�me de Marie"

Du fond de sa cellule de la prison Lukiskiu, � Vilnius (Lituanie), Bertrand Cantat parle toujours de Marie Trintignant au pr�sent. Comme si elle �tait toujours l�, comme s'il n'�tait pas capable d'affronter la r�alit� et de se reconna�tre dans le crime qu'il a commis.

Ce m�canisme de d�ni prend chez lui des accents romantiques, presque lyriques : "Marie me manque affreusement, elle est mon amour, au-del� de ce d�rapage tragique, et nous nous aimons par-del� les fronti�res des mondes", �crit Bertrand Cantat dans une correspondance avec un figurant francophone du t�l�film que tournait Marie Trintignant � Vilnius. "J'essaie de le distraire en lui parlant d'autre chose, explique ce jeune homme, soucieux de faire conna�tre la d�tresse dont lui a fait part le chanteur de Noir D�sir dans ses courriers. Ce qui s'est pass� est terrible pour Marie, mais aussi pour lui."

Bertrand Cantat re�oit beaucoup de lettres affectueuses envoy�es par des proches ou des fans rest�s fid�les. Mais aussi des courriers de haine et de menaces, qui lui renvoient � la figure la mort de Marie Trintignant. Alors, le chanteur se r�fugie dans les mots d'amour et en �vite d'autres, qui lui rappelleraient sans doute trop sa culpabilit�. Il ne parle jamais directement de la mort de l'actrice et encore moins de crime. C'est une sorte de fatalit� qui est responsable, pas lui.

"Le destin nous a jou� un sale tour, je dois apprendre � r�sister, � me battre", �crit ainsi Bertrand Cantat, fin ao�t. Evoquant la soir�e de soutien organis�e le 5 septembre, au Caf� de Paris, � Vilnius (Le Monde du 10 septembre), le chanteur insiste : "Faites-le pour Marie et pour moi. Nous sommes indissociables de cette folie qui s'est malheureusement pass�e et ne doit pas masquer le fait que c'�tait et c'est toujours le plus extraordinaire des amours. Faites-le savoir autour de moi." A son avocat, qui lui rendait visite, en ao�t, il avait r�sum� sa vision des �v�nements sur le m�me ton. "Le probl�me, c'est peut-�tre d'avoir trop aim�", lui avait-il confi�.

Le chanteur s'oublie aussi dans les livres. Il lit beaucoup. Il d�vore, m�me, et de tout. De la po�sie de Fernando Pessoa, des livres sur le bouddhisme, l'Inde et le Tibet de l'exploratrice fran�aise Alexandra David-Neel. Des bandes dessin�es, aussi, comme des albums de Tintin. Bertrand Cantat est sous antid�presseurs depuis le d�but de son incarc�ration, fin juillet.

Dans une lettre envoy�e un mois plus tard, il �voque ses id�es de suicide. "Ma lutte au quotidien, c'est d'�chapper � la tentation de rejoindre Marie dans l'au-del�. Mais je me bats pour �viter � mes enfants, ma famille, mes proches et tous les gens qui m'aiment, une nouvelle trag�die."

Depuis le d�but, sa famille se relaie � Vilnius pour �tre aupr�s de lui. Sur place depuis presque deux semaines, ses parents vont le voir tous les jours, sauf le dimanche et le lundi, o� les visites ne sont pas permises. Sa m�re lui parle religion. Lui r�pond qu'il "dialogue avec l'�me de Marie".
(source Le Monde, Fr�d�ric Chambon)

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