Ouvrir dans une nouvelle fen�tre Irak : le chemin de la souverainet� selon l�oncle Sam
Sep 12, 2003

Paul Bremer, administrateur de l'Autorit� provisoire de la coalition en Irak, expose ici le chemin que va devoir parcourir l�Irak. Parole d�Am�ricain

� Il y a cinq mois, les courageux hommes et femmes de nos forces arm�es achevaient de lib�rer les 25 millions d'habitants de l'Irak. Ce fut un triomphe militaire immense. Finies les salles de torture de Saddam Hussein. Finis ses assassinats en masse et ses chambres de viol. Finie aussi sa menace � l'Am�rique et � la communaut� internationale. La lib�ration fut un acte grand et noble.

Il n'est pas interdit de poser la question suivante : que faire ensuite ?

Aucune personne r�fl�chie n'irait sugg�rer que la coalition gouverne l'Irak pendant longtemps. M�me si les Irakiens jouissent d�j� de libert�s qu'ils n'avaient jamais eues avant, libert� n'�gale pas souverainet� et l'occupation ne pla�t ni � l'occupant ni � l'occup�. Nous pensons qu'il faut confier aux Irakiens, d�s que possible, la responsabilit� de leur s�curit�, de leur d�veloppement �conomique et de leur r�gime politique.

Comment cela pourra-t-il se r�aliser ?

Les �lections constituent la solution �vidente en vue de rendre aux Irakiens leur souverainet�. Mais une �lection n'est tout simplement pas possible pour le moment. Il n'existe aucun registre �lectoral, aucune loi �lectorale, aucun parti politique et aucune circonscription �lectorale.

La constitution irakienne actuelle est une recette pour la tyrannie, dict�e par Saddam Hussein. Lorsque ce dernier a fui les forces de la coalition, emmenant avec lui deux camions bourr�s d'argent, il a laiss� le vide. �lire un gouvernement en l'absence d'une constitution permanente d�finissant et limitant les pouvoirs de l'�tat est une invitation � la confusion et � l'abus.

Ainsi donc, pour tenir des �lections, les Irakiens ont besoin d'une nouvelle constitution, qu'ils auront eux-m�mes r�dig�e. Elle doit refl�ter leur culture et leurs convictions. La r�daction d'une constitution repr�sente, comme tous les Am�ricains le savent, une entreprise solennelle et importante. Elle ne peut se faire en l'espace de quelques jours ni de quelques semaines.

N�anmoins, le chemin de la pleine souverainet� irakienne est clair. On a d�j� commenc� � le parcourir puisque trois des sept �tapes qu'il comporte ont d�j� �t� franchies.

La premi�re s'est r�alis�e il y a deux mois lors de la cr�ation d'un Conseil de gouvernement de 25 membres largement repr�sentatifs de la soci�t� irakienne. Ces personnes courageuses, hommes et femmes, se sont pr�sent�es de plein gr� pour aider � construire le nouvel Irak.

La deuxi�me a eu lieu le mois dernier, lorsque le Conseil de gouvernement a d�sign� un comit� pr�paratoire charg� d'�laborer le processus de r�daction d'une constitution.

La troisi�me �tape, la plus importante, consiste � remettre les op�rations quotidiennes de l'�tat entre les mains d'Irakiens. La semaine derni�re, le Conseil de gouvernement a nomm� 25 ministres. Aujourd'hui, chaque minist�re irakien est dirig� par un Irakien d�sign� par des Irakiens. Ces ministres, qui rel�vent du Conseil de gouvernement, g�rent les affaires de l'�tat et en �laborent la politique.

Ils se sont d�j� attaqu�s, sans tarder, au budget de 2004, et ils devront diriger leurs minist�res dans le respect de ce budget. La coalition tient � ce qu'ils exercent un pouvoir r�el et les investira de l'autorit� n�cessaire � cette fin.

La r�daction de la nouvelle constitution constitue la quatri�me �tape. Elle d�butera apr�s que le comit� pr�paratoire aura recommand� une proc�dure � cette fin au Conseil de gouvernement, avant la fin de ce mois.

La cinqui�me �tape, qui est la ratification populaire de cette constitution, est indispensable.

Une fois r�dig�e, la constitution sera largement diffus�e et fera l'objet de d�bats et de discussions au sein du peuple. Tous les Irakiens d'�ge adulte seront autoris�s � voter pour ou contre la constitution. Pour la premi�re fois de l'histoire, l'Irak sera dot�e d'une constitution permanente dress�e et approuv�e par le peuple irakien.

La sixi�me �tape, l'�lection d'un gouvernement, d�coule naturellement de la cinqui�me. Peu apr�s que la constitution aura �t� pl�biscit�e, des �lections se tiendront pour remplir les postes �lectifs qu'elle aura sp�cifi�s.

Les �lus seront choisis au suffrage universel dans le cadre d'une �lection libre.

Lorsque ce gouvernement sera �lu, l'Irak se sera dot� d'un gouvernement d�sign� et s�lectionn� par les Irakiens. Ce fait, unique dans l'histoire de ce pays, aura un grand retentissement dans toute la r�gion quant au pouvoir de la d�mocratie.

La septi�me et derni�re �tape, la dissolution de l'autorit� de la coalition, suivra naturellement la tenue des �lections. Une fois que l'Irak aura un gouvernement librement �lu, l'autorit� de la coalition s'empressera de transmettre ses pouvoirs restants � ce gouvernement irakien souverain.

Ce processus est logique et r�aliste. On se heurtera, sans aucun doute, � des obstacles en cours de route, surtout maintenant que les terroristes ont d�cid� de faire de l'Irak un champ de bataille d�cisif dans la guerre mondiale contre le terrorisme. Mais le peuple irakien, avec le soutien entier du gouvernement Bush et de ses partenaires au sein de la coalition, est sur la voie de la pleine souverainet� politique.

L'Irak doit faire face � de nombreux probl�mes, notamment des d�cennies de sous-investissement dans tous les secteurs, allant de l'industrie p�troli�re aux �gouts. Les questions de s�curit� demeurent un grave souci. D'autres difficult�s se posent �galement, mais il est une chose qui n'en pose aucune : nous savons ce qu'il faut faire pour transformer l'Irak en un Etat souverain.

Hier soir (7 septembre), le pr�sident a appel� ses concitoyens � continuer de soutenir les Irakiens dans leur marche en avant. Je suis certain que le peuple am�ricain sera, comme il l'est toujours, � la hauteur de ce nouveau d�fi.

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s