D�s f�vrier la CIA avait averti le gouvernement de George Bush des risques li�s � l�apr�s-guerre en Irak. C�est lors d�une r�union du Conseil de s�curit� nationale, � laquelle assistait le secr�taire Donald H. Rumsfeld, le vice-pr�sident Dick Cheney, et le Pr�sident Bush que la CIA, aujourd�hui tr�s d�cri�e, avait averti : ''Une victoire militaire rapide en Irak sera probablement suivie d�une r�sistance arm�e des restes du parti Ba'ath et des Fedayeen de Saddam �.
L'administration n�a alors pas r�agi. Au contraire, les fonctionnaires ont multipli� les cris de victoire entendant que les forces alli�es seraient accueillies en lib�ratrices et n�ont rien fait pour combattre la guerre d�usure pr�dite par la CIA. Dick Cheney avait m�me ajout� sur NBC: � Je crois que nous seront salu�s comme des lib�rateurs �.
''J'imagine qu'ils seront bien accueillis, avait rench�ri Paul D. Wolfowitz, architecte principal de la strat�gie irakienne de la Maison Blanche , dans une interview donn�e le 3 avril sur CBS.
L�avertissement de f�vrier n'�tait pas le seul que Bush ait re�u � propos d�une gu�rilla probable. La C.I.A et l'agence de renseignements du Pentagone avaient d�j� �crit que les combats continueraient probablement apr�s la guerre.
Aujourd�hui les services de renseignements, qui ont �t� clou�s au pilori par l�administration � propos du 11 septembre, sont enchant�s de renvoyer l�ascenseur � ces derniers. Ils d�clarent que l�administration a largement sur�valu� le r�le de l�opposition irakienne et notamment celui d�Ahmed Chalabi.
Le mois dernier, Wolfowitz a d�fendu les pr�visions de planification faites par l'administration pour les lendemains de la guerre. Le conseiller de la Maison blanche reconna�t aujourd�hui que ce plan �tait trop optimiste. L�administration s'�tait notamment attendue � ce que les unit�s militaires irakiennes d�sertent en masse. En second lieu, l�appareil d��tat irakien, et notamment la police, s�est av�r� �tre dans un �tat d�plorable. Troisi�mement : personne n�avait imagin� que les militaires d�test�s par la population continueraient le combat.
Pourtant la C.I.A rappelle qu�elle avait soulev� toutes ces difficult�s pr�visibles. Les services secrets de l�arm�e, de leur c�t�, font savoir par le biais de sources anonymes, qu�ils avaient attir� l�attention du pr�sident sur le fait que les partisans de Saddam se regroupaient d�s les d�buts du conflit pour continuer la guerre apr�s la d�faite pr�visible.
Depuis que le Pr�sident Bush a d�clar� la guerre termin�e au moins 118 soldats am�ricains ont �t� tu�s. Un peu moins de la moiti� d'entre eux sont tomb�s lors d'embuscades, par des tireurs isol�s ou lors d�attentats improvis�s. La moiti� des 256 soldats des USA qui sont morts depuis le d�but de la guerre, le 20 mars, ont �t� tu�s apr�s la fin des hostilit�s. Et le danger va grandissant depuis que des rapports des services secrets font �tat d�infiltration de combattants islamistes venus d�autres pays. On s�interroge par ailleurs sur le r�le exact de la Syrie dans cette guerre de gu�rilla.
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