Le nouveau porte-parole de la Maison-Blanche, M. Scott McClellan, s'est vu poser plusieurs fois, le 15 juillet, la question qui a hant� son pr�d�cesseur, M. Ari Fleischer : pourquoi, en janvier dernier, le pr�sident Bush avait-il inclus dans son discours sur l'�tat de l'Union une affirmation douteuse au sujet des intentions de l'Irak d'acheter de l'uranium en Afrique ? Nous savons depuis qu�elle �tait fausse. Elle ne fait que plonger un peu plus le pr�sident Bush et le premier ministre britannique Blair dans une tourmente d�o� ils pourraient bien ne pas sortir.
Dans ce discours, M. Bush avait effectivement d�clar� : "Le gouvernement britannique a appris que Saddam Hussein avait r�cemment cherch� � se procurer des quantit�s importantes d'uranium en Afrique".
La Maison-Blanche a fait savoir plus tard que cette d�claration aurait d� �tre supprim�e du discours. Pi�tre excuse.
"Dire qu'il y avait une motivation politique derri�re cette affirmation est ridicule", a d�clar� M. McClellan, sans convaincre grand monde. Il s�agissait de r�futer directement les accusations prof�r�es un peu plus t�t par deux s�nateurs d�mocrates, MM. Bob Graham et Carl Levin, respectivement membres influents de la commission s�natoriale du renseignement et de la commission s�natoriale des services arm�s.
Ces deux s�nateurs ont en effet soutenu que la d�claration du pr�sident sur l'Irak n'�tait pas une erreur et qu'elle faisait partie d'une vaste manipulation visant � justifier la guerre contre l'Irak.
M. Levin a affirm� : "La d�claration du pr�sident au sujet de la tentative irakienne d'acqu�rir de l'uranium africain n'�tait pas une erreur. Ce n'�tait pas involontaire. Ce n'�tait pas une �tourderie. Elle a �t� n�goci�e entre la CIA (Agence centrale du renseignement) et le NSC (Conseil national de s�curit�). C'�tait calcul� et trompeur."
Deux termes qui, aux �tats-Unis peuvent mener un pr�sident � la proc�dure de l�impeachment c�est-�-dire de la mise en accusation et de la condamnation d�un pr�sident.
Pour sa part, M. Graham a accus� le pr�sident Bush de duperie. "Il a tromp� les Am�ricains en ins�rant dans son discours sur l'�tat de l'Union un argument essentiel en faveur de la guerre contre l'Irak, argument dont il savait ou aurait d� savoir qu'il �tait faux." M. Graham est l'un des d�mocrates candidats � la nomination de leur parti pour la prochaine �lection pr�sidentielle.
M. McClellan a fermement r�fut� ces affirmations. Selon lui, m�me si cette d�claration n'�tait pas valable, il existait suffisamment de preuves �tablissant que l'Irak mentait au sujet de ses intentions.
"Il existait de nombreuses preuves montrant que l'Irak �tait en train de reconstituer son programme nucl�aire", a dit M. McClellan, en citant notamment le rapport que la Commission sp�ciale de l'ONU a publi� en 1999 et qui pr�cisait que des milliers d'armes chimiques et biologiques n'avaient pas �t� r�pertori�es. Il y avait �galement la fa�on ouverte dont Saddam Hussein d�fiait la communaut� internationale et le fait bien �tabli que l'Irak n'avait jamais compl�tement coop�r� avec les inspecteurs de l'ONU.
"En outre, a-t-il indiqu�, la menace de l'Irak est devenue encore plus r�elle lorsqu'on a commenc� � l'analyser dans le contexte de l'apr�s 11 septembre. Avec ou sans cette d�claration, la guerre contre l'Irak demeure pleinement justifi�e."
"Nous avons agi pour plusieurs raisons : (...) des arsenaux chimiques et biologiques �vanouis dans la nature, le comportement notoirement" hostile de Saddam Hussein, et "son appui au terrorisme".
Comme un journaliste lui rappelait que le monde attendait toujours des preuves de ce qu'il avan�ait, M. McClellan a r�pondu que certaines preuves avaient �t� trouv�es (ce qui est faux NDLR). "Nous continuons, avec l'aide de David Kay et du Groupe d'enqu�te en Irak, d'essayer d'en savoir plus sur le programme irakien d'armement de destruction massive".
"Je vous rappelle que nous avons d�j� trouv� deux laboratoires mobiles de fabrication d'armes biologiques (il a entre-temps �t� d�montr� que �a ne pouvait pas �tre des laboratoires d�armes chimiques NDLR). Il y a �galement eu ce scientifique sp�cialis� dans l'armement nucl�aire qui avait enterr� du mat�riel et des documents susceptibles de servir � d�marrer un programme (cet ing�nieur avait en effet enterrer des documents mais en 1991 NDLR) Nous sommes convaincus que nous d�voilerons l'ampleur du programme d'armement de l'Irak et que nous d�couvrirons l'ensemble de ses armes de destruction massive."
M. McClellan a rappel� que le texte du discours sur l'�tat de l'Union avait �t� transmis � tous les organismes comp�tents, du d�partement d'�tat au minist�re de la d�fense en passant par la CIA, et que ceux-ci avaient donn� leur agr�ment. "Si la CIA nous avait ordonn� de retirer tel ou tel passage, nous l'aurions fait", a-t-il dit.
D'ailleurs, dans un communiqu� diffus� le 11 juillet, le directeur de la CIA, M. George Tenet, a accept� la responsabilit� de ne pas avoir retir� la phrase litigieuse du discours. "Le pr�sident avait toutes les raisons de croire que le texte qui lui �tait pr�sent� �tait bon.
Or, ces seize mots n'auraient jamais d� y figurer (...) Il n'y avait pas un degr� suffisant de certitude pour les inclure dans un discours pr�sidentiel, et la CIA aurait d� s'assurer qu'on avait supprim� ce passage."
C�est en effet la nouvelle mode � la Maison Blanche que de syst�matiquement mettre en cause la CIA dont beaucoup de cadres commencent � t�moigner d�une lassitude voire de col�re.
Le 15 juillet, � la Chambre des repr�sentants, le chef de la majorit� r�publicaine, M. Tom DeLay (Texas), a rejet� tous les doutes pesant sur la cr�dibilit� du pr�sident, affirmant qu'ils �taient exag�r�s et qu'ils �taient �mis par des d�mocrates qui cherchaient � obtenir les suffrages des �lecteurs pour les prochaines �lections primaires. Il a d�clar� aux journalistes que M. Tenet n'avait "absolument aucune raison" de quitter le gouvernement Bush.
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