Sans papiers : Sarkozy et Perben en un combat douteux
Jul 17, 2003
Auteur: L'investigateur

Dans trois d�partements, les interventions de police se sont multipli�es contre les sans-papiers. Du coup les responsables des centres d'accueil ont fait conna�tre leur inqui�tude. Un dirigeant de l�organisation caritative Emma�s avait �t� plac� en garde � vue en f�vrier dernier pour avoir h�berg� un sans papier alg�rien. Une belle gaffe.

Les associations de lutte contre l'exclusion assurent que jamais juges et policiers n�ont us� de telles m�thodes. Tout au moins depuis les grandes vagues d�interpellations de 1938 qui ont perdur� sans discontinuer jusqu�en 1944 avec les cons�quences �pouvantables que l�on conna�t. Fort heureusement, rien de comparable aujourd�hui. Mais de telles m�thodes indisposent jusqu�� l�organisation fond�e par l�abb� Pierre. qui par la voie de son pr�sident Martin Hirsch, pensent qu�elles "risquent de remettre en cause nos pratiques d'accueil". Emma�s n'a en effet jamais demand� leurs papiers aux personnes qu'il accueille, rappelait M. Hirsch dans une lettre au ministre de l'int�rieur, Nicolas Sarkozy, dat�e du 24 f�vrier apr�s la mise en garde � vue du responsable de la communaut� Emma�s de Bourg-en-Bresse pour avoir h�berg� un Alg�rien sans papier. "Il �tait chez nous depuis plus d'un an, avait expliqu� Camille Reymond, responsable Emma�s au correspondant du quotidien Le Monde. Sa demande d'asile territorial avait �t� rejet�e et il avait �puis� tous les moyens de recours. Mais il m'avait demand� de rester."

Un mois plus tard, � Toulouse (Haute-Garonne), la police interpellait cinq Alg�riens et un Ha�tien � l'entr�e de la Boutique solidarit�, un centre d'accueil de jour rattach� au r�seau de la Fondation Abb� Pierre. "Cinq d'entre elles ont finalement �t� rel�ch�es mais un homme a �t� reconduit en Alg�rie", a d�clar� Luis Garcia, responsable de la Boutique solidarit�.

Enfin, la police est intervenue plusieurs fois dans le Nord. L'Accueil fraternel roubaisien et l'Association baptiste pour l'entraide et la jeunesse (ABEJ) ont protest� apr�s l�intervention de policiers dans des foyers.

En Corse enfin la Ligue des droits de l�homme indique qu�elle parraine plusieurs Alg�riens sans papiers dans l��le depuis dix ans. Par voie de communiqu�, la LDH insulaire d�nonce les tracasseries de la pr�fecture et tente de mobiliser l�opinion en faveur de ces sans-papiers.

De fait, la solidarit� prend de l�ampleur dans la France toute enti�re et pourrait bien rev�tir un aspect massif d�s l�automne prochain.

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s