Quand George Bush r�ve de r�gner sur l�Afrique
Jul 10, 2003
Auteur: L'investigateur

R�ve d�aide ou r�ve d�imp�rialisme� Le pr�sident Bush a commenc� son voyage par l��le de Gor�e, l��le d�o� partaient les Africains razzi�s en Afrique pour servir d�esclaves en Europe ou dans les colonies am�ricaines. Un symbole d�espoir ou un symbole de continuation ?

C�est � la "porte du non-retour" de l'�le de Gor�e, par laquelle sont pass�s de nombreux Africains envoy�s vers les Am�riques en tant qu'esclaves, que le pr�sident Bush dit Le Texan a marqu� le d�but de sa tourn�e de cinq pays d'Afrique en affirmant : � Nous veillerons � ce que les pays africains soient des partenaires � part enti�re dans le commerce et dans la prosp�rit� du monde (...) une collaboration qui doit porter sur la d�fense de la paix et de la justice, l'att�nuation de la faim et la lutte contre le sida. �

Son message a donn� le ton de ce voyage alors qu'au nom de la R�publique du S�n�gal le pr�sident Abdoulaye Wade d�roulait le tapis rouge pour le pr�sident Bush, son �pouse Laura et l'une de leurs filles, Barbara, � leur arriv�e � Dakar le 8 juillet, premi�re journ�e d'une tourn�e de 5 jours en Afrique subsaharienne qui comprend des �tapes en Afrique du Sud, au Botswana, en Ouganda et au Nigeria.

Ce voyage �clair remplit la promesse que M. Bush avait faite en janvier dernier lorsqu'il avait d� annuler un voyage en Afrique � cause de la guerre qui se profilait en Irak. Le secr�taire d'�tat, M. Colin Powell, la conseill�re du pr�sident en mati�re de s�curit� nationale, Mme Condoleezza Rice, et le secr�taire d'�tat adjoint pour les affaires africaines, M. Walter Kansteiner, accompagnent le pr�sident.

Les repr�sentants officiels du gouvernement ont expliqu� que l'allocution que M. Bush a prononc�e sur l'�le de Gor�e refl�tait les points importants � l'ordre du jour des discussions qu'il aura avec les responsables africains : le VIH/sida, le r�glement des conflits, notamment au Liberia ; la d�mocratie ; et le secteur priv� en tant que moteur du changement sur le continent africain.

Si le pr�sident Bush a fait �tape � Dakar, c'est en partie pour rendre hommage � la stabilit� du S�n�gal et � la gestion progressive des affaires de l'�tat par le pr�sident Abdoulaye Wade, que la Maison-Blanche cite en exemple pour les autres pays d'Afrique. Apr�s de br�ves allocutions � l'a�roport international L�opold Senghor, les deux chefs d'�tat se sont rendus au Palais pr�sidentiel aux fins d'entretiens.

Le pr�sident Wade incarne aussi une r�ponse � am�ricaine � aux probl�mes africains lorsqu'il s'agit des r�formes visant l'�conomie de march� que le gouvernement Bush pr�ne pour l'Afrique. De ce fait il marque aussi une rupture avec l�omnipr�sence fran�aise dans cette r�gion du monde. Il est l'un des chefs d'�tat � l'origine de la mise sur pied du Nouveau Partenariat pour le d�veloppement africain (NEPAD) qui offre des avantages aux nations qui s'efforcent de lib�raliser leur �conomie et d'instituer une plus grande transparence dans la gestion des affaires de l'�tat.)

Dans le Salon de la musique du palais, les pr�sidents Bush et Wade ont retrouv� les pr�sidents Mathieu K�r�kou du B�nin, Pedro Pires du Cap-Vert, Yahya Jammeh de la Gambie, John Kufuor du Ghana, Amadou Toumani Tour� du Mali, Mamadou Tandja du Niger et Ahmad Tejan Kabbah de Sierra Leone afin d'�voquer diverses questions ayant trait � l'Afrique occidentale, notamment la situation au Liberia.

En juin 2001, moins de trois mois avant les attaques terroristes contre le World Trade Center � New York et le Pentagone, M. Bush avait eu des entretiens semblables avec plusieurs chefs d'�tat africains, y compris avec le pr�sident Wade, dont le th�me avait �t� la d�mocratie.

� la suite de sa r�union avec les chefs d'�tat d'Afrique occidentale, les journalistes locaux ont interrog� le pr�sident Bush � propos de sa position concernant le Liberia, questions auxquelles il a r�pondu par son leitmotiv : � Charles Taylor doit partir. � Et d'ajouter : � Nous avons eu des discussions positives � propos du Liberia. Le pr�sident du Ghana est � la t�te de la CEDEAO (Communaut� �conomique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) et je lui ai dit que nous participerions avec la CEDEAO � � une op�ration de maintien de la paix qui aurait l'appui de l'ONU.

� la question de savoir si un d�ploiement de soldats am�ricains �tait envisag�, M. Bush a r�pondu : � Nous sommes en train de voir ce qu'il est n�cessaire de faire pour maintenir le cessez-le-feu et permettre un transfert pacifique du pouvoir. �

M. Bush et sa d�l�gation se sont ensuite rendus au port de Dakar o� ils sont mont�s � bord du yacht pr�sidentiel en vue de la visite de l'�le de Gor�e. Situ�e � l'extr�mit� occidentale du continent africain, l'�le symbolise le � point de non-retour � pour des millions d'Africains envoy�s comme esclaves vers le continent am�ricain entre le XVIe et le XVIIIe si�cles.

L�, M. Bush et son �pouse ont visit� la Maison des esclaves, qui avait �t� construite par les Hollandais en 1776, l'ann�e m�me de l'ind�pendance des �tats-Unis, et y ont vu la "porte du non-retour" par laquelle les esclaves africains pouvaient jeter un dernier regard sur leur patrie avant d'�tre emmen�s vers les n�griers qui les attendaient pour ce voyage fatidique � destination des Am�riques.

Sur la place du gouvernement, M. Bush a �voqu� les liens compliqu�s qui unissent les �tats-Unis et l'Afrique. � � cet endroit, la libert� et la vie furent vol�es et vendues. Des �tres humains furent livr�s et tri�s, pes�s et marqu�s du sceau d'entreprises commerciales, et embarqu�s comme de la marchandise pour un voyage sans retour. L'une des plus importantes migrations de l'histoire �tait aussi l'un des crimes les plus graves de l'histoire �, a-t-il dit.

� Les �tats-Unis, a-t-il ajout�, une r�publique fond�e sur l'�galit� pour tous devint une prison pour des millions (...). Pourtant, les Africains d'Am�rique ne perdirent pas leur �me. Ils contribu�rent � �veiller la conscience des �tats-Unis (...) Toutefois, quelle que soit la longueur de ce cheminement, notre destination est fix�e, � savoir la libert� et la justice pour tous.

� leur tour, a-t-il continu�, les Africains s'efforcent de surmonter les injustices politiques du pass� et la stagnation �conomique en indiquant clairement "que la dictature ne fait pas partie de l'avenir des pays de ce continent (...) De nombreux dirigeants visionnaires africains, tels que mon ami (le pr�sident Abdoulaye Wade), comprennent le pouvoir de la libert� �conomique et politique pour faire progresser des pays entiers et pour �laborer des plans audacieux de d�veloppement de l'Afrique

� une �poque o� les �changes commerciaux s'accroissent � travers le monde, nous veillerons � ce que les pays africains soient des partenaires � part enti�re dans le commerce et dans la prosp�rit� du monde. Face � la violence et aux ravages de la guerre civile, nous serons ensemble pour d�fendre la paix. Face aux terroristes impitoyables qui menacent tous les pays, nous m�nerons une campagne implacable en faveur de la justice. Face � la famine, nous ferons preuve de compassion et fournirons les outils de la technologie. Face � la propagation du sida, nous nous joindrons � vous pour lutter contre cette pand�mie en Afrique �, a-t-il promis.

De retour sur la terre ferme, M. Bush et sa d�l�gation se sont rendus � l'a�roport Senghor afin d'embarquer � bord de l'avion pr�sidentiel, Air Force One, et s'envoler pour leur prochaine �tape : Pretoria.

Monsieur le Pr�sident et Madame Wade, �minents invit�s, habitants de l'�le de Gor�e, citoyens du S�n�gal, c'est un grand honneur pour moi de commencer ma visite en Afrique par votre beau pays.
Pendant des centaines d'ann�es, sur cette �le, des gens de divers continents se sont retrouv�s dans la crainte et la cruaut�. Aujourd'hui, nous nous rassemblons dans le respect et l'amiti�, conscients des injustices du pass� et r�solus � promouvoir la libert� des hommes.

� cet endroit, la libert� et la vie furent vol�es et vendues. Des �tres humains furent livr�s et tri�s, pes�s et marqu�s du sceau d'entreprises commerciales, et embarqu�s comme de la marchandise pour un voyage sans retour. L'une des plus importantes migrations de l'histoire a aussi �t� l'un des crimes les plus graves de l'histoire.

Sous le pont des navires, dans la cale torride, �troite et sans lumi�re, c'�tait le cauchemar : des semaines, des mois de claustration, de violence et de confusion sur une mer inconnue et solitaire. Certains refus�rent de se nourrir, pr�f�rant la mort � tout avenir que leurs ravisseurs eussent pu leur pr�parer. Certains, malades, furent jet�s par-dessus bord. D'autres se rebell�rent et, par leur violente mutinerie, r�ussirent � imposer un semblant de justice sur leur n�grier. De nombreux actes de d�fi et de bravoure ont �t� consign�s dans les registres, mais d'autres, innombrables, resteront � jamais inconnus.
Ceux qui surv�curent et r�ussirent � nouveau � fouler la terre ferme furent exhib�s, examin�s et vendus lors de ventes aux ench�res organis�es dans diff�rentes nations du continent am�ricain. Ils entr�rent dans des soci�t�s indiff�rentes � leur douleur et que leur travail non r�tribu� enrichissait. Il fut un temps, dans l'histoire de mon pays, o� un �tre humain sur sept �tait la propri�t� d'un autre �tre humain. En vertu de la loi, ils n'�taient consid�r�s que comme des articles commerciaux, n'ayant le droit ni de voyager, ni de se marier, ni de poss�der des biens. Et, comme les membres d'une m�me famille �taient souvent s�par�s, beaucoup ne purent m�me pas trouver le r�confort de souffrances partag�es.

Pendant 250 ans, la culture et la dignit� des captifs furent remises en cause. Pourtant, les Africains d'Am�rique r�ussirent � ne pas y perdre leur �me. Mais celle de leurs ravisseurs �tait corrompue. Des hommes insignifiants assum�rent les pouvoirs et les airs de tyrans et de ma�tres. Des d�cennies voire des si�cles de brutalit� impunie, de pers�cution, de viols engendr�rent l'engourdissement et le durcissement de la conscience. Des chr�tiens et des chr�tiennes refus�rent d'�couter les ordres les plus clairs de leur foi et ajout�rent l'hypocrisie � l'injustice. Une r�publique fond�e sur l'�galit� pour tous devint une prison pour des millions. Mais, ainsi que le dit un proverbe africain : � Aucun poing n'est assez gros pour cacher tout le ciel. �

Aux �tats-Unis, des esclaves africains apprirent les �vangiles et crurent au r�ve d�une terre promise de libert� qui contrastait singuli�rement avec la soci�t� am�ricaine. Des esclaves africains se mirent � croire en un Sauveur martyr et constat�rent qu'Il �tait bien plus � leur image qu'� celle de leurs ma�tres. Des esclaves africains entendirent les promesses retentissantes de la D�claration d'Ind�pendance et se pos�rent la question �vidente : � Pourquoi pas nous ? �.

L'ann�e de la fondation des �tats-Unis, un homme du nom d'Olaudah Equiano fut emmen� en esclavage aux �tats-Unis. Aucune des cruaut�s li�es � l'esclavage ne lui �chappa. Il s'�leva au-dessus de la pi�t� des esclavagistes de l'�poque pour voir un niveau plus �lev� de l'humanit�. "Dieu nous dit, �crit M. Equiano, que tant l'oppresseur que l'opprim� sont entre Ses mains. Et si ce n'est des pauvres, des c�urs
bris�s, des aveugles, des captifs, des meurtris que notre Sauveur parle, alors de qui parle-t-Il ?"

Au long des ann�es, les Afro-Am�ricains d�fendirent les id�aux de l'Am�rique en exposant les contradictions inh�rentes aux lois et aux coutumes du pays. Ils se battirent contre la soci�t� am�ricaine qui leu d�niait les droits les plus �l�mentaires en contradiction avec ce qui �tait �crit dans la Constitution selon laquelle les droits des Afro-Am�ricains n'�taient pas un don des d�tenteurs du pouvoir.

Parmi ces Am�ricains se trouvaient Phyllis Wheatley, qui fut tir�e de force de son domicile en Afrique occidentale en 1761, � l'�ge de sept ans. Aux �tats-Unis, elle devint po�te et le premier �crivain noir de renom de l'histoire de notre nation. Elle �crivit : "En chaque �me, Dieu a implant� un principe que nous appelons l'amour de la libert�. Il s'impatiente de l'oppression et aspire � la d�livrance."

Des esclaves qui s'�taient enfuis et qui portaient le nom de Frederick Douglass et de Sojourner Truth, des enseignants nomm�s Booker T. Washington et W.E.B. Dubois, et des pasteurs nomm�s Leon Sullivan et Martin Luther King ont r�clam� cette d�livrance.

� Leur lutte en faveur de l'�galit� s'est heurt�e � la r�sistance de maintes personnes puissantes. D'aucuns pensent que nous ne devons pas juger les manquements de ces derni�res selon les normes d'une �poque ult�rieure, a d�clar� George Bush. Et pourtant il y avait alors des hommes et des femmes qui consid�raient l'esclavage comme un p�ch� et qui l'appelaient comme tel.

Nous pouvons juger le pass� en fonction des principes du pr�sident John Adams, qui qualifia l'esclavage de "fl�au d'une ampleur colossale". Nous pouvons discerner des principes �ternels dans les actes de William Wilberforce, de John Quincy Adams, de Harriet Beecher Stowe et d'Abraham Lincoln. Ces hommes et ces femmes, noirs et blancs, br�laient de z�le pour d�fendre la libert�, et ils nous ont l�gu� une nation diff�rente et meilleure. Leur conception de la moralit� nous a incit�s, nous les Am�ricains, � examiner notre c�ur, � modifier notre Constitution et � enseigner � nos enfants la dignit� et l'�galit� de toute personne, quelle que soit sa race. Selon un plan connu de la seule Providence, les fils et les filles vol�s � l'Afrique ont contribu� � �veiller la conscience des �tats-Unis. Les personnes m�mes qui avaient �t� victimes de la traite des esclaves ont aid� � lib�rer les �tats-Unis.

Le cheminement de mon pays vers la justice n'a pas �t� facile et n'est pas fini. Le sectarisme d'ordre racial aliment� par l'esclavage ne s'est pas achev� avec la fin de l'esclavage ou de la s�gr�gation. Un grand nombre des questions qui troublent encore les �tats-Unis a leur origine dans l'exp�rience cruelle d'une �poque ant�rieure. Toutefois, quelle que soit la longueur de ce cheminement, notre destination est fix�e, � savoir la libert� et la justice pour tous.

Tout au long des si�cles, les �tats-Unis ont appris que la libert� n'�tait pas la possession d'une seule race. Nous savons avec tout autant de certitude que la libert� n'est pas non plus la possession d'une seule nation. Cette croyance dans les droits naturels de l'homme, dans l'id�e que la justice doit r�gner partout o� le soleil brille, guide les �tats-Unis dans le monde.

� l�aide de la puissance et des ressources qui leur ont �t� donn�es, les �tats-Unis cherchent � apporter la paix l� o� s�vit un conflit, l'espoir l� o� se manifestent des souffrances et la libert� l� o� r�gne la tyrannie. Ces engagements m'ont amen�, ainsi que des membres �minents de mon gouvernement, � traverser l'Atlantique pour venir en Afrique.

Les peuples africains �crivent maintenant leur propre histoire de la libert�. Les Africains ont fait face � l'arrogance des puissances coloniales, mis fin aux s�vices de l'apartheid et indiqu� clairement que la dictature ne faisait pas partie de l'avenir des pays de ce continent. Ce faisant, l'Afrique a donn� naissance � des h�ros de la lib�ration, des dirigeants tels que Nelson Mandela, L�opold Senghor, Kwame Nkrumah, Jomo Kenyatta, Hail� S�lassi� et Anouar Sadate. De nombreux dirigeants visionnaires africains, tels que mon ami (le pr�sident Abdoulaye Wade), comprennent le pouvoir de la libert� �conomique et politique pour faire progresser des pays entiers et pour �laborer des plans audacieux de d�veloppement de l'Afrique.

Les Africains et les Am�ricains partagent le m�me attachement aux valeurs de la libert� et de la dignit�, et il s'ensuit que nous devons �uvrer de concert en faveur de l'adoption de ces valeurs. � une �poque o� les �changes commerciaux s'accroissent � travers le monde, nous veillerons � ce que les pays africains soient des partenaires � part enti�re dans le commerce et dans la prosp�rit� du monde. Face � la violence et aux ravages de la guerre civile, nous serons ensemble pour d�fendre la paix. Face aux terroristes impitoyables qui menacent tous les pays, nous m�nerons une campagne implacable en faveur de la justice. Face � la famine, nous ferons preuve de compassion et fournirons les outils de la technologie. Face � la propagation du sida, nous nous joindrons � vous pour lutter contre cette pand�mie en Afrique.

Nous savons qu'il est possible de relever ces d�fis, car l'histoire s'oriente dans le sens de la justice. Le fl�au de l'esclavage a �t� accept� pendant des si�cles sans que l'on s'y oppose, et pourtant le c�ur humain n'a finalement plus pu le tol�rer. Dans tout homme et toute femme, il existe une voix de la conscience et de l'espoir qui ne sera pas �touff�e, ce que Martin Luther King a appel� une certaine forme de flamme qu'aucune eau ne peut �teindre. Cette flamme n'a pas pu �tre �teinte dans la prison de Birmingham, tout comme dans la prison de Robin Island. On l'a vue dans l'obscurit�, ici m�me dans l'�le de Gor�e, o� aucune cha�ne n'a pu �treindre l'�me. Cette flamme fougueuse de la justice continue de br�ler dans les affaires des hommes et elle nous �claire la voie. �

Un tel discours plein de g�n�rosit� constitue indubitablement un formidable appel � l�Afrique. La question qui se pose est de savoir si les �tats-Unis ne sont pas en train de bousculer la vieille Europe sur son terrain post-colonial afin d�y �tablir des normes commerciales qui lui permettront de s�implanter durablement quitte � condamner les peuples � la mis�re.

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s