Tch�tch�nie : l'Europe soutient "les efforts de la Russie" pour la paix
Jun 2, 2003
Auteur: L'investigateur

Les travaux du sommet Russie-Union Europ�enne, r�unissant le pr�sident russe Vladimir Poutine et 25 dirigeants de l'Union �largie, ont permis � l�Europe d�accoucher un texte qui par son cynisme vaut bien les accords de Munich.

L'Union europ�enne "continuera � soutenir les efforts de la Russie visant au retour de la paix en Tch�tch�nie", a d�clar� samedi le premier ministre grec, Constantin Simitis, � l'ouverture du sommet UE-Russie � Saint-P�tersbourg. "L'Union europ�enne continuera � soutenir les efforts des dirigeants russes vers la r�alisation d'une politique visant au retour de la paix, � la protection des droits de l'homme ainsi qu'� la reconstruction sociale et �conomique", a affirm� M. Simitis, dont le pays pr�side l'UE. "Le r�cent r�f�rendum combin� � l'amnistie vot�e est un important pas en avant", a-t-il ajout�.
Et on passe � la trappe les tortures, les disparitions, les ex�cutions.

Les repr�sentants europ�ens ont fait mine de croire � l�amnistie propos�e aux � rebelles �. Seule note un peu discordante, le premier ministre n�erlandais Jan Peter Balkenende est intervenu pour �voquer le cas du travailleur humanitaire n�erlandais Arjan Erkel, enlev� au Daguestan en ao�t 2002. Un cas douloureux para�t-il.
En r�ponse, le pr�sident russe Vladimir Poutine, fin politique, s'est d�clar�"reconnaissant pour votre estimation positive du r�f�rendum en Tch�ch�nie". "Nous travaillons activement sur l'accord de partage des comp�tences entre la r�publique et le centre f�d�ral, dans le but de proposer � la Tch�tch�nie la plus large autonomie dans le cadre de la Constitution de la F�d�ration de Russie et de la constitution r�cemment adopt�e en Tch�tch�nie par referendum", a-t-il ajout�. "Nous avons adopt� en premi�re lecture la loi sur l'amnistie et le processus du r�glement politique sera poursuivi ainsi que la transmission des t�ches de s�curit� aux organes de l'ordre r�cr��s en Tch�tch�nie m�me", a poursuivi M. Poutine. "Pour Arjan Erkel, c'est une manifestation du terrorisme auquel se heurtent aussi d'autres pays. Nous poursuivons nos efforts de recherche", a-t-il conclu.

Jacques Chirac s'est, quant � lui, prononc� pour un assouplissement du r�gime de visas pour les Russes voyageant dans l'Union europ�enne, ainsi que pour les Europ�ens qui se d�placent en Russie. "En attendant que les conditions d'un r�gime de libre circulation soient r�unies, explorons ensemble les moyens d'assouplir fortement les conditions de d�livrance des visas pour faciliter les �changes �conomiques et culturels pour les jeunes en g�n�ral et pour les �tudiants en particulier", a affirm� M. Chirac, intervenant apr�s M. Poutine qui a reproch� � l'UE d'�lever un "nouveau mur de Schengen" face � son pays.

"La France est favorable � l'objectif � terme d'une libre circulation des citoyens russes dans l'UE et des citoyens de l'UE en Russie. C'est un objectif conforme � l'id�e que nous nous faisons tous d'un continent sans lignes de partage", a soulign� le pr�sident fran�ais. "Au moment o� l'UE s'�largit � dix nouveaux membres, il est de notre responsabilit� de r�pondre avec ambition au choix historique qu'a fait le pr�sident Poutine en faveur de l'Europe et du partenariat euroatlantique", a relev� M. Chirac. "Nous devons promouvoir un partenariat privil�gi� entre l'UE et la Russie. L'UE doit soutenir la Russie dans son programme de r�formes. La g�ographie et l'histoire comme les valeurs que nous partageons doivent nous inciter � acc�l�rer encore toutes les dynamiques d'int�gration de l'Union et de la Russie", a-t-il dit.

Le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, toujours � l�aise lorsqu�il s�agit d��largir les possibilit�s offertes � une quelconque mafia, a �voqu� sa vision d'une grande Europe comprenant la Russie, ajoutant que la ville natale du pr�sident Poutine n'�tait plus "une fen�tre, mais une porte" donnant sur l'Europe. M. Berlusconi a � plusieurs reprises tutoy� M. Poutine, mettant en relief sa relation personnelle avec le pr�sident russe. Il est vrai que tous deux ont en commun d�avoir �t� soutenu dans leur irr�sistible ascension par leurs mafias respectives.

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