Des sp�cialistes am�ricains et fran�ais se penchent sur la crise en RDC
Jun 12, 2003
Auteur: L'investigateur

La lune de miel se l�verait-elle sur les relations entre Fran�ais et Am�ricains ? Si la France reste toujours sur la touche au Moyen-Orient, les �tats-Unis ont accept� de laisser la France organiser l�envoi de militaires au Liberia et au Congo afin de tenter d�emp�cher les tueries interethniques. Pour preuve de cette coop�ration qui voie les Am�ricains s�installer comme nouvelle force d�terminante en Afrique, le 6 juin, se r�unissait une table ronde portant sur la crise en R�publique d�mocratique du Congo (RDC). Elle �tait organis�e par le Holocaust Memorial Museum (Mus�e en m�moire de l'Holocauste). Des africanistes fran�ais et am�ricains sont arriv�s � la conclusion que seule une r�organisation compl�te du gouvernement de la R�publique D�mocratique du Congo permettrait d'�viter d'autres tueries dans la partie orientale de ce pays.

Etant d'avis que les initiatives internationales en faveur de la paix en RDC sont insuffisantes, les sp�cialistes am�ricains, Alan Eastham, John Prendergast et George Rupp, se sont joints � Bertrand Lortholary, conseiller pour les affaires africaines � l'ambassade de France � Washington, pour �voquer les possibilit�s de solutions � la crise politique et sociale qui s�vit depuis tant d'ann�es dans ce pays.

Les participants � la discussion sont tomb�s d'accord sur au moins deux points. Primo, et un rien faux-cul, ils estiment qu'il appartient au peuple congolais et � lui seul de rechercher la paix et, secundo, que les membres de la communaut� internationale doivent �uvrer de concert afin de faire de la paix une r�alit�. On ne sait pas si les intervenants ont �voqu� la puissance colossale des g�ants du p�trole et du diamant dans cette r�gion du monde.

M. Prendergast, ancien directeur des affaires africaines au Conseil national de s�curit� et conseiller sp�cial du d�partement d'�tat pour les questions li�es � la r�solution des conflits en Afrique, a qualifi� de "totalement inad�quats" les efforts mis en �uvre afin de r�tablir la paix dans l'est du Congo.

Pour m�moire, les �tats-Unis avaient fortement soutenu Laurent D�sir� Kabila lors de sa prise de pouvoir alors que la France aidait les fid�les du mar�chal Mobutu. Tout comme les �tats-Unis avaient aid� les Tutsis au Rwanda, au Burundi et leur �quivalent en Ouganda quand la France soutenait de mani�re souvent scandaleuse les Hutus.

Les combats se poursuivent dans l�est du Congo bien que les principales factions bellig�rantes aient sign� un accord sur le partage du pouvoir en d�cembre 2002. Selon l'International Rescue Committee (IRC), en raison de la lutte arm�e qui continue apr�s 34 ans d'une gestion gouvernementale pour le moins criticable par le dictateur Mobutu Sese Seko et ensuite par son successeur et rival Laurent Kabila, l'infrastructure en RDC est limit�e et les moyens sont insuffisants pour assurer les besoins fondamentaux de la population en mati�re de sant�, d'alimentation, d'eau, d'hygi�ne et d'�ducation.

Selon M. Rupp, directeur de l'IRC, "Ce dont le Congo a surtout besoin, c'est d'un gouvernement capable. La situation en RDC, qu'on la qualifie de g�nocide ou pas, est incontestablement la plus vaste catastrophe humanitaire de notre monde actuel. Elle exige que nous nous penchions tous dessus."

L'IRC estime � 3,3 millions le nombre de civils congolais qui sont morts depuis 1994 � cause de la guerre et de l'effondrement continuel de l'infrastructure sociale. Pour cette raison, les Nations unies, l'Union europ�enne et le gouvernement fran�ais participent � un processus de paix en RDC parrain� par la communaut� internationale.

Accommodant, M. Eastham, directeur du bureau du d�partement d'�tat charg� des affaires li�es � l'Afrique centrale, a d�clar� : "C'est une erreur d'essayer de r�soudre ces probl�mes un � un. On n'arrivera � rien. La formation d'un gouvernement provisoire en RDC est la seule fa�on de parvenir � une solution � long terme. Pour que cela r�ussisse, tous les �l�ments (Fran�ais, Europ�ens, etc.) doivent �uvrer de concert."

Le diplomate fran�ais, M. Lortholary s'est fait l'�cho des propos de M. Eastham, expliquant que les forces fran�aises ne seraient pas d�ploy�es seules et qu'elles n'entreraient en action qu'avec l'autorisation de l'ONU.

Il a insist� sur le fait que leur pr�sence serait temporaire et qu'elles quitteraient le pays le 1er septembre au plus tard.
L'action de la France a pour but de sauver des vies, a-t-il soulign�, mais pour que l'on consid�re que cette intervention a �t� un succ�s, une solution politique est indispensable, une solution � laquelle seraient parvenus les Congolais eux-m�mes.
Encore beaucoup de pain sur la planche.

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s