Censure politique, agressions envers les journalistes, impunit� : la situation de la libert� de la presse se d�grade en 2002, malgr� les engagements pris par les autorit�s suite aux pressions du Conseil de l'Europe.
L'ann�e a �t� marqu�e par une aggravation constante des violences physiques envers les journalistes, en particulier en province. Aucune enqu�te sur les assassinats et les disparitions de journalistes n'a abouti et les hauts responsables de l'�tat mis en cause dans ces affaires b�n�ficient toujours d'une impunit� totale. La r�forme du syst�me judiciaire, visant � �tablir l'ind�pendance de la justice vis-�-vis du pouvoir, n'est pas achev�e. Par ailleurs, les violations du droit d'informer se sont multipli�es � l'occasion des �lections l�gislatives du 31 mars.
Le Conseil de l'Europe et l'OSCE ont d�nonc� la couverture d�s�quilibr�e des programmes des diff�rents mouvements politiques par les m�dias pendant la campagne �lectorale.
De fait, l'audiovisuel et les agences de presse sont contr�l�s par l'entourage du pr�sident Koutchma. Les oligarques se sont m�me empar�s des m�dias r�gionaux, aux positions plus ind�pendantes, afin de les remplacer par des m�dias nationaux proches du r�gime. La majorit� des grandes cha�nes de t�l�vision du pays sont sous le contr�le du Parti des sociaux-d�mocrates r�unis, dirig� par le chef de l'administration pr�sidentielle Victor Medvedchuk, ou par le parti de l'Ukraine du travail, dirig� par le gendre du pr�sident Koutchma, Victor Pinchuk.
Ces deux partis envoient des recommandations aux journalistes des m�dias leur appartenant sur la mani�re de traiter l'information. Ces recommandations ont �t� rendues publiques le 4 septembre par le d�put� Oleg Rybachuk. Pr�s de 500 journalistes ont alors lanc� un manifeste contre la censure et entam� une gr�ve g�n�rale. Le 15 octobre, le pr�sident du Parlement, Volodymyr Lytvyn, a officiellement reconnu l'existence de la censure en Ukraine. D'apr�s un sondage du Centre ukrainien de recherche politique et �conomique, 62 % des journalistes affirment en avoir �t� victimes. Des audiences parlementaires sur la censure se sont ouvertes le 4 d�cembre et un texte r�glementant les relations entre la presse et le pouvoir est en projet.
Un journaliste tu�
Le 18 novembre 2002, Youri Smirnov, ministre ukrainien de l'Int�rieur, annonce que le corps d�couvert au B�larus le 30 octobre est celui de Mikha�lo Kolomiets, directeur de l'agence de presse Ukra�nski Novyny, pendu � un arbre dans la for�t de la ville de Molodechno. Le journaliste avait disparu le 21 octobre.
D'apr�s la police, il aurait quitt� l'Ukraine pour le B�larus le 22 octobre dans l'intention de se suicider. Les proches et les coll�gues du journaliste rejettent la th�se du suicide et consid�rent que la disparition de Mikha�lo Kolomiets pourrait �tre li�e � ses activit�s professionnelles et aux prises de position de son agence de presse, parfois critiques vis-�-vis du pouvoir en place. Ag� de 44 ans, il avait cr�� en 1997 l'agence de presse Ukra�nski Novyny, dont il poss�dait 50 % des parts. Le reste du capital appartient � l'Agence des technologies humanitaires, dirig�e par Valeriy Khorochkovskiy, un proche collaborateur du pr�sident Koutchma.
Une enqu�te criminelle est ouverte et le parquet g�n�ral ukrainien accepte la coop�ration d'un m�decin l�giste propos� par Reporters sans fronti�res, afin de d�terminer la cause de la mort du journaliste. Au 1er janvier 2003, l'enqu�te est en cours.
Nouveaux �l�ments sur deux journalistes tu�s avant 2002
L'enqu�te sur l'assassinat de G�orgiy Gongadze est loin d'�tre close, mais elle a connu de v�ritables progr�s en 2002. Pendant pr�s de deux ans, les autorit�s judiciaires ont fait obstruction � toute avanc�e de l'enqu�te, mais le nouveau parquet g�n�ral semble d�sormais dispos� � collaborer avec Reporters sans fronti�res dans la recherche de la v�rit�.
Jeune journaliste tr�s critique � l'�gard du pouvoir, G�orgiy Gongadze, r�dacteur en chef du journal en ligne pravda.com, avait disparu le 16 septembre 2000. Son corps, d�capit�, avait �t� retrouv� le 2 novembre 2000 aux environs de Kiev. Sa disparition est devenue une affaire d'�tat apr�s la diffusion, le 28 novembre 2000, d'enregistrements qui auraient �t� r�alis�s dans le bureau du Pr�sident et qui impliqueraient les plus hautes autorit�s de l'�tat.
Le 19 juillet 2002, le parquet g�n�ral ordonne une nouvelle expertise des enregistrements impliquant le Pr�sident et accepte une nouvelle analyse du corps de G�orgiy Gongadze avec la participation de sp�cialistes europ�ens. Le 5ao�t, le nouveau procureur g�n�ral, Sviatoslav Piskoun, accorde � Robert M�nard, secr�taire g�n�ral de Reporters sans fronti�res, la qualit� de repr�sentant l�gal des parties civiles.
Le 3 septembre, le procureur g�n�ral admet que des violations de la loi ont �t� commises au cours de l'enqu�te, reconna�t l'identit� du corps et la mort du journaliste par d�capitation. Le 10 septembre, le procureur g�n�ral annonce la mise en examen du procureur de Tarachtcha, la ville o� le corps du journaliste a �t� retrouv�, pour falsification du premier proc�s-verbal sur le corps de la victime et pour ne pas avoir proc�d� � l'identification du corps d�s sa d�couverte. Sergiy Belinskiy, l'enqu�teur de Tarachtcha, est �galement mis en examen pour falsification de documents.
� l'occasion du deuxi�me anniversaire de la disparition de Gongadze, le 16 septembre, Reporters sans fronti�res demande la possibilit� d'�tudier, avec l'aide d'un expert ind�pendant de son choix, l'int�gralit� des r�sultats des expertises pr�c�dentes ainsi que les textes les ordonnant. L'organisation demande �galement au parquet de proc�der � l'audition des quatre hommes identifi�s qui auraient suivi la victime les semaines pr�c�dant sa disparition.
Le m�me jour, avec le concours du r�seau Damocl�s et de l'Institut des Mass Medias, Myroslava Gongadze, la veuve de G�orgiy Gongadze, d�pose une plainte � la Cour europ�enne des droits de l'homme, mettant en cause l'obstruction du parquet au cours de l'enqu�te. En octobre, le secr�taire g�n�ral de Reporters sans fronti�res et le m�decin l�giste l'accompagnant examinent tous les documents relatifs aux expertises ant�rieures. Une nouvelle expertise du corps sera r�alis�e en Europe.
Le 11 juillet, la Cour supr�me d'Ukraine ordonne la r�ouverture de l'enqu�te sur l'assassinat d'Igor Alexandrov et la commission d'enqu�te parlementaire charg�e de l'affaire est renouvel�e. Le 18 novembre, l'enqu�te est confi�e au parquet de Donetsk et plac�e sous la responsabilit� de Youri Oudartsov, adjoint du procureur de la ville. Ce dernier avait prononc�, en 1997, le verdict interdisant � Igor Alexandrov d'exercer son m�tier. Le verdict avait �t� annul� en 1999 et Youri Oudartsov avait �t� sanctionn� pour faute professionnelle. Directeur g�n�ral de la t�l�vision TOR � Slaviansk (r�gion de Donetsk), Igor Alexandrov avait �t� agress� � coups de batte de base-ball le 3juillet2001. Hospitalis� avec un traumatisme cr�nien grave, il avait succomb� � ses blessures dans la matin�e du 7 juillet. L'assassinat d'Igor Alexandrov est vraisemblablement li� aux enqu�tes qu'il menait sur la corruption et le crime organis� dans la r�gion de Donetsk.
Deux journalistes incarc�r�s
Le 15 avril 2002, Oleg Liachko, r�dacteur en chef de l'hebdomadaire priv� Svoboda, est interpell� par la police de Tcherkassy (Centre), alors qu'il se pr�sente au parquet local pour r�pondre d'accusations de "diffamation envers un haut responsable du parquet". Le 23 avril, il est lib�r�, mais assign� � r�sidence, suite � l'intervention de l'ombudsman d'Ukraine et du rapporteur sur l'Ukraine de l'assembl�e parlementaire du Conseil de l'Europe, saisis par Reporters sans fronti�res. Le journaliste, particuli�rement critique envers le procureur g�n�ral Mihailo Potebenko, a �t� inculp� d'"abus de pouvoir", de "violation du principe de non-ing�rence dans la vie priv�e" et de "r�sistance aux forces de l'ordre". Le journaliste risque une amende de 50 � 100 fois son salaire ou une peine allant jusqu'� deux ans de prison ferme. Depuis deux ans, Oleg Liachko est r�guli�rement victime de poursuites judiciaires et de pressions de la part des autorit�s.
Vladimir Bojko, journaliste � l'hebdomadaire Salon Don i Bas de la r�gion de Donetsk (est du pays) et correspondant des sites Obkom.net et Ukrayina Kriminalnaya, est arr�t� du 25 juin au 5 juillet et accus� de fraude fiscale. Le journaliste est tortur� pendant sa d�tention. Le 21 ao�t, il est acquitt�. Le 27 ao�t, Vladimir Bojko conteste son acquittement pour "absence de preuve d'un quelconque crime" et demande que le verdict soit modifi�. Volodymyr Bojko interpr�te son interpellation comme une vengeance apr�s une s�rie d'articles sur la corruption dans les services fiscaux de la r�gion, publi�e dans Salon Don i Bas et dans des m�dias de Kiev dont le site Obkom.net.
Huit journalistes agress�s
Le 28 janvier 2002, Tatiana Goriatcheva, r�dactrice en chef du journal Berdiansk Delovoj, est agress�e pr�s de son domicile par un inconnu qui lui jette de l'acide chlorhydrique au visage. Elle souffre de br�lures au visage et risque de perdre la vue. D'apr�s la journaliste, son agression est li�e � un conflit opposant son journal � Anatoliy Antonovich Reznikov, le nouveau directeur du port de Berdiansk. Quelques jours avant l'agression, Berdiansk Delovoj avait refus� de faire para�tre un article compromettant pour Dimitri Bero, candidat aux �lections municipales, qu'Anatoliy Antonovich Reznikov avait demand� de publier. Le toxicomane, qui s'�tait d�clar� coupable de l'agression, revient sur sa d�position et d�clare avoir subi des pressions physiques et morales. Le 23 septembre, le tribunal de Berdiansk rejette les r�sultats de l'enqu�te sur l'agression de Tatiana Goriatcheva et demande l'ouverture d'une nouvelle enqu�te.
Dans la soir�e du 20 f�vrier, Olena Lytvynova, journaliste � Panorama Sevastopolia, est agress�e non loin de son domicile et gri�vement bless�e. La veille de l'agression, elle avait gagn� un proc�s en appel contre une entreprise qui l'avait poursuivie � la suite d'un article d�non�ant la pollution qu'elle engendrait. Selon la journaliste, son agression est li�e � la publication, le 8 f�vrier, de cet article.
Le 31 mars, Dmytro Brovkin et Stanislas Efremov, journalistes de la cha�ne de t�l�vision locale Khortytsia, sont brutalis�s et leur cam�ra est endommag�e par des membres de la police alors que les journalistes filment le d�compte des voix dans le cadre des �lections municipales de la ville de Zaporijjia. La cha�ne de t�l�vision Khortytsia est connue pour son opposition au maire de la ville, Olexandre Poliak, r��lu le 31 mars.
Le 28 ao�t, Olexandre Soumets, r�dacteur en chef de l'hebdomadaire Zmi�vsky Kourier, est pass� � tabac par quatre inconnus dans la cage d'escalier de l'immeuble abritant les locaux du journal dans la ville de Zmi�v. Zmi�vsky Kourier est connu pour ses critiques r�guli�res � l'�gard du chef de l'administration locale, Ivan Omeltchenko. Le journal avait notamment publi�, quelques jours auparavant, un article accusant les autorit�s locales de corruption et de blanchiment d'argent. D'apr�s Olexandre Soumets, le pouvoir local est responsable de cette agression.
Le 13 septembre, Petro Kobevko, r�dacteur en chef de l'hebdomadaire Tchas de la r�gion de Tchernivtsi (ouest du pays), est agress� dans son immeuble au gaz lacrymog�ne. Il suppose que son agression pourrait �tre li�e � la ligne �ditoriale du journal, oppos�e � la politique du gouverneur.
Le 12 octobre, Oleg Zavada, ancien journaliste pour la cha�ne de t�l�vision nationale UT-1 r�sidant au Canada et repr�sentant de l'International Press Institute (IPI), est frapp� par des policiers en civil � Kiev alors qu'il couvre une manifestation contre le pr�sident L�onid Koutchma. Hospitalis� pour une commotion c�r�brale, le journaliste est rapidement hors de danger. Une enqu�te a �t� ouverte pour "hooliganisme" et non pour entrave � une activit� journalistique. Le 24 octobre, Oleg Zavada porte plainte contre la police et, le 25 octobre, son agression est requalifi�e d'"abus de pouvoir" de la part de la police.
Dans la soir�e du 13 octobre, un homme tente de voler le sac de Natalia Feduchtchak, correspondante du quotidien am�ricain Washington Times, dans sa cage d'escalier. Le sac contenait un magn�tophone et une interview r�alis�e deux heures auparavant au sujet de ventes d'armes � l'Irak par l'Ukraine. La police refuse de se rendre sur les lieux de l'agression.
Cinq journalistes menac�s
Le 21 f�vrier 2002, Sergiy Cholokh, r�dacteur en chef de Radio Kontinent, re�oit des appels anonymes de menaces. Radio Kontinent, tr�s critique envers le pouvoir, est r�guli�rement victime de pressions de la part des autorit�s.
En mars, Zinaida Navrotska, r�dactrice en chef du journal Novyny Prubuzhzhia, re�oit des menaces t�l�phoniques anonymes. D'apr�s la journaliste, ces menaces seraient li�es � des articles critiquant les m�thodes du bloc propr�sidentiel et exprimant de la sympathie pour le camp du r�formiste Victor Iouchtchenko.
Le 11 juin, Vitaliy Vygolov, journaliste � Vostotchnyi proekt, d�clare avoir �t� menac� anonymement par t�l�phone. Il estime que ces menaces sont li�es � un article publi� le 16 mai, dans lequel il avait d�crit un accident de voiture caus�, selon un policier cit� dans l'article, par un �lu du Conseil r�gional de Donetsk (est du pays), Kostiantyn Machenkov.
Le 28 juin, Victor Vorotnikov, r�dacteur en chef du journal Grani, d�clare �tre menac� par Vassyl Sitar, un collaborateur des services secrets. Le journaliste pr�cise que ces menaces sont li�es � un article critiquant le secr�taire du Conseil national de s�curit� d'Ukraine, Evgeni Martchouk, et l'accusant d'�tre impliqu� dans une affaire de vente d'armes et d'�tre en relation avec l'ancien officier Mykola Melnichenko, qui avait enregistr� pendant plusieurs ann�es les conversations du pr�sident Koutchma. Cet article citait Vassyl Sitar comme une personne ayant aid� Mykola Melnichenko � quitter l'Ukraine en 2000.
Le 12 d�cembre, Tatiana Goriatcheva, r�dactrice en chef du journal Berdiansk Delovoj, d�clare avoir �t� menac�e de mort par des inconnus. Ces derniers, apr�s avoir attir� la journaliste hors des locaux de la r�daction, ont menac� de la tuer si elle continuait � enqu�ter sur l'agression dont elle avait �t� victime le 28 janvier 2002.
Pressions et entraves
Le 30 janvier 2002, Liudmyla Sentchenko, r�dactrice en chef de l'hebdomadaire Roubij, le journal du Parti socialiste d'Ukraine (PSU), Stepan Derkatche, r�dacteur en chef adjoint, et Leonid Sentchenko, journaliste, entament une gr�ve de la faim pour protester contre la non-publication � Chernihiv de leur journal par la seule imprimerie de la ville, Desnianska pravda.
Les journalistes d�noncent un cas de censure et r�futent la raison officielle donn�e par l'imprimerie qui �voque des raisons �conomiques et techniques.
Du 4 au 6 f�vrier, l'antenne de radio Nostalgie est coup�e � Marioupol (sud du pays), � l'occasion d'une r�paration de son support, r�alis�e � cette date sans motif valable. Seule l'antenne de Nostalgie est enlev�e du support, qui accueille par ailleurs d'autres antennes de t�l�vision et de radio. Le 28 f�vrier, Nostalgie avait diffus� une interview de Viktor Iouchtchenko, ex-Premier ministre et leader de la coalition "Nasha Ukraina", principal rival des forces propr�sidentielles aux �lections l�gislatives du 31 mars.
Le 6 f�vrier, le Conseil national de l'audiovisuel prive de fr�quence l'Association des t�l�visions de Pavlograd qui r�unit deux cha�nes priv�es, NPT et Fakt-Infos, et une cha�ne municipale, Pavlogradskiy Telesentr. L'Association fait appel de cette d�cision, ce qui lui donne le droit de continuer � travailler jusqu'� ce que la justice rende son verdict. Mais � compter du 21 octobre, la cha�ne de t�l�vision nationale ICTV, qui appartient au gendre du pr�sident Koutchma, utilise abusivement la fr�quence de l'Association des t�l�visions de Pavolgrad. Durant la campagne pour les �lections l�gislatives, les trois cha�nes de t�l�vision avaient soutenu des candidats de l'opposition.
Le 14 f�vrier, le Conseil national de l'audiovisuel supprime la fr�quence de la cha�ne de t�l�vision Khortytsia de la ville de Zaporyjjia (est du pays). Le 25 mars, le tribunal Chevtchenkovski de Kiev rend cette fr�quence � la cha�ne. Le 17 avril, la licence de la cha�ne lui est retir�e par le Conseil national de l'audiovisuel qui attribue la fr�quence de Khortytsia � une autre cha�ne de t�l�vision. Le 28 ao�t, Khortytsia fait appel de la d�cision du tribunal qui annule son certificat d'enregistrement le 24 juillet sous pr�texte que la cha�ne n'a pas inform� la mairie de son changement d'adresse dans les d�lais impartis. La cha�ne n'�met plus et son appel n'a pas encore �t� examin�. Lors des �lections l�gislatives, Khortytsia avait pris position contre le maire de la ville, Olexandre Poliak, et en faveur de son adversaire, Victor Kaltsev, propri�taire de la cha�ne, qui a perdu les �lections.
Le 15 f�vrier, 40 000 exemplaires d'un num�ro sp�cial du journal Azovskie Novosti sont confisqu�s par des inconnus dans les d�p�ts de l'entreprise Oftek � Marioupol. Le num�ro confisqu� contient un article sur la suspension de la radio Nostalgie et un compte rendu du s�jour � Marioupol du candidat � la pr�sidentielle et ex-Premier ministre Victor Iouchtchenko. Le 1er mars, le parquet local ouvre une enqu�te pour "disparition de biens communs" et non pour entrave aux activit�s journalistiques.
Le 20 f�vrier, des agents de l'administration fiscale de Kiev perquisitionnent sans mandat les locaux du journal en ligne Obkom, sp�cialis� dans l'information politique, et saisissent cinq ordinateurs et tous les dossiers administratifs et financiers. Cette perquisition pourrait �tre li�e � un r�glement de comptes avec le d�put� Olexandre Rjavskiy, �galement cofondateur de la banque Corall dans laquelle le journal a son compte. Le 25 mars, Obkom est contraint de fermer, car il ne peut plus honorer ses engagements financiers. Le 4mars, le r�dacteur en chef du journal en ligne, Sergiy Soukhobok, porte plainte contre l'administration fiscale, notamment pour entrave � l'activit� journalistique et violation du secret de la correspondance. Cette plainte est jug�e irrecevable le 25 octobre. Une proc�dure d'appel est en cours. Le 3 avril, Sergiy Soukhobok, est invit� par la police fiscale � un entretien " obligatoire " durant lequel on l'interroge sur ses collaborateurs et les sources d'information du journal. Le 7 novembre, Sergiy Soukhobok porte plainte contre le chef de l'administration fiscale, Mykola Azarov. Les ordinateurs et les documents administratifs n'ont toujours pas �t� restitu�s.
Le 4 mars, des employ�s de l'Inspection nationale de surveillance des fr�quences d�truisent une antenne de transmission de la cha�ne de t�l�vision priv�e Canal 5 � Nikopol (Sud-Est). D'apr�s le directeur de la cha�ne, Kostiantyn Liachtchenko, cette intervention ferait suite � la diffusion d'une �mission avec le chef de l'opposition, Victor Iouchtchenko, le 28 f�vrier. Le 17 janvier, le Conseil national de l'audiovisuel avait priv� la cha�ne de licence et transmis sa fr�quence � la cha�ne de t�l�vision nationale STB, contr�l�e par le gendre du pr�sident Koutchma, Victor Pinchuk. Le 25 janvier, Canal 5 avait port� plainte contre cette d�cision et avait �t� autoris� � continuer d'�mettre jusqu'� ce que le tribunal rende sa d�cision. Mais � partir du 5 mars, STB se met � diffuser sur la fr�quence de Canal 5.
Le 4 mars, tous les imprimeurs refusent de publier le journal Nikopolskie izvestia appartenant au groupe de presse Canal 5.
Dans la nuit du 13 mars, une voiture de la cha�ne de t�l�vision Canal 5 de Nikopol est incendi�e au cocktail Molotov. Des inconnus paralysent par ailleurs le travail de la radio Nikopolskie Vedomosti, appartenant au m�me groupe de presse, en coupant ses c�bles �lectriques. Le groupe de presse Canal 5, qui existe depuis 1988, est oblig� de cesser toutes ses activit�s.
Le 22 mars, la police sp�cialis�e dans la lutte contre le crime organis� perquisitionne les locaux de la cha�ne de t�l�vision priv�e Express-Inform, sans pr�senter aucun mandat. Les journalistes sont oblig�s de sortir des locaux, on leur interdit de t�l�phoner et une cam�ra est cass�e. Les dommages mat�riels sont �valu�s � 7 000 dollars. Peu de temps apr�s, la police reconna�t que cette intervention a �t� faite par erreur. Selon les journalistes d'Express-Inform, cet incident serait li� au fait que le pr�sident d'honneur de la cha�ne, Petro Porochenko, est le directeur de campagne �lectorale du bloc r�formateur "Notre Ukraine".
Le 23 mars, 107 000 exemplaires du journal Svoboda, dirig� par Oleg Liachko, sont d�rob�s dans le v�hicule de la maison d'�dition Respublika de la ville de Tcherkassy et jet�s dans une rivi�re par la police. Le chauffeur est frapp� et emmen� loin du v�hicule. Le journal publiait des articles critiques � l'�gard du pr�sident Koutchma et du procureur g�n�ral Mihailo Potebenko. Le 24 mars, des membres de la police saisissent 100 000 exemplaires de Svoboda. Ce num�ro contient une demande d'enqu�te de la part de plusieurs d�put�s au sujet de pots-de-vin que Mihailo Potebenko aurait per�us. Le 9 avril, Oleg Liachko est convoqu� comme t�moin au parquet Petchevsky de Kiev dans le cadre des poursuites engag�es contre la maison d'�dition Respublika. Le m�me jour, les locaux de Svoboda sont perquisitionn�s et de nombreux documents sont confisqu�s.
Le 27 mars, 115 000 exemplaires de l'�dition du journal 21 vek sont saisis � Lougansk. Les magistrats ont pr�sent� un mandat de saisie de biens indiquant que la r�daction du journal n'avait pas termin� de payer l'amende � laquelle elle avait �t� condamn�e en 2001, dans un proc�s intent� par un entrepreneur de la ville. D'apr�s les journalistes de 21 vek, le journal est saisi parce qu'il contient dix articles sur la corruption dans la r�gion de Lougansk, et cela quelques jours avant les �lections l�gislatives.
Dans la nuit du 29 au 30 mars, une grande partie des num�ros du journal Melitopolskie Vedomosti est saisie. Le tribunal estime que trois articles publi�s constituent de la "propagande" contre le bloc pro-Koutchma. D'apr�s le r�dacteur en chef, Mykha�lo Kumok, le tribunal veut prot�ger les int�r�ts des partisans du pr�sident Koutchma � la veille des �lections l�gislatives. Le journal porte plainte aupr�s du tribunal d'appel de la r�gion de Zaporijjia.
En mai, l'appel de Radio Kontinent, une station priv�e retransmettant des �missions de la Deutsche Welle, de la BBC et de Voice of America, est rejet�. La licence de Radio Kontinent avait �t� retir�e le 12 avril 2001 par le Conseil national de l'audiovisuel, qui avait attribu� sa fr�quence � Radio Onix. Le directeur de la station, Sergiy Cholokh, avait alors port� plainte contre cette d�cision, ce qui donnait le droit � la station de continuer � �mettre jusqu'au verdict du tribunal. � partir du 25 d�cembre 2001, Radio Onix avait commenc� � �mettre en d�pit de cette autorisation. En avril 2002, Radio Onix et Radio Kontinent concluent un accord � l'amiable leur permettant de diffuser respectivement sur les fr�quences 100.1 et 100.9. En juin, Radio Kontinent d�pose une plainte devant la Cour europ�enne des droits de l'homme (CEDH), avec l'appui du r�seau Damocl�s et de l'Institut des Mass Medias, pour retrouver sa licence. La CEDH d�clare la plainte recevable. Le 12 juillet, dans une lettre ouverte au Pr�sident, Sergiy Cholokh d�nonce les multiples pressions qu'il subit depuis le d�p�t de sa plainte, notamment de la part du Centre national du contr�le sur les fr�quences et de l'Inspection fiscale.
Le 17 juillet, la cour d'appel de Kiev confirme la d�cision de retirer la licence de la cha�ne de t�l�vision priv�e 1+1, accus�e de ne pas avoir pay� ses droits d'exploitation. Cette d�cision confirme l'annulation de la licence de la cha�ne, d�cid�e en f�vrier2002 par un tribunal municipal. Le directeur g�n�ral de la cha�ne, Olexandre Rodniansky, fait appel de cette d�cision, ce qui permet � la cha�ne de poursuivre provisoirement sa diffusion. Il estime que l'existence m�me de la cha�ne 1+1 d�range certaines forces politiques et groupes d'affaires, et accuse l'homme d'affaires Vadim Rabinovitch d'�tre � l'origine des poursuites contre la cha�ne, dont il aurait pr�c�demment voulu prendre le contr�le.
Au mois d'ao�t, la r�daction de la cha�ne de t�l�vision Efir-1, de la r�gion de Lougansk, pr�pare une plainte qu'elle souhaite d�poser devant la Cour europ�enne des droits de l'homme (CEDH), car elle ne parvient pas � faire appel de la d�cision de supprimer la cha�ne.
Le 5 juin 2001, la municipalit� avait d�cid� de fermer Efir-1 et attribu� sa fr�quence � une autre cha�ne le 1er novembre. Malgr� une gr�ve de la faim de certains journalistes de la cha�ne, le Conseil national de l'audiovisuel avait priv� la cha�ne de licence le 17 janvier 2002 et l'avait attribu�e � la cha�ne LKT. D'apr�s les journalistes, la municipalit� de Lougansk fait payer � la cha�ne le soutien apport� � l'ancien maire de la ville, Anatoliy Yagoferov, alors qu'il �tait pouss� � la d�mission en 2001.
Le 4 septembre, le d�put� Oleg Rybachuk rend publics des textes de recommandations anonymes re�us par des dirigeants de grands m�dias. Ces recommandations, identifi�es comme �manant de l'administration pr�sidentielle, invitent les journalistes � couvrir ou ne pas couvrir tel ou tel �v�nement et indiquent la mani�re dont ils doivent les traiter. Le 13 septembre, le Parlement, sous la pression de journalistes et de certains d�put�s, demande aux services secrets (SBU) d'identifier la provenance des recommandations re�ues par les journalistes.
Le 24 octobre, la police de Lviv investit les locaux du journal en ligne anty-teror.lv et exige que le disque dur de l'ordinateur contenant les archives lui soit remis. Le site avait publi�, le 16 octobre, un article sur une plainte d�pos�e contre le pr�sident Koutchma. Quelques jours plus tard, la journaliste Zoriana Ilenko re�oit une lettre de limogeage, alors que son contrat est effectif jusqu'au 31 octobre. Le site avait �t� cr�� par la direction de la police r�gionale de Lviv en janvier 2001, suite � une directive du gouvernement incitant � la cr�ation de sites d'information sur le travail de la police, les faits divers et les cas de disparition. Les journalistes r�cup�rent leur mat�riel le 25 octobre.
Le 24 octobre, Natalka Proudka, journaliste � la t�l�vision Express-Informs et � l'hebdomadaire Energobusiness, d�nonce publiquement les pressions qu'elle subit depuis quatre mois dans ses enqu�tes sur l'entreprise Energoatom. Le 22 octobre, l'attach� de presse de l'entreprise lui avait interdit l'acc�s � une conf�rence de presse. En juin, la journaliste avait d� quitter son poste � la cha�ne de t�l�vision STB suite � la diffusion d'un sujet sur Energoatom qui avait d�plu au pr�sident Koutchma.
Le 4 novembre, les journalistes de l'�mission "Kievien" annoncent qu'ils mettent fin � leur travail au sein de la cha�ne de t�l�vision Kiev pour protester contre la censure qui est exerc�e � l'�gard de leur �mission. Les dirigeants de la cha�ne avaient dress� une liste de douze personnalit�s d'opposition que les journalistes ne devaient pas inviter � leur �mission. "Kievien" est diffus�e pour la derni�re fois le 12novembre.
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