Le chancelier allemand, Gerhard Schr�der, a d�clar� jeudi qu'il attendait "des excuses" de la part du chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi pour son "d�rapage inacceptable" mercredi devant le Parlement europ�en.
Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, a d�rap� d�s le d�marrage de sa pr�sidence de l'Union europ�enne, sugg�rant � un eurod�put� allemand qui osait le critiquer de jouer "le r�le d'un kapo" dans un film sur les nazis. M. Berlusconi avait pourtant fait des efforts, promettant d'assurer ses nouvelles fonctions avec "humilit� et d�vouement". Puis il a d� faire face � de nombreux d�tracteurs, parmi lesquels le social-d�mocrate allemand Martin Schulz a d�clar� craindre que "le virus du conflit d'int�r�t italien soit transf�r� au niveau de l'Union europ�enne".
M. Schulz avait aussi estim� pendant le d�bat que l'immunit� parlementaire de Silvio Berlusconi aurait d� �tre lev�e lorsqu'il �tait d�put� europ�en, � la fin des ann�es 1990, comme le demandait le juge espagnol Baltasar Garzon dans une affaire de corruption concernant une cha�ne de t�l�vision espagnole. "Si la pr�sidente Nicole Fontaine (la pr�c�dente pr�sidente fran�aise du Parlement europ�en) n'avait pas tant tard� (...) l'immunit� parlementaire aurait �t� lev�e", a estim� M. Schulz.
Lors de sa r�ponse aux parlementaires, M. Berlusconi s�est montr� sous son vrai jour :inintelligent, arogant, et tournant le dos � tous les principes de l�Union europ�enne. Il a trait� ses accusateurs de "touristes de la d�mocratie". S'adressant nomm�ment � M. Schulz, il lui a expliqu� qu'en Italie "un producteur est en train de faire un film sur les camps de concentration nazis". "Je vous proposerai comme kapo", a ajout� M. Berlusconi, suscitant des protestations imm�diates dans l'h�micycle du Parlement.
Le pr�sident du Parlement, Pat Cox, a aussit�t r�agi, estimant que le chef du gouvernement italien s'�tait "autoris� � aller au-del� des r�gles de courtoisie �l�mentaires". Sous les applaudissements, M. Schulz a fustig� "l'inacceptable perte de sang-froid" de M. Berlusconi qui, invit� � son tour � reprendre la parole, a refus� de pr�senter ses excuses. "Je trouve insupportable qu'un homme comme lui, confront� � une controverse minime (...) tombe dans une col�re pareille, a ajout� M. Schulz devant quelques journalistes. L'Union europ�enne doit faire tr�s attention parce que pendant les six prochains mois elle sera dirig�e par un homme impr�visible."
Le pr�sident du groupe socialiste, Enrique Baron Crespo, a exig� en s�ance que le pr�sident du conseil italien "retire ses propos par respect des valeurs que nous partageons tous". "C'est une insulte aux valeurs fondamentales de l'Union europ�enne", a-t-il d�clar�.
Lors de la conf�rence de presse qui a suivi, Silvio Berlusconi a assur� que sa remarque � M. Schulz �tait empreinte d'"ironie" et ne constituait "absolument pas une offense". Selon lui, cette remarque �tait "inventive" et "appropri�e". Il a estim�, avec sa modestie coutumi�re, qu'on s'en prenait � travers lui � l'ensemble du "peuple italien". M. Berlusconi a ensuite tent� de limiter les d�g�ts � la fa�on d�un Raffarin. "Je m'excuse si j'ai offens� la sensibilit� historique du peuple allemand", a-t-il d�clar� dans l'apr�s-midi lors d'une r�union avec les �lus du Parti populaire europ�en (PPE, conservateurs).
La v�rit� est que l�Europe ne sort pas grandi de la pr�sidence d�un homme qui a eu partie li�e avec certains capi de la mafia pour obtenir un pouvoir sans limite. Produit hybride du capitalisme le plus vulgaire et de m�thodes qui n�ont rien � envier � un Mussolini dont il copie souvent les attitudes grotesques, Berlusconi est un non-sens d�mocratique. Il serait bon qu�il se retir�t de toutes les affaires qu�elles soient politiques ou �conomiques. Il est un cancer qui pourrait fort bien tuer et l�Italie et l�Europe.
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