Le pr�sident lituanien sous la menace d'une destitution
Dec 9, 2003
La justice se penche sur la constitutionnalit� d'un d�cret pr�sidentiel de naturalisation de l'homme d'affaire d'origine russe Jurijus Borisovas, personnalit� importante du scandale et principal soutien financier de la campagne �lectorale de M. Paksas, �lu il y a � peine un an.


Ce dernier, accus� par les services de s�curit� int�rieure de trafic d'armes ill�gal avec le Soudan, est �galement l'objet d'une enqu�te judiciaire sur les activit�s de sa firme d'h�licopt�res Avia Baltica.

Devant la cour, M. Paksas a affirm� durant la demi-heure o� il �tait interrog� qu'il n'avait pas viol� la constitution et les lois en naturalisant le 11 avril dernier M. Borisovas.

"Je n'avais aucune information officielle qui aurait pu m'amener � ne pas prendre une telle d�cision", a-t-il d�clar� sans dire clairement s'il �tait au courant de cette enqu�te.

Raimondas Sukys, avocat et membre du groupe parlementaire � l'origine du recours devant la cour constitutionnelle, a soulign� qu'"on ne pouvait accorder � quelqu'un le privil�ge de la citoyennet� que pour des services exceptionnels rendus au pays" et qu'en l'occurence les services en questions ne sont "pas clairs".

M. Sukys est membre d'un comit� charg� de r�diger un texte de destitution du pr�sident, � la suite de l'adoption mardi, par une large majorit� des parlementaires, d'un rapport stipulant qu'il y avait menace sur la s�curit� de l'Etat � cause de liens entre la pr�sidence et la mafia.

Malgr� le d�clenchement de ce processus, l'entourage de M. Paksas assurait jusqu'ici que celui-ci poursuivait les pr�paratifs de sa visite pr�vue le 8 d�cembre aux �tats-Unis o� il devait rencontrer le pr�sident George W. Bush. Il y a cependant renonc� jeudi matin.

"Le pr�sident a eu diff�rents signaux � la fois des �tats-Unis et de Lituanie, et tous ne sont pas tr�s positifs", d�clarait mercredi Eitvydas Bajarunas, un conseiller du pr�sident pour les affaires internationales.

L'ambassade des �tats-Unis � Vilnius a pr�cis� que le report avait �t� d�cid� par le pr�sident lui-m�me. "Nous la respectons. Nous en informerons notre gouvernement", a d�clar� le porte-parole Anthony Pagihian, cit� par l'agence balte BNS.

Mais au minist�re des Affaires �trang�res, un diplomate qui a requis l'anonymat confiait mercredi � l'AFP que la conseill�re de M. Bush pour la s�curit� nationale, Condoleezza Rice, avait indiqu� que M. Paksas devrait envisager un report de sa visite et que la Maison Blanche comprendrait une telle d�cision.

Pour Raimundas Lopata, directeur de l'Institut des relations internationales et politiques de Vilnius, la d�cision du pr�sident "montre qu'il a finalement compris qu'une telle visite n'aurait pas de sens".

D�termin� jusqu'ici � se battre en affirmant clairement qu'il ne d�missionnera pas, M. Paksas a finalement l�ch� sur ce voyage.

Les accusations contre la pr�sidence sont accablantes, et �taient d'abord contenues dans un rapport de la s�curit� int�rieure remis fin octobre au Parlement. Ce dernier a cr�� ensuite une commission pour d�terminer s'il y avait menace sur la s�curit� de l'Etat. Ses conclusions le confirment.

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