PARIS (AP) - Entendu r�cemment comme t�moin dans l'enqu�te sur les ventes d'armes vers l'Angola, l'ancien ministre de la D�fense Fran�ois L�otard a d�nonc� la "diplomatie parall�le" de Charles Pasqua, ministre de l'Int�rieur de 1993 � 1995, dans ce dossier, a-t-on appris vendredi de sources judiciaires.
Convoqu� le 14 novembre dernier par le juge d'instruction parisien Philippe Courroye, M. L�otard a soutenu n'avoir "absolument pas �t� inform�" de la vente d'armes au r�gime angolais d'Eduardo dos Santos, alors en guerre contre l'UNITA de Jonas Savimbi, a-t-on pr�cis� de m�mes sources.
Selon "Le Monde", M. L�otard a dit au juge avoir trouv� "tr�s choquant qu'on ait livr� ce type de mat�riel (...) � l'insu du gouvernement fran�ais et � l'encontre de sa position diplomatique". "Il faudrait �valuer le nombre de morts qu'ont pu g�n�rer ces armes", a ajout� l'ancien ministre du gouvernement Balladur, selon le quotidien du soir qui cite de larges extraits de son audition.
M. L�otard s'en est notamment pris � Charles Pasqua, qui "avait une volont� de g�rer des affaires qui �taient �trang�res � son domaine". Selon "Le Monde", il a �galement critiqu� l'ancien conseiller de M. Pasqua, Jean-Charles Marchiani, qu'il a refus� � l'�poque de nommer � la t�te de la DGSE.
Quant � une lettre adress�e par l'ancien h�te de la place Beauvau � l'ONU, �voquant une "mission difficile" de M. Marchiani en Angola, M. L�otard l'a qualifi�e de "diplomatie parall�le". "Il est �vident que ce genre de d�marches ne rentrait pas dans les attributions de M. Pasqua", a-t-il dit au juge.
Le terme de "diplomatie parall�le" avait d�j� �t� employ� par l'ancien Premier ministre Edouard Balladur et l'ancien ministre des Affaires �trang�res Alain Jupp�, lors de son audition en janvier dernier par le juge.
"Si j'avais �t� inform� de tels agissements, j'aurais manifest� mon opposition � ces livraisons d'armes contraires � la position officielle de la France", avait notamment affirm� M. Jupp�.
Charles Pasqua est mis en examen depuis le 29 mai 2001 pour "recel d'abus de biens sociaux" et "trafic d'influence" dans l'enqu�te sur les ventes d'armes � l'Angola par l'homme d'affaires Pierre Falcone. Jean-Charles Marchiani, Jean-Christophe Mitterrand ou Paul-Loup Sulitzer sont �galement poursuivis dans ce dossier.
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