Les autorit�s am�ricaines et britanniques ont alert� leurs ressortissants, mardi 2 d�cembre, du risque d'attentats dans plusieurs pays. La Grande-Bretagne, le Kenya et l'Arabie saoudite seraient plus particuli�rement vis�s par les terroristes.
En Grande-Bretagne, quatorze personnes ont �t� arr�t�es mardi dans le cadre d'un vaste coup de filet antiterroriste, alors que l'hypoth�se d'un attentat sur le sol britannique, � l'approche des f�tes de fin d'ann�e, est d�sormais ouvertement �voqu�e par les autorit�s. Jusqu'au plus haut niveau de l'Etat, on ne cache plus, en effet, que la Grande-Bretagne pourrait �tre la prochaine cible des terroristes, apr�s les attentats commis � Istanbul le 20 novembre contre des int�r�ts britanniques, en l'occurrence le consulat du Royaume-Uni et le si�ge de la banque HSBC.
"Ces gens (les terroristes) n'ont pas de scrupules et n'h�sitent pas � prendre la vie de personnes innocentes, � tuer le plus de gens possible", a lui-m�me mis en garde Tony Blair, mardi lors de sa conf�rence de presse mensuelle, appelant ses concitoyens � la "vigilance". Le niveau d'alerte en Grande-Bretagne contre d'�ventuelles attaques terroristes a �t� requalifi� � la mi-novembre, passant "d'important" � "grave", soit le deuxi�me niveau le plus �lev�.
S'exprimant lors d'une conf�rence, dimanche, le maire de Londres, Ken Livingstone, n'avait rien fait pour apaiser les craintes de ses administr�s, assurant que "quatre attentats en pr�paration et destin�s � tuer et causer le chaos dans la ville ont �t� enray�s". Ken "le rouge", connu pour son franc-parler, s'�tait cependant refus� � donner la moindre pr�cision sur la nature des attentats programm�s.
En Afrique, c'est le Kenya qui pourrait �tre vis� par les terroristes. Le d�partement d'Etat am�ricain et les services des Nations unies � Nairobi ont lanc� mardi des alertes sur de possibles attaques-suicides mercredi matin dans la capitale kenyane. Deux b�timents dans le centre-ville ont par ailleurs �t� �vacu�s pendant quelques heures mardi pour des raisons de s�curit� apr�s avoir re�u des alertes � la bombe. "Deux importantes missions diplomatiques ont dit avoir re�u des informations cr�dibles sur d'�ventuelles attaques-suicides � Nairobi mercredi matin visant deux grands h�tels, le Stanley et le Hilton", indique un message du service de s�curit� de l'ONU de Nairobi, sans autre pr�cision.
Le d�partement d'Etat am�ricain a aussi averti ses citoyens r�sidant au Kenya d'une �ventuelle menace d'attaques "les prochains jours", selon son site Internet. Le porte-parole de l'ambassade britannique, Mark Nolton, a indiqu� �tre "au courant" de cette alerte mais ne pas �tre � son origine. "Il est difficile de v�rifier, pour l'heure, la v�racit� de cette information et si les deux h�tels cit�s sont les vrais cibles", pr�cise l'alerte des Nations unies.
Alli� traditionnel des �tats-Unis, le Kenya, ancienne colonie britannique, a �t� frapp� en 1998 et 2002 par des attentats revendiqu�s par le r�seau Al-Qaida. Les alertes de mardi interviennent quatre jours apr�s le premier anniversaire du double attentat anti-isra�lien du 28 novembre 2002 � Mombasa, sur la c�te kenyane, qui avait fait 18 morts : 12 Kenyans, 3 Isra�liens ainsi que les trois kamikazes.
Au Proche-Orient, la cible pourrait �tre � nouveau la pr�sence occidentale en Arabie saoudite et en particulier � Riyad, capitale du pays. Londres s'est associ� mardi au message d'alerte de Washington, qui craint de nouvelles attaques contre des Occidentaux dans ce pays. L'ambassade de �tats-Unis � Riyad a averti mardi que des attentats pourraient viser des complexes r�sidentiels habit�s notamment par des Occidentaux dans le royaume saoudien, y compris la capitale.
Le Foreign Office n'a pas modifi� ses conseils demandant d�j� aux ressortissants britanniques d'�viter l'Arabie saoudite, sauf pour les "voyages essentiels". "� la suite des attaques terroristes � Riyad en mai et novembre, nous continuons � penser que des terroristes pr�voient d'autres attaques en Arabie saoudite", a toutefois ajout� le minist�re britannique des affaires �trang�res sur son site. "Vous devez adopter un profil bas et �viter les rassemblements publics", souligne le Foreign Office.
L'ambassade des �tats-Unis � Riyad a quant � elle exprim� "sa pr�occupation pour la situation s�curitaire en Arabie saoudite", invitant �galement les quelque 35 000 Am�ricains vivant dans le pays � �tre "vigilants" et "faire profil bas". "Selon de r�centes informations confirm�es, le complexe r�sidentiel Seder � (l'est de) Riyad a �t� surveill� de pr�s par des �l�ments terroristes et d'autres complexes occidentaux dans le royaume peuvent aussi en �tre la cible", indique l'ambassade dans un avertissement publi� sur son site Internet.
Aux �tats-Unis m�me, le gouvernment a d�cid� de mettre les bouch�es doubles afin de faire oublier ses cafouillages et la lutte � laquelle se livrent CIA et FBI. Le fichier central am�ricain rassemblant les listes de terroristes pr�sum�s a �t� activ� lundi, mais il faudra attendre plusieurs mois avant qu'il devienne l'outil efficace exig� par les services de s�curit� pour identifier des suspects �ventuels, si on en croit des responsables de l'administration Bush mardi.
Le Centre de contr�le du terrorisme de Crystal City (Virginie) ne dispose pour le moment que d'une seule liste et doit encore �tre compl�t� avec les fichiers du FBI, de la CIA, du d�partement d'Etat, du d�partement de la S�curit� int�rieure et d'autres agences gouvernementales am�ricaines.
Le FBI a inform� cette semaine les polices de tous les �tats-Unis que les op�rations du centre avaient d�but�, a expliqu� mardi Brian Roehrkasse, porte-parole du d�partement de la S�curit� int�rieure.
L'administration Bush avait annonc� la cr�ation de ce fichier en septembre, apr�s avoir reconnu l'�chec des recherches visant � retracer le parcours des deux derniers pirates de l'air du 11 septembre 2001 qui �taient entr�s aux �tats-Unis d�but 2000.
Ce centre est dirig� par le FBI et rassemblera des employ�s du d�partement de la S�curit� int�rieure et d'autres agences. Il permettra � la police, aux employ�s d'a�roports, � ceux des ambassades et � d'autres personnels de s�curit� gouvernementaux de v�rifier un nom ou un autre renseignement en interrogeant le fichier central.
Auparavant, 12 listes diff�rentes �taient r�parties dans neuf agences.
Selon un communiqu� du D�partement d'Etat, ce centre proposera "une liste anti-terroriste unique et d�taill�e op�rationnelle au 1er d�cembre 2003", mais un responsable de l'administration ayant requis l'anonymat a estim� mardi qu'il faudrait plusieurs mois avant que toutes les informations soient rassembl�es.
|
|