Soulignant l'urgence de mettre fin � la violence � l'�gard des femmes, la directrice g�n�rale du Fonds de d�veloppement des Nations unies pour la femme (UNIFEM), Mme Noeleen Heyzer, a d�clar� que 1 femme sur 3 dans le monde entier sera, au cours de sa vie, soit battue, soit forc�e � avoir des rapports sexuels, soit soumise � des s�vices et que l'in�galit� entre les sexes cr�ait des conditions propices au maintien de la violence exerc�e � l'encontre des femmes.
"Nous savons tous, a-t-elle dit, que la violence � l'�gard des femmes a des effets d�vastateurs (...) Elle d�truit les dons et les possibilit�s d'un grand nombre de filles et de femmes", a-t-elle dit lors de la conf�rence de presse qu'elle a donn�e le 24 novembre � l'occasion de la parution du nouveau rapport de l'UNIFEM, dont le titre anglais est "Not a Minute More : Ending Violence Against Women" (Pas une minute de plus : mettre fin � la violence � l'�gard des femmes).
"Nous savons aussi que les co�ts de la violence � l'�gard des femmes sont immenses. Ils sont beaucoup trop �lev�s, et nous devons mettre fin � cette violence (...). En fait nous ne pouvons pas attendre une minute de plus pour ce faire.
"Il exige de nombreuses strat�gies qui donnent des r�sultats. A de nombreux �gards, nous sommes dans une meilleure situation qu'il y a dix ans en ce qui concerne le cadre juridique n�cessaire, l'ordre de priorit�, le fait de savoir ce qui donne des r�sultats, la prise de conscience, les relations entre organismes int�ress�s, la participation des jeunes gar�ons et des hommes.
"Toutefois, le monde est de plus en plus en proie � la violence. Nous allons � contre-courant. Il nous faut renforcer les moyens des femmes pour leur permettre d'influencer la direction dans laquelle s'oriente le monde."
Le nouveau rapport porte sur les dix ann�es qui ont suivi la Conf�rence sur les droits de l'homme au cours de laquelle des femmes sont sorties du silence, du climat de honte et de peur qui encouragent la violence et ont r�ussi � faire reconna�tre qu'il s'agissait l� d'une violation des droits de la femme, a indiqu� Mme Heyzer. Il se fonde sur une s�rie d'�tudes r�gionales que l'UNIFEM a effectu�es en 2002 en vue d'obtenir un aper�u des progr�s r�alis�s par les femmes dans le monde pour faire passer cette question de l'obscurit� au premier plan et pour mobiliser les �nergies.
La parution du rapport a co�ncid� avec la Journ�e internationale pour l'�limination de la violence � l'�gard des femmes, qui a eu lieu le 25 novembre. C'est en 1999 que l'Assembl�e g�n�rale de l'Organisation des Nations unies a cr�� cette journ�e internationale en vue d'attirer l'attention sur l'ampleur de la violence exerc�e � l'encontre des femmes dans tous les milieux socio-�conomiques, ethniques et religieux de tous les pays. C'est en Am�rique latine que cette journ�e a �t� c�l�br�e pour la premi�re fois en 1980, en l'honneur de trois s�urs, Minerva, Patria et Maria-Teresa Mirabel, qui avaient �t� assassin�es en 1960, en R�publique dominicaine, � cause de leurs activit�s politiques.
Selon le rapport de l'UNIFEM, le Conseil de l'Europe a adopt� une recommandation dans laquelle il d�clare que la violence � l'�gard des femmes est une des principales causes de d�c�s et d'invalidit� des femmes dans les cat�gories d'�ge allant de 16 � 44 ans. D'apr�s un rapport de la Banque mondiale, la violence � l'�gard des femmes est une cause de d�c�s et d'invalidit� chez les femmes en �ge de procr�er aussi importante que le cancer et une cause de mauvaise sant� plus importante que les accidents de la route et le paludisme r�unis.
Le Centre d'�pid�miologie des �tats-Unis (CDC) estime que les co�ts de la violence entre conjoints ou partenaires intimes aux �tats-Unis atteignent plus de 5,8 milliards de dollars par an, dont 4,1 milliards au titre des frais m�dicaux directs et indirects et 1,7 milliard au titre de la baisse de productivit� qui en r�sulte.
Il s'agit, selon l'UNIFEM, de faire en sorte que ce probl�me ne soit pas seulement consid�r� comme une violation des droits de la personne, mais comme un comportement tout � fait inacceptable sur le plan social et allant � l'encontre des us et coutumes.
L'UNIFEM d�finit plusieurs formes de violence � l'�gard des femmes : la violence conjugale et entre partenaires intimes ; la violence sexuelle telle que le viol, le harc�lement sexuel et la prostitution forc�e ; des coutumes pr�judiciables telles que l'excision du clitoris, les crimes pour cause de dot, les crimes d'honneur et les mariages de fillettes ; la traite de filles et de femmes ; la violence due au sida ; enfin, les crimes en temps de guerre.
Selon les donn�es recueillies, les femmes ne sont � l'abri de la violence conjugale nulle part dans le monde. Au Royaume-Uni, 30 % des femmes font l'objet de s�vices de la part de leur �poux ou partenaire ou de leur ancien �poux ou partenaire. Ce pourcentage est de 52 % en Cisjordanie, 21 % au Nicaragua, 29 % au Canada et 22 % aux �tats-Unis.
Depuis la fin des ann�es 1980, l'opposition � l'excision du clitoris s'est accrue, mais cette pratique a encore lieu dans plus de 25 pays africains, chez certaines minorit�s dans des pays asiatiques et chez certains groupes d'immigr�s en Europe, en Australie, au Canada et aux �tats-Unis. On estime que 130 millions de femmes ont subi l'excision du clitoris et que quelque 2 millions de filles y sont soumises tous les ans.
Quelque 2 millions de fillettes �g�es de 5 � 13 ans font l'objet de la traite, sont vendues ou sont forc�es � se prostituer.
Mme Heyzer a fait �galement �tat du fonds que l'Assembl�e g�n�rale a cr�� pour financer des projets destin�s � faire dispara�tre la violence � l'�gard des femmes. Ce fonds, qui est administr� par l'UNIFEM, offre une aide allant de 50.000 � 100.000 dollars par projet. Depuis sa cr�ation il y a cinq ans, il a affect� 7 millions de dollars � des projets r�partis dans le monde entier."Malheureusement, a-t-elle dit, malgr� le bon bilan de ce fonds, il reste difficile d'obtenir les ressources n�cessaires pour faciliter la r�alisation de projets novateurs."
La directrice g�n�rale de l'UNIFEM a pr�sent� Mme Yolanda Jimenez qui est � la t�te du service de la ville de New York charg� de lutter contre la violence au sein des foyers. Ce que fait New York, a-t-elle dit, montre la volont� politique et les ressources n�cessaires pour s'attaquer � ce probl�me dans d'autres pays et dans d'autres villes du monde.
Il y a deux ans, a indiqu� Mme Jimenez, les New-Yorkais ont vot� en faveur de la cr�ation d'un service municipal permanent charg� de s'attaquer au probl�me de la violence � l'�gard des femmes et de coordonner � cet effet les ressources, les programmes et l'action de quelque 14 autres services municipaux, dont la police et de nombreux services sociaux et sanitaires.
"A New York, la police re�oit tous les jours plus de 600 appels t�l�phoniques relatifs � des incidents de violence conjugale. Il est clair que c'est un probl�me qui touche tous les milieux et que nous devons �tre en mesure de mettre en commun nos ressources pour nous y attaquer ensemble.
"New York consacre chaque ann�e 112 millions � la lutte contre ce probl�me, et c'est de l'argent, � notre avis, qui peut aussi servir � informer les habitants et � susciter une prise de conscience en mati�re de s�curit� tant au sein des familles que dans notre ville.
"New York est un microcosme du monde : 36 % de ses habitants sont n�s � l'�tranger et parlent 120 langues ou dialectes. Il va sans dire que cela complique notre t�che quand il s'agit de veiller � ce que toute femme habitant dans notre ville, qu'elle parle couramment anglais ou non ou qu'elle soit en situation r�guli�re ou non en mati�re d'immigration, ait les m�mes droits que les autres femmes et qu'elle obtienne l'aide dont elle a besoin.
"Notre objectif est de r�duire la violence dans notre ville et de faire en sorte que notre voix se joigne aux autres voix dans le monde entier."
Une juge tanzanienne, Mme Nathalia Kimaro, repr�sentait un groupe qui a re�u une aide financi�re de l'UNIFEM pour la mise en �uvre d'un programme de formation de magistrats en ce qui concerne le r�glement d'affaires de violence et de discrimination � l'�gard des femmes.
"Des femmes, a-t-elle dit, sont d�poss�d�es de l'h�ritage de leur �poux d�c�d�, sont viol�es ou brutalis�es, tout cela au nom de coutumes, de traditions ou d'histoires de famille. Aucune loi, quelle que soit son ampleur, ne changera la mani�re dont les hommes consid�rent les femmes. Il est n�cessaire de modifier les mentalit�s pour garantir le respect et l'observation des droits de la personne."
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