Ouverture d'un nouveau centre de d�tention en Corse
Nov 5, 2003
Un nouveau centre de d�tention s'est ouvert mardi � la prison de Borgo, en Haute-Corse, pour permettre � des condamn�s originaires de l'�le d'y purger leur peine, a annonc� le minist�re de la Justice

Ce quartier d'une capacit� de 27 places sera rempli "progressivement" et dans un premier temps aucun condamn� pour faits de � terrorisme � ne sera autoris� � y prendre place ce qui va vraisemblablement provoquer un nouveau d�bat avec les ind�pendantistes.

Ceux-ci r�clament depuis longtemps le regroupement sur l'�le des prisonniers qu'ils disent "politiques", c'est-�-dire les personnes poursuivies et condamn�es pour des attentats ou une participation � une "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", c'est-�-dire un groupe arm� clandestin.

C'est le minist�re de la Justice qui statuera sur chaque transfert en fonction des attaches familiales des d�tenus en Corse, de la peine de prison restant � purger et des possibilit�s de r�insertion.

Les prisonniers pr�sentant une "dangerosit� particuli�re" seront exclus, a d�clar� le minist�re ce qui semble d�noter une volont� de fermet� de la part du gouvernement.

Cette mesure r�pond � une promesse de Dominique Perben, ministre de la Justice, lors de son d�placement sur l'�le le 25 octobre 2002.

Le gouvernement avait alors mis en chantier une r�forme institutionnelle approuv�e par les partis ind�pendantistes et l'annonce de Dominique Perben avait �t� souvent interpr�t�e comme un geste en direction des nationalistes.

Le gouvernement s'en d�fendait, expliquant qu'il ne faisait que mettre en �uvre le droit au "rapprochement familial" pr�vu pour tout d�tenu fran�ais. L'annonce avait cependant suscit� la pol�mique, d'autant que la prison de Borgo a �t� le th��tre de plusieurs �vasions et que les gardiens s'y plaignent des pressions des familles de d�tenus.

La r�forme institutionnelle a finalement �t� rejet�e par r�f�rendum le 6 juillet dernier et le ton a chang� entre le gouvernement et les ind�pendantistes, le ministre de l'Int�rieur Nicolas Sarkozy donnant d�sormais la priorit� � "la lutte contre les r�seaux mafieux" de l'�le.

Il n�emp�che qu�il y a une certaine hypochrisie de la part gouvernementale � refuser d�un c�t� le statut politique aux personnes emprisonn�es pour � terrorisme � et � effectuer une diff�renciation entre leur statut et celui des droits commun au pr�texte de dangerosit�.

Comment la � dangerosit� � crit�re extr�mement subjectif peut-elle �tre appr�ci�e pour un membre de Brise de Mer ou pour un militant nationaliste ? De surcro�t, l�id�e d�attaches familiales dans l��le est suffisamment floue pour ne pas tenir. En fait les voyous et clandestins demanderont leur incarc�ration dans ce quartier en fonction de deux facteurs : le rapprochement de familles r�elles, le confort de l�incarc�ration.

Il est de notori�t� publique en Corse que l�emprisonnement � Borgo n�est pas d�une grande p�nibilit� et que les pressions exerc�es sur les gardiens sont extr�mement � efficaces �. Le taux de rotation de ces dernies n�est pas suffisamment rapide pour leur �pargner les pressions.

De plus, la prison est � Borgo, l�endroit de Corse le plus expos� aux agissements de la voyoucratie et de la clandestinit�. C�est peut-�tre cela qu�il aurait fallu revoir.

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