Affaire Al�gre : s'estimant "humili�e", l'ex-prostitu�e "Fanny" refuse d'�tre entendue par le juge Perriquet
Nov 13, 2003
Convoqu�e jeudi 13 novembre � Toulouse par le juge Thierry Perriquet, dans le cadre de l'information judiciaire ouverte le 15 avril pour " viols et prox�n�tisme aggrav�", l'ex-prostitu�e "Fanny" a d�cid� de ne pas se rendre dans le bureau du magistrat, o� elle devait �tre confront�e � "Patricia", l'autre ex-prostitu�e toulousaine � l'origine de nombreuses accusations contre les notables.

Elle ne souhaite plus r�pondre aux questions du juge Perriquet. Dans un courrier adress� le 14 octobre � son avocat, Me Jean-Claude Guidicelli, "Fanny" explique sa position : "A ce jour, je refuse d'�tre entendue par celui-ci -M. Perriquet- (...) car je veux �tre entendue, mais pas humili�e. Je ne suis pas un robot. Cela fait neuf mois que �a dure, et, croyez-moi, je suis fatigu�e. Je suis une maman de quatre enfants et mari�e (...), cela est tr�s dur pour moi et surtout pour ma famille." Me Guidicelli a fait suivre ce courrier au magistrat, le 16 octobre, en pr�cisant : "Je suis tr�s attach� au principe de la s�r�nit� des d�bats et force est de reconna�tre que, lors des deux derniers interrogatoires, il ne me semble pas que ce crit�re ait pr�sid� aux d�bats."

"CAM�L�ONS JUDICIAIRES"

"Fanny" avait accus� de viol Dominique Baudis, l'ancien maire de Toulouse, avant de se r�tracter, le 17 septembre, devant le juge Thierry Perriquet. Elle �tait de nouveau revenue sur ses d�clarations, le 9 octobre, cette fois devant le juge Serge Lemoine, charg� du volet "meurtres" de l'affaire Al�gre, en assurant que l'ex-prox�n�te Lakhdar Messaoudene n'�tait pas impliqu� dans le meurtre de la prostitu�e Line Galbardi. Mise en difficult� lors de ses derniers interrogatoires, "Fanny" a l'impression, selon Me Guidicelli, "d'�tre confront�e � des cam�l�ons judiciaires". "Elle pense que l'on a tourn� casaque � Toulouse, estime-t-il. C'est un boycott judiciaire. Elle a �t� humili�e, crucifi�e. Quand M. Bourragu� -l'ex-substitut de Toulouse qu'elle a mis en cause- parle, on ne v�rifie rien. Quand c'est "Fanny", c'est l'inverse. Elle a le sentiment que le juge n'est pas �quitable. Pour ma part, je me refuse d'aller � Toulouse, j'ai l'impression d'�tre pris pour un Don Quichotte. Ce n'est pas une fuite, mais la recherche d'un d�bat loyal."

Dans sa lettre du 14 octobre, "Fanny" a ainsi d�clar� vouloir "changer de juge" pour que "la v�rit� soit dite, et surtout pas qu'on me ridiculise en me riant au nez". Me Guidicelli ajoute : "Ma cliente serait dispos�e � r�pondre aux questions que pourrait lui poser Mme Nicole Bergougnan", la juge cosaisie, avec M. Perriquet, de l'information du 15 avril.

La confrontation de "Patricia" et de "Fanny" devait permettre au magistrat de mieux comprendre les relations liant les deux jeunes femmes, dans l'hypoth�se d'une �ventuelle manipulation. "Fanny" et "Patricia" diff�rent ainsi, dans leurs r�ponses, sur la date de leur rencontre. Et "Patricia", interrog�e le 9 octobre par le juge Perriquet, avait critiqu� "Fanny": "Je ne la comprends plus, elle change d'avis comme de chemise (...), elle est compl�tement manipul�e."

Affaire Al�gre

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