Avec la d�mission de la ministre de la D�fense, Marta Lucia Ramirez, apr�s celle de son coll�gue de l'Int�rieur, Fernando Londono, la Colombie a perdu les deux piliers de sa lutte antigu�rilla.
Ex-ambassadeur de Colombie en France avant de recevoir le portefeuille de la D�fense en ao�t 2002, Mme Ramirez a �t� remplac�e par Jorge Alberto Uribe Echavarria, 63 ans, actuel pr�sident de la compagnie d'assurances De Lima, apr�s que son d�part eut �t� annonc� dimanche par la pr�sidence colombienne.
Connue pour sa volont� d'appliquer la politique du pr�sident Alvaro Uribe (droite) contre les rebelles des Forces arm�es r�volutionnaires de Colombie (Farc) et de l'Arm�e de lib�ration nationale (ELN), cette avocate de 48 ans n'aura pu concr�tiser ses objectifs.
Annonc�e � la t�l�vision sans aucune explication dans la soir�e de dimanche par Ricardo Galan, charg� de presse � la pr�sidence, la d�mission de Marta Lucia Ramirez a constitu� un nouveau coup de th��tre trois jours apr�s celle jeudi du ministre de l'Int�rieur et de la Justice, Fernando Londono.
Auteur d'un scandale politique pour avoir annonc� qu'Alvaro Uribe songeait � convoquer une �lection pr�sidentielle anticip�e apr�s l'�chec de son r�f�rendum contre la corruption le 25 octobre, M. Londono a �t� remplac� vendredi par un �conomiste de 56 ans, Sabas Pretelt, pr�sident depuis 17 ans de la F�d�ration nationale des commer�ants de Colombie (FEANALCO).
Le gouvernement du pr�sident Alvaro Uribe (droite), au pouvoir depuis le 7 ao�t 2002, perd ainsi coup sur coup les deux principaux acteurs de son programme destin� � �radiquer par la force la gu�rilla, dans un pays confront� � 39 ans de guerre civile avec plus de 200.000 morts, 3.000 enl�vements par an en moyenne, et 2,9 millions de personnes d�plac�es par la violence.
Le malaise de l'�tat-major de l'arm�e face � l'immixtion d'experts espagnol et am�ricain dans la restructuration du minist�re de la D�fense en Colombie a provoqu� la d�mission de la ministre. Selon des sources dignes de foi, les �tats-Unis se comportent en Colombie comme en territoire annex�.
Or, la Colombie ne peut rien refuser � la puissance yankee. Elle est le troisi�me destinataire de l'aide am�ricaine dans le monde, apr�s Isra�l et l'�gypte, avec 2,6 milliards de dollars fournis depuis 2.000 par Washington pour combattre le trafic de drogue et la gu�rilla.
"Le malaise �tait mont� � un tel degr� que m�me un nouvel �tat-major n'aurait pas accept� la strat�gie de la ministre", indique-t-on de sources proches du gouvernement.
Selon cet officier de haut rang, qui a requis l'anonymat, "un conseiller espagnol, et un autre de nationalit� am�ricaine, avaient �t� recrut�s par la ministre pour proc�der � une restructuration de la D�fense, avec pratiquement tous les pouvoirs, sans prise en compte de l'�tat-major colombien".
L'achat pr�vu de mat�riel militaire espagnol, comme des chars AMX-30 de fabrication fran�aise et des munitions de calibre 5.56, tous qualifi�s "d'obsol�tes" par la m�me source militaire colombienne, aura acc�l�r� le d�nouement de la crise entre l'�tat-major et sa ministre, ha�e par l'arm�e pour sa volont� de n�gocier le commerce des armes sans concertation avec elle.
L'Espagne avait d�j� �t� sur la sellette en avril dernier, apr�s que Madrid eut renonc� � donner huit Mirage F-1 � la Colombie en raison de la pol�mique suscit�e dans l'arm�e de l'air du pays andin � propos de cette cession.
La situation semble inextricable. Les malheureux Colombiens sont pris en otage par trois forces qui se valent par leur cynisme, leur cruaut� et leur incapacit� � imaginer un avenir digne de ce nom pour les Colombiens : le gouvernement d�Uribe que l�on placerait en France � l�extr�me-droite de Jean-Marie Le Pen, les FARC une gu�rilla qui n�a plus d�autre but que de continuer une lutte sans but gr�ce � l�argent de la coca�ne et des enl�vements, des groupes paramilitaires, sorte d�anti-guerilla aux buts et aux moyens strictement identiques.
L� encore, les �tats-Unis ont longtemps utilis� les barons de la drogue et les paramilitaires pour lutter contre la gu�rilla avant de s�apercevoir qu�ils avaient encourag� un rem�de pire que le mal.
C�t� positif, de source proche du gouvernement fran�ais, on laisse entendre que les discussions en vue la lib�ration d�Ingrid Betancourt progressent de mani�re encourageante.
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