Corsica Nazione et Indipendenza demandent au FLNC d'agir pour l'union
Nov 11, 2003
Sc�ne surr�aliste :Corsica Nazione et Indipendenza qui repr�sentent la vitrine l�gale du FLNc Union des Combattants, ont demand� lundi � Bastia au FLNC-UC de prendre une "initiative majeure" pour faciliter l'union entre nationalistes en vue des �lections territoriales, qui bute sur la violence.

La coalition �lectorale Corsica Nazione a �t� cr��e en 1991 autour de la Cuncolta naziunalista. Elle ralliait l�ANC, Edmond Simeoni, l�UPC, I verdi corsi. En 1992, lors des territoriales elle obtenait 17% des voix contre 8% � la liste des fr�res ennemis du MPA-FLNC Canal habituel dirig�e par Alain Orsoni. L�ann�e suivante, l�ANC quittait la coalition. En 1994 c��tait au tour d�Edmond Simeoni et de l�UPC. Il est vrai qu�entre-temps le FLNC Canal historique avait publiquement revendiqu� l�assassinat de leur ancien militant Robert Sozzi � pour d�rive brigadiste �. Indipendenza est n�e de la dissolution de la Cuncolta naziunalista devenue Cuncolta indipendista et du retour au bercail de quelques brebis �gar�es venues de l�ANC, de Corsica viva et du Parti pour l�ind�pendance.

Con�ue au d�but comme un organe politique a priori autonome du FLNC Union des Combattants, Indipendenza est tr�s vite redevenue une vitrine l�gale au point qu�aujourd�hui les seuls membres de sa direction � s�exprimer r�guli�rement sont aussi membre de la structure clandestine. N�anmoins Indipendenza, et plus encore le FLNC UC ont parfois connu des tensions avec certains des �lus de Corsica nazione qui critiquait un certain radicalisme de la structure clandestine. Parmi ces �lus critiques, il y avait deux personnes qui par ailleurs ont conserv� quelque temps des relations �troites avec Fran�ois Santoni : Marceau Simeoni et Paul Quastana qui ont appartenu � la structure clandestine.

Jean-Guy Talamoni a toujours jou� le funambule sachant qu�il ne doit sa place qu�au bon vouloir de la structure clandestine. On ne sait d�ailleurs plus tr�s bien si Talamoni s�exprime au nom de Corsica nazione, d�Indipendenza ou s�il reste dans son r�le de petit t�l�graphiste du FLNC, r�le qui est normalement d�volu � un vecteur plus direct : Fran�ois Sargentini.

C�est donc � une sc�ne surr�aliste qu�ont �t� convi�s les journalistes locaux. La salle de conf�rence de presse ressemblait plus � une r�union de la direction du FLNC plut�t qu�� celle de dirigeants pacifistes. On y trouvait un dirigeant du secteur d�Ajaccio (ancien du FLNC Canal habituel et du FLNC du 5 mai), deux de la direction du secteur extr�me sud (un fondateur du FLNC UC, ancien responsable de l�officine Bastia Securit�, partisan d�une radicalisation de l�action, fils d�un homme qui est parti avec la caisse de l�association Patriottu ; un fondateur de Resistanza puis du FLNC du 5 mai), le responsable du secteur centre, des responsables du secteur nord en l�absence m�diatique du grand dirigeant retenu par sa modestie personnelle et ses ennuis judiciaires.

Bref c��tait une remake corse des Fran�ais parlent au Fran�ais, un de ces sc�nes �tranges qui sont communes aux escargots. Ces animaux qui poss�dent les deux sexes � la fois. Ainsi peuvent-ils se parler � eux-m�mes en ayant l�impression d�un dialogue voir de se faire l�amour tout seul. Le nationalisme corse ? Une plan�te � soi tout seul. Indipendenza en a r�v�, le FLNC l�a fait.

Formidable appel schizophr�nique donc de la structure l�gale � la structure clandestine. Indipendenza et Corsica nazione ont estim� (mais quelle surprise alors !) que les clandestins avaient un "r�le d�terminant � jouer", � l'approche d'une d�cision sur l'union des nationalistes, qui leur permettrait d'accro�tre leur influence � l'assembl�e de Corse.

"Si la r�ponse du FLNC est � la hauteur des enjeux, les conditions de l'union seront r�unies � 100%", ont d�clar� Jean-Guy Talamoni, porte-parole de Corsica Nazione (huit �lus � l'assembl�e de Corse) et Fran�ois Sargentini, membre de l'ex�cutif d'Indipendenza, qui parvenait � ne pas �clater de rire apr�s cette auto-communication.

Les discussions entre dix partis nationalistes, engag�es le 10 septembre � Corte (Haute-Corse), achoppent principalement sur la question de la violence clandestine, que rejettent les mod�r�s.

Le 6 septembre, le FLNC-Union des Combattants avait appel� tous les nationalistes � b�tir "un projet politique commun de r�forme fondamentale des institutions", se d�clarant alors pr�t � "les accompagner politiquement en ajustant (sa) pr�sence politico-militaire".

Cette conf�rence de presse a �t� provoqu�e par plusieurs facteurs. Le premier est que le PNC maintient ses cinq questions sur la clandestinit� et, que pour l�heure, il n�a �t� r�pondu � aucune. Il est �vident que le PNC ne peut accepter une quelconque union qui lui fait perdre la face. Le PNC, qui comprend dans ses rangs des anciens de l�UPC mais aussi du MPA (fr�re ennemi de la Cuncolta) conna�t le peu de cas qu�Indipendenza fera de l�union s�il n�arrive pas � �tablir un rapport de forces minimum.

La deuxi�me raison est l�offensive judiciaire lanc�e contre Charles Pieri. Le bloc Indipendenza-FLNC craint plus que tout un �chec �lectoral et un isolement qui signifierait sa mort. Il sait qu�en Corse, un perdant est un perdant int�gral surtout s�il a �t� un gagnant avant. Or la r�action unanime des �lus autour de Nicolas Sarkozy, prive le FLNC d�une couverture d�mocratique qui lui est n�cessaire. Il faut donc obtenir l�union � tout prix. Ici, le FLNC sauverait l�apparence en donnant l�impression que c�est encore lui qui a conc�d� aux autres un peu de ce qu�il voulait.

Troisi�me raison : l�effort particulier fait par le FLNC pour regrouper tous ses dirigeants � Bastia, est d� au fait que c�est principalement Ajaccio qui a fait les efforts de la derni�re offensive nocturne. Et Ajaccio a perdu deux de ses meilleurs plastiqueurs. Comment expliquer dans une �le o� le sud craint toujours de se faire avoir par le nord (et vice versa) que la plupart des attentats destin�s � soutenir Charles Pieri sont rest�s cantonn�s dans les r�gions sudistes ?

Quatri�me raison et non la moindre : le FLNC Union des combattants est persuad� que le FLNC 3 est pr�t � tuer pour brouiller la situation. Le responsable fium�orbais du FLNC 3 est devenu comme fou. Il se moque des r�sultats positifs de ses actions. Un plasticage a beaucoup inqui�t� le FLNC UC si nous en croyons nos correspondants : celui de la famille Duborget � Moriani.

Les commanditaires du plasticage qui a d�truit les deux demeures de ces Corses au nom continental ne pouvaient ignorer leurs racines corses. L�attentat �tait donc fait pour discr�diter le mouvement nationaliste. Et c�est cette pratique � trois bandes que craint plus que tout l�Union des combattants qui n�est pas pr�te � aller jusqu�aux extr�mes. Le FLNC UC sait que ces attentats provoquent un rejet massif de la communaut� insulaire. Et nous ne sommes pas peu fiers de pr�tendre que nous avons accompagn� la vague de protestation sur ce site et que nous continuerons � le faire sans broncher.

� Nous nous trouvons dans une situation qui pourrait bient�t rappeler celle de la fin de l�ann�e 1997 � pr�dit gravement un militant de l�UC, r�f�rence faite au groupe sans nom, � l�avertissement de Sampieru en fait lanc� par la direction du FLNC Canal historique aux autorit�s et � l�assassinat du pr�fet Erignac.

Pour toutes ces raisons, le FLNC UC va lancer demain ou apr�s demain, un appel � une nouvelle tr�ve afin que l�union des nationalistes puisse se faire. Il assortira vraisemblablement son appel d�un avertissement au pouvoir accuser de r�primer et de vouloir criminaliser le mouvement nationaliste. Mais il demandera au peuple corse de se prononcer d�mocratiquement lors des territoriales. Enfin il y a toutes les chances qu�un avertissement d�guis� soit lanc� au FLNC 3.

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