Lettres de menaces de l'ETA aux journalistes de la t�l�vision basque
Oct 7, 2003

La direction de la t�l�vision basque Euskal Irrati Telebista (EITB) a confirm� dans un communiqu� l'existence de ces messages et affirm� sa volont� de "faire parvenir � la soci�t� basque une information exacte, plurielle et compl�te sur ce qui se produit en Euskadi et dans le monde".

"Ceci continuera � �tre notre but obstin�, malgr� les menaces ou pressions, d'o� qu'elles viennent", assure EITB dans son communiqu�.

Les lettres, dont l'envoi a d�but� il y a plusieurs mois, �taient d'abord nomm�ment destin�es au seul directeur g�n�ral d'EITB, Andoni Ortuzar, puis � diff�rents subordonn�s, pour finir par de nombreux journalistes auxquels il �tait reproch� de faire r�f�rence aux militants de l'ETA comme � "des terroristes".

ETA, qui s'en est souvent pris aux m�dias par le pass�, avait d�j� critiqu� nomm�ment des responsables de la t�l�vision basque dans son bulletin interne, estimant notamment au sujet de l'un d'eux que ses interviews d'ind�pendantistes de gauche "ressemblaient � des interrogatoires" et "qu'il ne lui manquait plus que le tricorne" de la garde civile, l'une des forces de police de l'�tat central espagnol.

Le chef de l'ex�cutif r�gional basque, Juan Jos� Ibarretxe (PNV, droite, nationalistes mod�r�s), a estim� que les menaces d�montraient que "la folie de l'ETA n'a pas de limites et menace l'ensemble de la soci�t� basque".

L�ETA poursuit ainsi un plan r�ellement terroriste qui consiste � museler toute forme de contestation de son pouvoir occulte. Cette fois-ci, elle s�en prend � la t�l�vision basque, faite par des Basques pour les Basques. Ca n�est pas simplement intol�rable parce que c�est une atteinte � la libert� d�expression mais aussi parce que ETA montre son v�ritable visage : celui d�un fascisme rouge qui ne vise qu�� instaurer une dictature sanguinaire.

mai 2001

Dans deux lettres adress�es respectivement au vice premier ministre, ministre de l'Int�rieur espagnol, Mariano Rajoy Brey, et au conseiller de l'Int�rieur du gouvernement basque, Xabier Balza, Reporters sans fronti�res (RSF) s'est indign�e de l'attentat perp�tr� contre le journaliste basque espagnol, Gorka Landaburu, le 15 mai 2001 � Zarauz (pays basque espagnol).

"Les journalistes qui ne partagent pas l'id�ologie nationaliste de l'ETA sont, d�sormais, purement et simplement, menac�s de mort, et ces menaces sont mises � ex�cution. Cette campagne de terreur qui vise notamment la presse est intol�rable. Nous la condamnons avec la plus grande force. Au lendemain des �lections au Pays Basque espagnol, nous vous demandons de mettre d�sormais en �uvre tous les moyens n�cessaires pour marquer un v�ritable coup d'arr�t � la menace que fait peser l'ETA sur la libert� de la presse en Espagne", a demand� Robert M�nard, secr�taire g�n�ral de l'organisation.

Selon les informations recueillies par RSF, le journaliste basque, Gorka Landaburu, correspondant du magazine madril�ne Cambio 16 et de Radio France, a �t� bless� aux mains et au visage le 15 mai 2001, par l'explosion d'un paquet pi�g� � son domicile, � Zarauz (nord du pays basque).

L'ETA fait partie des 30 "pr�dateurs de la libert� de la presse" d�nonc�s par RSF � l'occasion de la journ�e internationale de la libert� de la presse, le 3 mai 2001. Dans un rapport intitul� "Les journalistes dans la ligne de mire de l'ETA" (consulter ), RSF a rappel� que les journalistes sont une cible privil�gi�e de la campagne de violence engag�e par l'organisation ind�pendantiste arm�e ETA dans sa lutte contre l'�tat espagnol. Au Pays Basque, comme dans le reste du pays, � Madrid ou � Barcelone, les m�dias et les journalistes qui ne partagent pas l'id�ologie nationaliste radicale sont qualifi�s de "tra�tres" ou "d'envahisseurs espagnols" et menac�s de mort. Plusieurs ont �chapp� de justesse � la mort, en 2000, dans des attentats � l'explosif qui les visaient personnellement. Jos� Luis L�pez de Lacalle, journaliste au quotidien El Mundo au Pays Basque a, lui, �t� tu� au mois de mai 2000. Dans les mois qui ont suivi cet assassinat, les menaces et les attentats � l'explosif contre les journalistes et les r�dactions se sont multipli�s. Au total, pr�s d'une centaine de journalistes b�n�ficient d'une protection officielle ou priv�e. Une dizaine de professionnels de l'information se sont "exil�s" du Pays Basque vers Madrid et certains m�dias multiplient les mesures de s�curit�, notamment en s'�quipant de vitres blind�es et de scanners.

Juin 2001

Reporters sans fronti�res, organisation internationale de d�fense de la libert� de la presse lan�ait, � partir du 10 juin, une cha�ne de solidarit� avec les journalistes du Pays Basque espagnol, menac�s par l�ETA dans l�exercice de leur profession.

Alors que, depuis le d�but de l�ann�e 2000, les conditions de travail des journalistes s��taient gravement d�t�rior�es au Pays Basque espagnol, Reporters sans fronti�res appellait les m�dias europ�ens � se mobiliser contre cette violence que fait r�gner l�organisation terroriste ETA en plein c�ur de l�Europe. Afin de montrer leur solidarit�, les m�dias �taient invit�s � envoyer l�un de leurs journalistes sur place (San Sebastian, Bilbao�) pendant quelques jours pour rendre visite aux r�dactions et t�moigner ensuite des conditions de travail des professionnels de la presse dans cette r�gion.

Les premiers m�dias participant � cette " cha�ne de solidarit� " �taient le quotidien belge Le Soir, le quotidien autrichien Kurier, le quotidien italien Corriere della Sera, le quotidien fran�ais Le Monde et Radio France. La section espagnole de Reporters sans fronti�res relayait cette op�ration en facilitant les prises de contacts entre journalistes europ�ens, leurs confr�res basques et les acteurs de la vie locale.

Dans toute l�Espagne, et en particulier dans le Pays Basque, les m�dias et les journalistes qui ne partagent pas l'id�ologie nationaliste radicale de l�ETA sont menac�s de mort. Le 24 mai 2001, Santiago Oleaga Elejabarrieta, directeur financier du quotidien El Diario Vasco au Pays Basque, a �t� assassin� � bout portant � San Sebastian, dans un attentat attribu� � l�ETA. Jos� Luis L�pez de Lacalle, journaliste au quotidien El Mundo au Pays Basque, avait �t� assassin� au mois de mai 2000 dans un attentat revendiqu� par l�ETA. Dans les mois qui ont suivi cet assassinat, les menaces et les attentats � l'explosif contre les journalistes et les r�dactions se sont multipli�s. Le 15 mai dernier, le journaliste basque, Gorka Landaburu, correspondant du magazine madril�ne Cambio 16 et de Radio France, a �t� bless� aux mains et au visage par l'explosion d'un paquet pi�g� � son domicile. Au total, pr�s d'une centaine de journalistes b�n�ficient actuellement d'une protection officielle ou priv�e.


Manifeste contre l'ETA souscrit � Saint-S�bastien par les Directeurs des principaux Journaux


Saint-S�bastien, 12-05-2000

Les journalistes et directeurs de journaux d'orientations et de traditions diverses soussign�s, assumant comme tels la repr�sentation de nos journaux et r�dactions, r�unis par l'assassinat de Jos� Luis L�pez Lacalle et tous unis autour des valeurs de la tol�rance, du pluralisme et de la coexistence d�mocratique souhaitent publier le manifeste suivant, dont le soutien est ouvert � tous les professionnels du journalisme et des m�dias qui le souhaiteraient.

Le 3 mai dernier, Journ�e Mondiale de la Libert� de la Presse, les organisations repr�sentatives de notre profession communiqu�rent que plus de 70 journalistes furent assassin�s durant l'ann�e 1999. La majorit� � l'occasion de conflits belliqueux, mais �galement un nombre consid�rable de la main de pouvoirs de fait qui essayaient de faire taire ceux qui d�non�aient leurs crimes.

� cette liste de victimes, il a fallu rajouter le nom de notre coll�gue Jos� Luis L�pez Lacalle dont l'assassinat de la main de l'ETA fut anticip� par des menaces et des agressions de type fasciste, lesquelles sont devenues habituelles au Pays Basque. Ce crime couronne une longue s�rie de menaces, de contraintes et d'attentats contre d'autres professionnels de l'information, sp�cialement ceux qui font leur travail en libert� au Pays Basque.

Les assassins de Jos� Luis L�pez Lacalle n'ont jamais pu soutenir son regard. Son pass� d'engagement pour la libert�, de r�bellion contre toute soumission, �tait absolument insupportable � ceux qui pratiquent la l�chet� supr�me de faire taire par les balles les id�es d'autrui. Ils l'ont assassin� parce qu'il ne se taisait pas, parce qu'il d�fendait publiquement ce qu'il pensait et parce qu'il interpellait le monde de l'ETA en lui exigeant des arguments, des raisons que les terroristes sont incapables de donner.

Ils ont tu� notre confr�re qui, du haut de son courage insuffl� par la libert� et l'ind�pendance, utilisa les mots pour faire front au pouvoir de fait de l'ETA, pour ce qu'il �crivit dans les journaux, et dans l'espoir que cette le�on l�che servirait d'avis � toute la profession et, plus particuli�rement, � ceux qui contestent � l'ETA le droit qu'elle s'est arrog� de d�cider de ce qui peut �tre dit et de ce qui ne peut pas l'�tre.

C'est la logique du terrorisme. Attaquer une personne pour terroriser le reste. En tuant L�pez de Lacalle, l'ETA essaie de faire du chantage � tous ceux qui expriment � voix haute et � travers les m�dias des id�es qui contredisent le discours totalitaire des terroristes. Ils veulent nous intimider.

Mais ils ne nous feront pas taire. Les directeurs soussign�s ainsi que les autres m�dias et confr�res qui se joignent � ce manifeste, nous maintiendrons notre engagement de d�fense des libert�s et des droits vis�s dans la Constitution et qui prot�gent l'exercice de notre profession. Les assassins de notre confr�re auront beau insister dans la coercition, ils auront beau essayer de nous injecter la peur, ils ne pourront jamais fl�chir notre principe d'ind�pendance �ditoriale et informative. Nous resterons l� o� nous sommes.

La forme de combattre l'intimidation de l'ETA est de remplir notre devoir: les juges et les policiers en imposant la loi � ceux qui ne la respectent pas; les enseignants en enseignant; les politiciens, en d�fendant les r�gles du jeu d�mocratique; les journalistes, en informant et en prenant position sous la protection du droit � la libert� d'expression garanti pour tous les citoyens par l'article 20 de la Constitution; les intellectuels en s'engageant et, tous, sans se laisser conditionner par les terroristes, par leurs complices et par tous ceux qui les prot�gent et les justifient.

Les terroristes aspirent � obtenir l'adh�sion active et passive des individus au moyen de la coercition. Ils savent que ceux qui ne sont pas capables de leur faire front finiront par se soumettre � eux. Pour arriver � leurs fins ils ont besoin des m�dias qui diffusent leurs menaces et leurs alibis les plus vari�s. Ils ne seront jamais � bout d'arguments pour que la solidarit� avec les victimes ne franchisse pas le seuil de la confrontation avec ceux qui en sont responsables. C'est pourquoi ils essaient de conditionner les journalistes et leurs entreprises. Pour obtenir leur ob�issance ou, du moins, leur neutralit� par tous les moyens, bons ou mauvais.

Quelques heures apr�s le crime, le porte-parole d'Euskal Herritarrok d�clara qu'avec cet assassinat l'ETA avait "mis sur la table le r�le des m�dias dans le conflit", un r�le qui, dit-il "n'est pas neutre". O� est le d�bat quand une partie exprime ses id�es par des mots et l'autre par l'assassinat de quiconque est en d�saccord? Nous revendiquons express�ment notre absence de neutralit� entre Jos� Luis L�pez Lacalle et ses assassins.

Le fait que la libert� d'opinion soit un danger r�v�le l'existence d'une grave maladie morale. Le silence et la passivit� de la majorit� sont une condition du triomphe du totalitarisme. L'atmosph�re d'intimidation cr��e par le terrorisme emp�che certains citoyens d'exprimer librement leurs id�es. La presse ne peut passer sous silence cette r�alit�.

Et, m�me si l'on sait pertinemment que c'est l'ETA qui assassine et que son antenne politique le justifie, le comportement de certains dirigeants de partis nationalistes d�mocratiques � l'encontre des journalistes et des m�dias qui s'opposent � leurs id�es est imprudent et �tranger � la responsabilit� qui leur incombe. Cette attitude, cette pression sur les professionnels "qui d�rangent" a fait le jeu des violents et leur a fourni des raisons subjectives.

M�me si l'ETA n'a pas besoin de ce "plus id�ologique" pour mener sa campagne d'agressions contre la presse, il est t�m�raire de consid�rer les journalistes comme un frein � leur projet de construction nationale, comme les ennemis de la paix. Agir "comme si l'ETA n'existait pas" est totalement irresponsable. Malheureusement, su�ffisamment d'exp�riences tragiques et d�chirantes nous permettent de deviner comment les terroristes interpr�tent par exemple les r�f�rences � l"hostilit� � la construction nationale" ou � ce "Brunete m�diatique" dont certains se servent en nous montrant du doigt. Notre seul bouclier, vous pouvez en �tre certains, c'est notre engagement pour la libert�.

Ce n'est pas une fronti�re id�ologique mais une fronti�re morale qui s�pare aujourd'hui ceux qui s'opposent � l'ETA et ceux qui admettent son intention de s'imposer. Justifier le crime au nom d'un id�al politique d�cha�ne une dynamique qui transforme l'id�al en un pr�texte et le crime en une fin en soi.

Une paix au prix de la libert� n'est pas une paix d�mocratique, mais une soumission. L'ETA pr�tend soumettre la majorit� et dans ce but contraint les m�dias � admettre comme des �vidences sociales ce qui n'est autre que ses id�es et ses pr�jug�s particuliers.

Jos� Luis L�pez de Lacalle a �t� assassin� alors qu'il rentrait chez lui apr�s avoir achet� les journaux. Un ab�me moral s�pare le geste de celui qui tient l'arme et tire du geste du citoyen dont le seul bouclier est la presse du jour. Un homme qui d�fend ses id�es avec des mots face � d'autres qui essaient de les lui soutirer � coup de pistolet.

Aujourd'hui, la limpidit� de la trajectoire de Jos� Luis L�pez de Lacalle nous a unis en d�fense de la libert�, et en son nom nous assumons l'engagement d'�tre dignes de lui et de ne pas c�der au chantage de la terreur.
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Signataires: ABC, Academia de la Televisi�n, Actualidad Econ�mica, Alo.com, Antena 3, Asociaci�n de la Prensa de Oviedo, Asociaci�n Espa�ola de Radiodifusi�n Comercial, Cadena SER, Cambio 16, Canal 9, Canal Sur, Cinco D�as, Ciudad Alcoy, Club Internacional de Prensa, CNN+, COM R�dio, C�rdoba, Correo de Andaluc�a, Diari de Tarragona, Diario Andaluc�a, Diario de Alava, Diario de Alcal�, Diario de Burgos, Diario de C�diz, Diario de Jerez, Diario de Sevilla, Informaci�n, Diario M�dico, Sur, Eccus, Efe, El Adelanto de Salamanca, El Correo Gallego, El D�a de Cuenca, El D�a de Toledo, El Mundo, El Pa�s, El Peri�dico de Arag�n, EL PERIODICO DE CATALUNYA, El Peri�dico de Extremadura, Radio Televisi�n Madrid, Epoca, Equipo, Europa Press, Euskadi Irratia, Expansi�n, Grupo Correo Gallego, Grupo Recoletos, Grupo Zeta, Hoy, Intervi�, Ja�n, La Ma�ana, Periodistas sin Fronteras, La Provincia, La Rioja, La Tribuna de Canarias, Uni� de Periodistes Valencians, La Vanguardia, La Verdad, La Voz de Asturias, Libertad Digital, Madrid y m@s, Marca, Mediterr�neo, Odiel, Onda Madrid, Punt 2, Radio Espa�a, RNE, Radio Obradoiro, TVE, Selecciones Reader's Digest, Sevilla Informaci�n, Sport, Tele 5, Universidad de Valencia,
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Rapport de Reporters sans fronti�res 2003 sur le Pays Basque


La campagne de terreur men�e par l'ETA au Pays Basque espagnol marque le pas en 2002, avec un seul attentat en d�but d'ann�e, qui ne fait aucun bless�. Les journalistes se plaignent des entraves que les autorit�s imposent � la couverture de l'interdiction du parti ind�pendantiste basque Batasuna, et aux d�g�ts caus�s par la mar�e noire sur les plages de Galice.

Nouveaux �l�ments sur un journaliste tu� avant 2002


Le 2 d�cembre 2002, le suppos� militant de l'organisation terroriste basque ETA, Jos� Ignacio Guridi Lasa, dit "Xabi", et meurtrier pr�sum� de Jos� Luis L�pez de Lacalle, chroniqueur et membre du conseil de r�daction de l'�dition Pays Basque du quotidien El Mundo, revient sur ses aveux au cours de la premi�re audience de son proc�s. Arr�t� en possession de l'arme du crime en mai 2001, "Xabi" avait avou� �tre l'auteur de l'assassinat. Le 7 mai 2000, le journaliste avait �t� tu� par balles vers 9 h 45, en pleine rue, dans la localit� d'Andoain o� il r�sidait, situ�e au Pays Basque espagnol (nord). Aucun t�moin n'aurait assist� � la sc�ne. Le corps du journaliste avait �t� d�couvert par un voisin qui avait entendu des coups de feu. L'ETA avait revendiqu� cet assassinat le 11juin 2000, accusant le journaliste d'avoir "pris parti pour l'oppression du Pays Basque et la poursuite du conflit". Jos� Luis L�pez �tait membre du Foro de Ermua, une organisation oppos�e � la violence politique. Il avait re�u des menaces de mort.


Une journaliste interpell�e


Le 19 juillet 2002 au matin, Maria Moukrim, journaliste marocaine de l'hebdomadaire arabophone Al Ayyam, est interpell�e par un policier � Ceuta (communaut� autonome espagnole en territoire marocain), alors qu'elle r�alise un reportage sur les cons�quences d'un contentieux hispano-marocain sur la population marocaine. La journaliste est interrog�e au sujet d'une de ses enqu�tes sur les r�fugi�s palestiniens, se voit confisquer une cassette d'interviews et expuls�e vers la ville de T�touan, sous pr�texte qu'elle n'a pas de visa pour le territoire espagnol.


Un journaliste agress�


Le 27 ao�t 2002, au cours de la fermeture � Bilbao du si�ge du parti ind�pendantiste basque Batasuna, consid�r� comme �tant le bras politique de l'ETA, la Ertzainza (police r�gionale basque) tente d'emp�cher les m�dias audiovisuels de prendre des images des altercations opposant les militants de ce parti aux forces de l'ordre. Un cameraman, qui souhaite garder l'anonymat, est bless� par un coup de matraque et doit �tre transport� � l'h�pital.
Menaces et attentats
Dans la nuit du 17 janvier 2002, la police autonome basque d�sactive trois colis pi�g�s, envoy�s vraisemblablement par l'ETA au domicile des responsables de m�dias r�sidant au Pays Basque espagnol. Le premier paquet est adress� � Enrique Ibarra, vice-pr�sident du groupe de presse Correo, le second � Santiago Silv�n, directeur de Radio Nacional de Espa�a (RNE) au Pays Basque, et le troisi�me � Marisa Guerrero, responsable de la cha�ne de t�l�vision Antena 3 au Pays Basque espagnol. Les bombes avaient �t� programm�es pour exploser � l'ouverture du paquet.
Le 12 d�cembre 2002, la police d�samorce un colis pi�g� envoy� � la r�daction du quotidien El Pa�s � Barcelone. D'apr�s les premiers �l�ments de l'enqu�te, le paquet pi�g� a �t� exp�di� de Milan (Italie) par un "groupe anticapitaliste". Le colis contient un livre et une lettre sign�e par le groupe anarchiste "Les Cinq C" ("Cellule contre le capitalisme, les prisons, leurs ge�liers et leurs cachots"), qui pourrait �tre li� � des groupes anarchistes italiens qui militent pour la lib�ration des prisonniers soumis � un r�gime de d�tention sp�cial en Espagne.


Pressions et entraves


Le 6 d�cembre 2002, l'ordre des journalistes de Galice (nord-ouest du pays) d�clare dans un communiqu� que les autorit�s r�gionales et le gouvernement de Madrid "mettent des obstacles au travail des journalistes qui cherchent � informer correctement sur l'accident du p�trolier le Prestige, et sur l'�volution de la mar�e noire". L'ordre d�nonce �galement le refus des autorit�s de donner des chiffres et l'interdiction faite � la presse, deux jours auparavant, d'acc�der au port de Ribeira (sud de la Galice), o� arrivait la mar�e noire.

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s