Dans une lettre � sa fille, publi�e sous forme de livre, la m�re de Marie Trintignant dit sa peine et sa haine. Le quotidien Le Monde en rend compte.
Nadine Trintignant est une m�re qui pleure la mort de sa fille, avec des mots d'amour et de col�re, quitte � se voir reprocher de raviver la pol�mique et d'essayer d'influencer le cours de la justice. Dans Ma fille, Marie, qui para�t mardi 30 septembre, tir� � 140 000 exemplaires, la r�alisatrice dit un dernier adieu � Marie Trintignant et dessine son portrait par bribes de souvenirs et de moments heureux. "Ma fifille ch�rie", "mon b�b�", �crit-elle en s'adressant � sa fille comme si elle lui envoyait une ultime lettre. Deux mois apr�s le d�c�s de l'actrice � la suite d'une violente dispute avec Bertrand Cantat, � Vilnius (Lituanie), la r�alisatrice qui tournait sur place un t�l�film sur Colette avec sa fille donne aussi sa version des faits et dresse un r�quisitoire contre le chanteur de Noir D�sir. "Ton meurtrier", comme elle d�signe - en parlant � sa fille - celui qui doit �tre jug� dans les prochains mois en Lituanie, sans jamais mentionner son nom.
Nadine Trintignant se fait le reproche de n'avoir rien pu emp�cher. "Tu �tais inqui�te, pas heureuse. J'ai cru que c'�tait de la fatigue. Je n'ai pas vu. Pas compris", �crit la m�re de l'actrice � propos de l'attitude inhabituellement distante de sa fille pendant le tournage. Pour elle, Bertrand Cantat �tait "maladivement jaloux" et il �touffait Marie par un amour possessif : "Tu as cru que ton meurtrier t'aimait. Il a voulu te poss�der." La r�alisatrice va plus loin en affirmant, malgr� l'absence de t�moignages dans ce sens, que sa fille �tait r�guli�rement battue par le chanteur. Selon elle, la dispute mortelle survenue dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 juillet est l'aboutissement d'une relation de violences.
"MA FIFILLE BATTUE"
Elle �voque, � ce propos, le texto que Marie Trintignant lui a envoy� le 14 juillet. "Sois sage � ma douleur et tiens-toi plus tranquille", disait le message, qui faisait r�f�rence � un po�me et �tait sign� "Fifille battue". � l��poque, la r�alisatrice n'y avait pas pr�t� attention, pensant � une allusion au tournage et � la vie de Colette. Elle a parl� de ce texto pour la premi�re fois le 9 septembre, lors de sa deuxi�me audition par les policiers de la brigade criminelle, charg�s de l'enqu�te en France. "Je suis convaincue que ton meurtrier t'a battue avant ce sale samedi. Oh, pardon, ma fifille battue. Je n'ai pas compris, je le hais", affirme apr�s coup Nadine Trintignant, dans son livre.
Malgr� le t�moignage contraire de la femme de Bertrand Cantat devant les policiers, la m�re de Marie Trintignant affirme que le chanteur battait son �pouse. D'apr�s Nadine, Kristina aurait confi� au fils de l'actrice, Roman, que son mari l'aurait, � une occasion, "�tourdie de coups" et "laiss�e au sol, h�b�t�e de douleur".
La r�alisatrice �voque, en termes tr�s durs, l'attitude du chanteur de Noir D�sir � l'h�pital de Vilnius, juste apr�s les faits. "Ton meurtrier r�dait, t�te basse, honteux, minable, comme s'il avait juste fait une sale blague", affirme Nadine Trintignant. Elle qualifie de "simulacre" sa tentative de suicide par absorption de m�dicaments, quelques heures plus tard. "Je ne connaissais pas ce sentiment : la haine", confie la m�re de Marie Trintignant. Et d'avouer : "Elle ne cesse de grandir."
(source Le Monde, Fr�d�ric Chambon)
PS : l'avocat de Bertrand Cantat a demand� l'interdiction du livre jusqu'� la fin du proc�s.
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