Le Nobel de la Paix 2003, l'Iranienne Shirin Ebadi, souhaite l'abolition des peines de lapidation et d'amputation dans son pays, comme premier signe de d�mocratisation, dans un entretien publi� samedi par le quotidien Le Monde � Paris. "Qu'on supprime la lapidation, l'amputation des membres, qu'on modifie l'�ge de la majorit� des jeunes, qui est actuellement de 13 ans pour les filles et 15 ans pour les gar�ons", demande la laur�ate. Une telle mesure est essentielle : "cela touche � la libert�, � la vie et � la s�curit� de la population", estime-t-elle en pr�nant le remplacement des p�nalit�s islamiques par des peines modernes, "comme dans tous les pays d�mocratiques".
Le prix Nobel de la paix lui a �t� attribu� vendredi � Oslo. Juriste et militante des droits de l'Homme, Mme Ebadi, 56 ans, a �t� la premi�re musulmane � recevoir cette distinction.
Dans cet entretien, elle ajoute que "si elle n'�volue pas, la R�publique islamique ne peut pas continuer". Elle appelle donc � la r�forme notamment de la loi �lectorale : "Le plus important maintenant est que le projet du gouvernement sur la modification de la loi �lectorale soit adopt�. Que les gens puissent �lire librement leurs repr�sentants au Parlement". Elle avertit que si le projet �tait bloqu� par le Conseil des gardiens de la r�volution, "le peuple iranien boycottera les �lections qui doivent avoir lieu au mois de mars, comme il l'a fait l'an dernier pour les �lections municipales".
Mme Ebadi r�p�te qu'elle est pour "la s�paration de l'Etat et de la religion". "Ma prise de position n'est pas contre l'islam. Il y a de grands ayatollahs qui sont pour la s�paration de l'Etat et de la religion". Evoquant le manque de d�mocratie dans les pays musulmans, elle souligne : "Ce n'est pas l'islam qui est responsable, mais les r�gimes corrompus dans tous les pays musulmans qui, malheureusement, prennent ce pr�texte pour justifier leur gouvernement ill�gitime.
Pour autant, elle se prononce contre l'usage de la violence pour changer la nature du pouvoir en Iran, tout comme elle s'�tait d�j� prononc� contre une intervention ext�rieure : "Le temps des r�volutions est fini. Nous sommes pour une r�forme, aussi bien en ce qui concerne les droits civils et politiques que les droits �conomiques et sociaux." Notant que "le peuple iranien est profond�ment d��u par la r�volution islamique" elle rappelle qu'il avait �lu le pr�sident Mohammad Khatami "parce qu'il parlait de r�formes, et il pensait que ces r�formes �taient r�alisables". "Je souhaite que, m�me apr�s le d�part de Khatami, la lutte pour les r�formes ne s'arr�te pas, que le peuple continue � imposer ses revendications".
"En tant que militante des droits de l'Homme, je pense que le monde a compris que la paix passe par les droits de l'Homme. Pour que les guerres s'arr�tent, ceux-ci doivent �tre respect�s", ajoute-t-elle.
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